Ivan Shishkin, Birch Grove

pp-groupe

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1### Définition intuitive
2
3Un $p$-groupe est un [[Groupe|groupe]] dont toute la structure est gouvernée par un unique [[Nombre premier|nombre premier]] $p$ : son cardinal est une puissance de $p$, et l'ordre de chacun de ses éléments
4aussi. Ce sont en quelque sorte les « briques élémentaires » attachées à $p$ dans la théorie
5des groupes finis, ce que les [[théorèmes de Sylow|théorèmes de Sylow]] rendent précis en montrant que tout groupe
6fini se décompose, du point de vue de chaque premier $p$, autour de ses $p$-sous-groupes
7maximaux. Leur intérêt vient de leurs propriétés très rigides : un $p$-groupe fini non
8trivial possède toujours un [[centre d'un groupe|centre]] non trivial, il est [[Groupe nilpotent|nilpotent]], et il admet une suite de
9sous-groupes emboîtés d'indices $p$ successifs, autant de contraintes qui n'ont pas
10d'analogue pour un groupe fini quelconque.
11
12### Définition formelle
13
14Soit $p$ un nombre premier. Un $p$-groupe est un groupe d'[[Ordre d'un groupe|ordre]]
15$$|G|=p^{n}$$
16pour un certain $n\geq 0$.
17
18
19### Remarques
20- Pour les groupes finis, la condition $|G|=p^n$ est équivalente au fait que tout élément de $G$ soit d'ordre une puissance de $p$ (ce qui fait l'objet d'un [exercice ci-dessous](/problems/une-definition-equivalente-de-p-groupe)).
21Pour les groupes infinis, cette dernière propriété définit les $p$[[$p$-groupes de torsion|-groupes de torsion]] ; certains auteurs les appellent simplement $p$-groupes.
22
23- Un $p$-groupe fini non trivial a un [[Centre d'un groupe|centre]] non trivial (c'est l'objet de ce problème).
23- Un $p$-groupe fini non trivial a un [[Centre d'un groupe|centre]] non trivial (c'est l'objet de [ce problème](/problems/centre-dun-p-groupe)).
24
25
26### Exemples
27
281. Le [[groupe cyclique|groupe cyclique]] $\mathbb{Z}/p^{n}\mathbb{Z}$ est un $p$-groupe, et c'est le seul $p$-groupe cyclique d'ordre $p^{n}$ à isomorphisme près.
292. $(\mathbb{Z}/p\mathbb{Z})^{n}$ est un $p$-groupe abélien élémentaire, d'ordre $p^{n}$. Vu comme $\mathbb{F}_p$-espace vectoriel de dimension $n$, ses sous-groupes sont exactement ses sous-espaces.
303. Pour $p=2$ : il y a cinq groupes d'ordre $8$ à isomorphisme près, dont deux non abéliens, le groupe diédral $D_4$ des isométries du carré et le groupe des quaternions $Q_8$.
314. Le groupe $U_n(\mathbb{F}_p)$ des matrices triangulaires supérieures de taille $n$ à coefficients dans $\mathbb{F}_p$ et à diagonale unité est un $p$-groupe d'ordre $p^{n(n-1)/2}$ ; c'est un $p$-sous-groupe de Sylow de $\mathrm{GL}_n(\mathbb{F}_p)$.
32Pour $n=3$ on retrouve le [[groupe de Heisenberg|groupe de Heisenberg]], d'ordre $p^{3}$.
335. Dans $\mathfrak{S}_4$, d'ordre $24=2^{3}\cdot 3$, les $2$-sous-groupes de Sylow sont d'ordre $8$ et isomorphes à $D_4$ ; il y en a trois.
346. Contre-exemple. $\mathfrak{S}_3$ n'est pas un $p$-groupe : son ordre $6$ n'est une puissance d'aucun nombre premier, et il contient à la fois des éléments d'ordre $2$ et d'ordre $3$.

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linked exercisesNoneUne définition équivalente de pp-groupe

Revision 2666

8/29/2026, 3:53:48 PM · Ancient Tree

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1### Définition intuitive
2
3Un $p$-groupe est un [[Groupe|groupe]] dont toute la structure est gouvernée par un unique [[Nombre premier|nombre premier]] $p$ : son cardinal est une puissance de $p$, et l'ordre de chacun de ses éléments
4aussi. Ce sont en quelque sorte les « briques élémentaires » attachées à $p$ dans la théorie
5des groupes finis, ce que les [[théorèmes de Sylow|théorèmes de Sylow]] rendent précis en montrant que tout groupe
6fini se décompose, du point de vue de chaque premier $p$, autour de ses $p$-sous-groupes
7maximaux. Leur intérêt vient de leurs propriétés très rigides : un $p$-groupe fini non
8trivial possède toujours un [[centre|centre]] non trivial, il est [[Groupe nilpotent|nilpotent]], et il admet une suite de
8trivial possède toujours un [[centre d'un groupe|centre]] non trivial, il est [[Groupe nilpotent|nilpotent]], et il admet une suite de
9sous-groupes emboîtés d'indices $p$ successifs, autant de contraintes qui n'ont pas
10d'analogue pour un groupe fini quelconque.
11
12### Définition formelle
13
14Soit $p$ un nombre premier. Un $p$-groupe est un groupe d'[[Ordre d'un groupe|ordre]]
15$$|G|=p^{n}$$
16pour un certain $n\geq 0$.
17
18
19### Remarques
20- Pour les groupes finis, la condition $|G|=p^n$ est équivalente au fait que tout élément de $G$ soit d'ordre une puissance de $p$ (ce qui fait l'objet d'un [exercice ci-dessous](/problems/une-definition-equivalente-de-p-groupe)).
21Pour les groupes infinis, cette dernière propriété définit les $p$[[$p$-groupes de torsion|-groupes de torsion]] ; certains auteurs les appellent simplement $p$-groupes.
22
23- Un $p$-groupe fini non trivial a un [[Centre d'un groupe|centre]] non trivial (c'est l'objet d'un exercice ci-dessous).
23- Un $p$-groupe fini non trivial a un [[Centre d'un groupe|centre]] non trivial (c'est l'objet de ce problème).
24
25
26### Exemples
27
281. Le [[groupe cyclique|groupe cyclique]] $\mathbb{Z}/p^{n}\mathbb{Z}$ est un $p$-groupe, et c'est le seul $p$-groupe cyclique d'ordre $p^{n}$ à isomorphisme près.
292. $(\mathbb{Z}/p\mathbb{Z})^{n}$ est un $p$-groupe abélien élémentaire, d'ordre $p^{n}$. Vu comme $\mathbb{F}_p$-espace vectoriel de dimension $n$, ses sous-groupes sont exactement ses sous-espaces.
303. Pour $p=2$ : il y a cinq groupes d'ordre $8$ à isomorphisme près, dont deux non abéliens, le groupe diédral $D_4$ des isométries du carré et le groupe des quaternions $Q_8$.
314. Le groupe $U_n(\mathbb{F}_p)$ des matrices triangulaires supérieures de taille $n$ à coefficients dans $\mathbb{F}_p$ et à diagonale unité est un $p$-groupe d'ordre $p^{n(n-1)/2}$ ; c'est un $p$-sous-groupe de Sylow de $\mathrm{GL}_n(\mathbb{F}_p)$.
32Pour $n=3$ on retrouve le [[groupe de Heisenberg|groupe de Heisenberg]], d'ordre $p^{3}$.
335. Dans $\mathfrak{S}_4$, d'ordre $24=2^{3}\cdot 3$, les $2$-sous-groupes de Sylow sont d'ordre $8$ et isomorphes à $D_4$ ; il y en a trois.
346. Contre-exemple. $\mathfrak{S}_3$ n'est pas un $p$-groupe : son ordre $6$ n'est une puissance d'aucun nombre premier, et il contient à la fois des éléments d'ordre $2$ et d'ordre $3$.

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8/29/2026, 3:09:32 PM · Ancient Tree

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1### Définition intuitive
2
3Un $p$-groupe est un [[Groupe|groupe]] dont toute la structure est gouvernée par un unique [[Nombre premier|nombre premier]] $p$ : son cardinal est une puissance de $p$, et l'ordre de chacun de ses éléments
4aussi. Ce sont en quelque sorte les « briques élémentaires » attachées à $p$ dans la théorie
5des groupes finis, ce que les [[théorèmes de Sylow|théorèmes de Sylow]] rendent précis en montrant que tout groupe
6fini se décompose, du point de vue de chaque premier $p$, autour de ses $p$-sous-groupes
7maximaux. Leur intérêt vient de leurs propriétés très rigides : un $p$-groupe fini non
8trivial possède toujours un [[centre|centre]] non trivial, il est [[Groupe nilpotent|nilpotent]], et il admet une suite de
9sous-groupes emboîtés d'indices $p$ successifs, autant de contraintes qui n'ont pas
10d'analogue pour un groupe fini quelconque.
11
12### Définition formelle
13
14Soit $p$ un nombre premier.
14Soit $p$ un nombre premier. Un $p$-groupe est un groupe d'[[Ordre d'un groupe|ordre]]
15Un groupe $G$ est un $p$-groupe si tout élément de $G$ est d'ordre une puissance de
15$$|G|=p^{n}$$
16$p$, c'est-à-dire
16pour un certain $n\geq 0$.
17\[
18 \forall g\in G,\ \exists k\in\mathbb{N},\quad g^{p^{k}}=e .
19\]
20
21### Proposition
22Si $G$ est fini, cette condition équivaut à
23\[
24 |G|=p^{n}\quad\text{pour un certain } n\in\mathbb{N}.
25\]
26
27**Preuve :**
28Si $|G|=p^{n}$, l'ordre de tout élément divise $|G|$ par le théorème de Lagrange, donc est
29une puissance de $p$. Réciproquement, si $|G|$ admettait un diviseur premier
30$q\neq p$, le théorème de Cauchy fournirait un élément d'ordre $q$, dont l'ordre ne serait
31pas une puissance de $p$.
32
33### Définition
19### Remarques
34Soit $G$ un groupe fini d'ordre $|G|=p^{n}m$ avec $p\nmid m$. Un \emph{$p$-sous-groupe de
20- Pour les groupes finis, la condition $|G|=p^n$ est équivalente au fait que tout élément de $G$ soit d'ordre une puissance de $p$ (ce qui fait l'objet d'un [exercice ci-dessous](/problems/une-definition-equivalente-de-p-groupe)).
35Sylow} de $G$ est un sous-groupe $H\leqslant G$ d'ordre $p^{n}$, c'est-à-dire un $p$-groupe
21Pour les groupes infinis, cette dernière propriété définit les $p$[[$p$-groupes de torsion|-groupes de torsion]] ; certains auteurs les appellent simplement $p$-groupes.
36d'ordre maximal dans $G$.
37
23- Un $p$-groupe fini non trivial a un [[Centre d'un groupe|centre]] non trivial (c'est l'objet d'un exercice ci-dessous).
38
39### Remarque
40Pour les groupes infinis, la définition retenue ci-dessus (« tout élément est d'ordre une
41puissance de $p$ ») est celle des \emph{$p$-groupes de torsion} ; certains auteurs réservent
42le terme aux seuls groupes finis. Un $p$-groupe fini non trivial vérifie $Z(G)\neq\{e\}$ : en
43faisant agir $G$ sur lui-même par conjugaison, l'équation aux classes
44\[
45 |G|=|Z(G)|+\sum_{i}\bigl[G:C_G(x_i)\bigr]
46\]
47a tous ses termes de la somme divisibles par $p$, donc $p$ divise $|Z(G)|$.
48
49### Exemples
50
511. Le [[groupe cyclique|groupe cyclique]] $\mathbb{Z}/p^{n}\mathbb{Z}$ est un $p$-groupe, et c'est le seul $p$-groupe cyclique d'ordre $p^{n}$ à isomorphisme près.
522. $(\mathbb{Z}/p\mathbb{Z})^{n}$ est un $p$-groupe abélien élémentaire, d'ordre $p^{n}$. Vu comme $\mathbb{F}_p$-espace vectoriel de dimension $n$, ses sous-groupes sont exactement ses sous-espaces.
533. Pour $p=2$ : il y a cinq groupes d'ordre $8$ à isomorphisme près, dont deux non abéliens, le groupe diédral $D_4$ des isométries du carré et le groupe des quaternions $Q_8$.
544. Le groupe $U_n(\mathbb{F}_p)$ des matrices triangulaires supérieures de taille $n$ à coefficients dans $\mathbb{F}_p$ et à diagonale unité est un $p$-groupe d'ordre $p^{n(n-1)/2}$ ; c'est un $p$-sous-groupe de Sylow de $\mathrm{GL}_n(\mathbb{F}_p)$.
55Pour $n=3$ on retrouve le [[groupe de Heisenberg|groupe de Heisenberg]], d'ordre $p^{3}$.
565. Dans $\mathfrak{S}_4$, d'ordre $24=2^{3}\cdot 3$, les $2$-sous-groupes de Sylow sont d'ordre $8$ et isomorphes à $D_4$ ; il y en a trois.
576. Le [[groupe de Prüfer|groupe de Prüfer]]
346. Contre-exemple. $\mathfrak{S}_3$ n'est pas un $p$-groupe : son ordre $6$ n'est une puissance d'aucun nombre premier, et il contient à la fois des éléments d'ordre $2$ et d'ordre $3$.
58 \[
59\mathbb{Z}(p^{\infty})=\bigl\{z\in\mathbb{C}^{*}\ :\ \exists k\in\mathbb{N},\
60 z^{p^{k}}=1\bigr\}
61 \]
62est un $p$-groupe infini, abélien, dont tous les sous-groupes propres sont finis et cycliques.
637. Contre-exemple. $\mathfrak{S}_3$ n'est pas un $p$-groupe : son ordre $6$ n'est une puissance d'aucun nombre premier, et il contient à la fois des éléments d'ordre $2$ et d'ordre $3$.

Revision 2620

8/29/2026, 2:34:10 PM · Ancient Tree

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Compare with revision 26096 changed lines
1### Définition intuitive
2
3Un $p$-groupe est un [[Groupe|groupe]] dont toute la structure est gouvernée par un unique [[Nombre premier|nombre premier]] $p$ : son cardinal est une puissance de $p$, et l'ordre de chacun de ses éléments
4aussi. Ce sont en quelque sorte les « briques élémentaires » attachées à $p$ dans la théorie
5des groupes finis, ce que les [[théorèmes de Sylow|théorèmes de Sylow]] rendent précis en montrant que tout groupe
6fini se décompose, du point de vue de chaque premier $p$, autour de ses $p$-sous-groupes
7maximaux. Leur intérêt vient de leurs propriétés très rigides : un $p$-groupe fini non
8trivial possède toujours un [[centre|centre]] non trivial, il est [[Groupe nilpotent|nilpotent]], et il admet une suite de
9sous-groupes emboîtés d'indices $p$ successifs, autant de contraintes qui n'ont pas
10d'analogue pour un groupe fini quelconque.
11
12### Définition formelle
13
14Soit $p$ un nombre premier.
15Un groupe $G$ est un $p$-groupe si tout élément de $G$ est d'ordre une puissance de
16$p$, c'est-à-dire
17\[
18 \forall g\in G,\ \exists k\in\mathbb{N},\quad g^{p^{k}}=e .
19\]
20
21### Proposition
22Si $G$ est fini, cette condition équivaut à
23\[
24 |G|=p^{n}\quad\text{pour un certain } n\in\mathbb{N}.
25\]
26
27**Preuve :**
28Si $|G|=p^{n}$, l'ordre de tout élément divise $|G|$ par le théorème de Lagrange, donc est
29une puissance de $p$. Réciproquement, si $|G|$ admettait un diviseur premier
30$q\neq p$, le théorème de Cauchy fournirait un élément d'ordre $q$, dont l'ordre ne serait
31pas une puissance de $p$.
32
33### Définition
34Soit $G$ un groupe fini d'ordre $|G|=p^{n}m$ avec $p\nmid m$. Un \emph{$p$-sous-groupe de
35Sylow} de $G$ est un sous-groupe $H\leqslant G$ d'ordre $p^{n}$, c'est-à-dire un $p$-groupe
36d'ordre maximal dans $G$.
37
38
39### Remarque
40Pour les groupes infinis, la définition retenue ci-dessus (« tout élément est d'ordre une
41puissance de $p$ ») est celle des \emph{$p$-groupes de torsion} ; certains auteurs réservent
42le terme aux seuls groupes finis. Un $p$-groupe fini non trivial vérifie $Z(G)\neq\{e\}$ : en
43faisant agir $G$ sur lui-même par conjugaison, l'équation aux classes
44\[
45 |G|=|Z(G)|+\sum_{i}\bigl[G:C_G(x_i)\bigr]
46\]
47a tous ses termes de la somme divisibles par $p$, donc $p$ divise $|Z(G)|$.
48
49### Exemples
50
511. Le groupe cyclique $\mathbb{Z}/p^{n}\mathbb{Z}$ est un $p$-groupe, et c'est le seul $p$-groupe cyclique d'ordre $p^{n}$ à isomorphisme près.
511. Le [[groupe cyclique|groupe cyclique]] $\mathbb{Z}/p^{n}\mathbb{Z}$ est un $p$-groupe, et c'est le seul $p$-groupe cyclique d'ordre $p^{n}$ à isomorphisme près.
522. $(\mathbb{Z}/p\mathbb{Z})^{n}$ est un $p$-groupe abélien élémentaire, d'ordre $p^{n}$. Vu comme $\mathbb{F}_p$-espace vectoriel de dimension $n$, ses sous-groupes sont exactement ses sous-espaces.
533. Pour $p=2$ : il y a cinq groupes d'ordre $8$ à isomorphisme près, dont deux non abéliens, le groupe diédral $D_4$ des isométries du carré et le groupe des quaternions $Q_8$.
544. Le groupe $U_n(\mathbb{F}_p)$ des matrices triangulaires supérieures de taille $n$ à coefficients dans $\mathbb{F}_p$ et à diagonale unité est un $p$-groupe d'ordre $p^{n(n-1)/2}$ ; c'est un $p$-sous-groupe de Sylow de $\mathrm{GL}_n(\mathbb{F}_p)$.
55Pour $n=3$ on retrouve le groupe de Heisenberg, d'ordre $p^{3}$.
55Pour $n=3$ on retrouve le [[groupe de Heisenberg|groupe de Heisenberg]], d'ordre $p^{3}$.
565. Dans $\mathfrak{S}_4$, d'ordre $24=2^{3}\cdot 3$, les $2$-sous-groupes de Sylow sont d'ordre $8$ et isomorphes à $D_4$ ; il y en a trois.
576. Le groupe de Prüfer
576. Le [[groupe de Prüfer|groupe de Prüfer]]
58 \[
59\mathbb{Z}(p^{\infty})=\bigl\{z\in\mathbb{C}^{*}\ :\ \exists k\in\mathbb{N},\
60 z^{p^{k}}=1\bigr\}
61 \]
62est un $p$-groupe infini, abélien, dont tous les sous-groupes propres sont finis et cycliques.
637. Contre-exemple. $\mathfrak{S}_3$ n'est pas un $p$-groupe : son ordre $6$ n'est une puissance d'aucun nombre premier, et il contient à la fois des éléments d'ordre $2$ et d'ordre $3$.

Revision 2609

8/29/2026, 2:11:43 PM · Ancient Tree

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1### Définition intuitive
2
3Un $p$-groupe est un groupe dont toute la structure est gouvernée par un unique [[Nombre premier|nombre premier]] $p$ : son cardinal est une puissance de $p$, et l'ordre de chacun de ses éléments
3Un $p$-groupe est un [[Groupe|groupe]] dont toute la structure est gouvernée par un unique [[Nombre premier|nombre premier]] $p$ : son cardinal est une puissance de $p$, et l'ordre de chacun de ses éléments
4aussi. Ce sont en quelque sorte les « briques élémentaires » attachées à $p$ dans la théorie
5des groupes finis, ce que les [[théorèmes de Sylow|théorèmes de Sylow]] rendent précis en montrant que tout groupe
6fini se décompose, du point de vue de chaque premier $p$, autour de ses $p$-sous-groupes
7maximaux. Leur intérêt vient de leurs propriétés très rigides : un $p$-groupe fini non
8trivial possède toujours un [[centre|centre]] non trivial, il est nilpotent, et il admet une suite de
8trivial possède toujours un [[centre|centre]] non trivial, il est [[Groupe nilpotent|nilpotent]], et il admet une suite de
9sous-groupes emboîtés d'indices $p$ successifs, autant de contraintes qui n'ont pas
10d'analogue pour un groupe fini quelconque.
11
12### Définition formelle
13
14Soit $p$ un nombre premier.
15Un groupe $G$ est un $p$-groupe si tout élément de $G$ est d'ordre une puissance de
16$p$, c'est-à-dire
17\[
18 \forall g\in G,\ \exists k\in\mathbb{N},\quad g^{p^{k}}=e .
19\]
20
21### Proposition
22Si $G$ est fini, cette condition équivaut à
23\[
24 |G|=p^{n}\quad\text{pour un certain } n\in\mathbb{N}.
25\]
26
27**Preuve :**
28Si $|G|=p^{n}$, l'ordre de tout élément divise $|G|$ par le théorème de Lagrange, donc est
29une puissance de $p$. Réciproquement, si $|G|$ admettait un diviseur premier
30$q\neq p$, le théorème de Cauchy fournirait un élément d'ordre $q$, dont l'ordre ne serait
31pas une puissance de $p$.
32
33### Définition
34Soit $G$ un groupe fini d'ordre $|G|=p^{n}m$ avec $p\nmid m$. Un \emph{$p$-sous-groupe de
35Sylow} de $G$ est un sous-groupe $H\leqslant G$ d'ordre $p^{n}$, c'est-à-dire un $p$-groupe
36d'ordre maximal dans $G$.
37
38
39### Remarque
40Pour les groupes infinis, la définition retenue ci-dessus (« tout élément est d'ordre une
41puissance de $p$ ») est celle des \emph{$p$-groupes de torsion} ; certains auteurs réservent
42le terme aux seuls groupes finis. Un $p$-groupe fini non trivial vérifie $Z(G)\neq\{e\}$ : en
43faisant agir $G$ sur lui-même par conjugaison, l'équation aux classes
44\[
45 |G|=|Z(G)|+\sum_{i}\bigl[G:C_G(x_i)\bigr]
46\]
47a tous ses termes de la somme divisibles par $p$, donc $p$ divise $|Z(G)|$.
48
49### Exemples
50
511. Le groupe cyclique $\mathbb{Z}/p^{n}\mathbb{Z}$ est un $p$-groupe, et c'est le seul $p$-groupe cyclique d'ordre $p^{n}$ à isomorphisme près.
522. $(\mathbb{Z}/p\mathbb{Z})^{n}$ est un $p$-groupe abélien élémentaire, d'ordre $p^{n}$. Vu comme $\mathbb{F}_p$-espace vectoriel de dimension $n$, ses sous-groupes sont exactement ses sous-espaces.
533. Pour $p=2$ : il y a cinq groupes d'ordre $8$ à isomorphisme près, dont deux non abéliens, le groupe diédral $D_4$ des isométries du carré et le groupe des quaternions $Q_8$.
544. Le groupe $U_n(\mathbb{F}_p)$ des matrices triangulaires supérieures de taille $n$ à coefficients dans $\mathbb{F}_p$ et à diagonale unité est un $p$-groupe d'ordre $p^{n(n-1)/2}$ ; c'est un $p$-sous-groupe de Sylow de $\mathrm{GL}_n(\mathbb{F}_p)$.
55Pour $n=3$ on retrouve le groupe de Heisenberg, d'ordre $p^{3}$.
565. Dans $\mathfrak{S}_4$, d'ordre $24=2^{3}\cdot 3$, les $2$-sous-groupes de Sylow sont d'ordre $8$ et isomorphes à $D_4$ ; il y en a trois.
576. Le groupe de Prüfer
58 \[
59\mathbb{Z}(p^{\infty})=\bigl\{z\in\mathbb{C}^{*}\ :\ \exists k\in\mathbb{N},\
60 z^{p^{k}}=1\bigr\}
61 \]
62est un $p$-groupe infini, abélien, dont tous les sous-groupes propres sont finis et cycliques.
637. Contre-exemple. $\mathfrak{S}_3$ n'est pas un $p$-groupe : son ordre $6$ n'est une puissance d'aucun nombre premier, et il contient à la fois des éléments d'ordre $2$ et d'ordre $3$.

Revision 2608

8/29/2026, 2:10:43 PM · Ancient Tree

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Revision 2605

8/29/2026, 2:06:08 PM · Ancient Tree

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Compare with revision 26017 changed lines
1### Définition intuitive
2
3Un $p$-groupe est un groupe dont toute la structure est gouvernée par un unique nombre
3Un $p$-groupe est un groupe dont toute la structure est gouvernée par un unique [[Nombre premier|nombre premier]] $p$ : son cardinal est une puissance de $p$, et l'ordre de chacun de ses éléments
4premier $p$ : son cardinal est une puissance de $p$, et l'ordre de chacun de ses éléments
5aussi. Ce sont en quelque sorte les « briques élémentaires » attachées à $p$ dans la théorie
6des groupes finis, ce que les théorèmes de Sylow rendent précis en montrant que tout groupe
5des groupes finis, ce que les [[théorèmes de Sylow|théorèmes de Sylow]] rendent précis en montrant que tout groupe
7fini se décompose, du point de vue de chaque premier $p$, autour de ses $p$-sous-groupes
8maximaux. Leur intérêt vient de leurs propriétés très rigides : un $p$-groupe fini non
9trivial possède toujours un centre non trivial, il est nilpotent, et il admet une suite de
8trivial possède toujours un [[centre|centre]] non trivial, il est nilpotent, et il admet une suite de
10sous-groupes emboîtés d'indices $p$ successifs, autant de contraintes qui n'ont pas
11d'analogue pour un groupe fini quelconque.
12
13### Définition formelle
14
15Soit $p$ un nombre premier.
16Un groupe $G$ est un $p$-groupe si tout élément de $G$ est d'ordre une puissance de
17$p$, c'est-à-dire
18\[
19 \forall g\in G,\ \exists k\in\mathbb{N},\quad g^{p^{k}}=e .
20\]
21
22### Proposition
23Si $G$ est fini, cette condition équivaut à
24\[
25 |G|=p^{n}\quad\text{pour un certain } n\in\mathbb{N}.
26\]
27
28**Preuve :**
29Si $|G|=p^{n}$, l'ordre de tout élément divise $|G|$ par le théorème de Lagrange, donc est
30une puissance de $p$. Réciproquement, si $|G|$ admettait un diviseur premier
31$q\neq p$, le théorème de Cauchy fournirait un élément d'ordre $q$, dont l'ordre ne serait
32pas une puissance de $p$.
33
34### Définition
35Soit $G$ un groupe fini d'ordre $|G|=p^{n}m$ avec $p\nmid m$. Un \emph{$p$-sous-groupe de
36Sylow} de $G$ est un sous-groupe $H\leqslant G$ d'ordre $p^{n}$, c'est-à-dire un $p$-groupe
37d'ordre maximal dans $G$.
38
39
40### Remarque
41Pour les groupes infinis, la définition retenue ci-dessus (« tout élément est d'ordre une
42puissance de $p$ ») est celle des \emph{$p$-groupes de torsion} ; certains auteurs réservent
43le terme aux seuls groupes finis. Un $p$-groupe fini non trivial vérifie $Z(G)\neq\{e\}$ : en
44faisant agir $G$ sur lui-même par conjugaison, l'équation aux classes
45\[
46 |G|=|Z(G)|+\sum_{i}\bigl[G:C_G(x_i)\bigr]
47\]
48a tous ses termes de la somme divisibles par $p$, donc $p$ divise $|Z(G)|$.
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50### Exemples
51
521. Le groupe cyclique $\mathbb{Z}/p^{n}\mathbb{Z}$ est un $p$-groupe, et c'est le seul $p$-groupe cyclique d'ordre $p^{n}$ à isomorphisme près.
532. $(\mathbb{Z}/p\mathbb{Z})^{n}$ est un $p$-groupe abélien élémentaire, d'ordre $p^{n}$. Vu comme $\mathbb{F}_p$-espace vectoriel de dimension $n$, ses sous-groupes sont exactement ses sous-espaces.
543. Pour $p=2$ : il y a cinq groupes d'ordre $8$ à isomorphisme près, dont deux non abéliens, le groupe diédral $D_4$ des isométries du carré et le groupe des quaternions $Q_8$.
554. Le groupe $U_n(\mathbb{F}_p)$ des matrices triangulaires supérieures de taille $n$ à coefficients dans $\mathbb{F}_p$ et à diagonale unité est un $p$-groupe d'ordre $p^{n(n-1)/2}$ ; c'est un $p$-sous-groupe de Sylow de $\mathrm{GL}_n(\mathbb{F}_p)$.
56Pour $n=3$ on retrouve le groupe de Heisenberg, d'ordre $p^{3}$.
575. Dans $\mathfrak{S}_4$, d'ordre $24=2^{3}\cdot 3$, les $2$-sous-groupes de Sylow sont d'ordre $8$ et isomorphes à $D_4$ ; il y en a trois.
586. Le groupe de Prüfer
59 \[
60\mathbb{Z}(p^{\infty})=\bigl\{z\in\mathbb{C}^{*}\ :\ \exists k\in\mathbb{N},\
61 z^{p^{k}}=1\bigr\}
62 \]
63est un $p$-groupe infini, abélien, dont tous les sous-groupes propres sont finis et cycliques.
647. Contre-exemple. $\mathfrak{S}_3$ n'est pas un $p$-groupe : son ordre $6$ n'est une puissance d'aucun nombre premier, et il contient à la fois des éléments d'ordre $2$ et d'ordre $3$.

Revision 2601

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### Définition intuitive

Un $p$-groupe est un groupe dont toute la structure est gouvernée par un unique nombre
premier $p$ : son cardinal est une puissance de $p$, et l'ordre de chacun de ses éléments
aussi. Ce sont en quelque sorte les « briques élémentaires » attachées à $p$ dans la théorie
des groupes finis, ce que les théorèmes de Sylow rendent précis en montrant que tout groupe
fini se décompose, du point de vue de chaque premier $p$, autour de ses $p$-sous-groupes
maximaux. Leur intérêt vient de leurs propriétés très rigides : un $p$-groupe fini non
trivial possède toujours un centre non trivial, il est nilpotent, et il admet une suite de
sous-groupes emboîtés d'indices $p$ successifs, autant de contraintes qui n'ont pas
d'analogue pour un groupe fini quelconque.

### Définition formelle

Soit $p$ un nombre premier.
Un groupe $G$ est un $p$-groupe si tout élément de $G$ est d'ordre une puissance de
$p$, c'est-à-dire
\[
  \forall g\in G,\ \exists k\in\mathbb{N},\quad g^{p^{k}}=e .
\]

### Proposition
Si $G$ est fini, cette condition équivaut à
\[
  |G|=p^{n}\quad\text{pour un certain } n\in\mathbb{N}.
\]

**Preuve :**
Si $|G|=p^{n}$, l'ordre de tout élément divise $|G|$ par le théorème de Lagrange, donc est
une puissance de $p$. Réciproquement, si $|G|$ admettait un diviseur premier
$q\neq p$, le théorème de Cauchy fournirait un élément d'ordre $q$, dont l'ordre ne serait
pas une puissance de $p$. 

### Définition
Soit $G$ un groupe fini d'ordre $|G|=p^{n}m$ avec $p\nmid m$. Un \emph{$p$-sous-groupe de
Sylow} de $G$ est un sous-groupe $H\leqslant G$ d'ordre $p^{n}$, c'est-à-dire un $p$-groupe
d'ordre maximal dans $G$.


### Remarque
Pour les groupes infinis, la définition retenue ci-dessus (« tout élément est d'ordre une
puissance de $p$ ») est celle des \emph{$p$-groupes de torsion} ; certains auteurs réservent
le terme aux seuls groupes finis. Un $p$-groupe fini non trivial vérifie $Z(G)\neq\{e\}$ : en
faisant agir $G$ sur lui-même par conjugaison, l'équation aux classes
\[
  |G|=|Z(G)|+\sum_{i}\bigl[G:C_G(x_i)\bigr]
\]
a tous ses termes de la somme divisibles par $p$, donc $p$ divise $|Z(G)|$.

### Exemples

1.  Le groupe cyclique $\mathbb{Z}/p^{n}\mathbb{Z}$ est un $p$-groupe, et c'est le seul $p$-groupe cyclique d'ordre $p^{n}$ à isomorphisme près.
2.  $(\mathbb{Z}/p\mathbb{Z})^{n}$ est un $p$-groupe abélien élémentaire, d'ordre $p^{n}$. Vu comme $\mathbb{F}_p$-espace vectoriel de dimension $n$, ses sous-groupes sont exactement ses sous-espaces.
3.  Pour $p=2$ : il y a cinq groupes d'ordre $8$ à isomorphisme près, dont deux non abéliens, le groupe diédral $D_4$ des isométries du carré et le groupe des quaternions $Q_8$.
4.  Le groupe $U_n(\mathbb{F}_p)$ des matrices triangulaires supérieures de taille $n$ à coefficients dans $\mathbb{F}_p$ et à diagonale unité est un $p$-groupe d'ordre $p^{n(n-1)/2}$ ; c'est un $p$-sous-groupe de Sylow de $\mathrm{GL}_n(\mathbb{F}_p)$.
Pour $n=3$ on retrouve le groupe de Heisenberg, d'ordre $p^{3}$.
5.  Dans $\mathfrak{S}_4$, d'ordre $24=2^{3}\cdot 3$, les $2$-sous-groupes de Sylow sont d'ordre $8$ et isomorphes à $D_4$ ; il y en a trois.
6.  Le groupe de Prüfer
   \[
\mathbb{Z}(p^{\infty})=\bigl\{z\in\mathbb{C}^{*}\ :\ \exists k\in\mathbb{N},\
        z^{p^{k}}=1\bigr\}
    \]
est un $p$-groupe infini, abélien, dont tous les sous-groupes propres sont finis et cycliques.
7.  Contre-exemple. $\mathfrak{S}_3$ n'est pas un $p$-groupe : son ordre $6$ n'est une puissance d'aucun nombre premier, et il contient à la fois des éléments d'ordre $2$ et d'ordre $3$.