Ivan Shishkin, Rye (1878)

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Groupes d’ordre 6

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Solution

Solution by Hugues Hott · FR

On raisonne de façon très élémentaire, on sait bien sûr classifier les groupes d’ordre pqpq mais on omet ici la théorie de Sylow, ainsi que le théorème de Cauchy, et les actions de groupes. On rappelle que l’ordre possible d’un élément gg de GG est un diviseur de l’ordre de GG par Lagrange.

Pour un groupe GG d’ordre pair, en regroupant regroupant les éléments d’ordre différent de 1 et 22 de GG par paires, on remarque alors que GG possède au moins un élément gg d’ordre 22, puisque GG privé de toutes ces paires est toujours de cardinal pair, et non nul puisqu’il contient le neutre.

Montrons que pour GG abélien, on a nécessairement GZ/6ZG \simeq \mathbb Z/ 6 \mathbb Z.

Supposons GG abélien, on peut ainsi y exhiber un élément xx d’ordre 22, le groupe quotient G/xG/\langle x \rangle est alors d’ordre 33, en désignant par π\pi la projection canonique, pour tout élément gg d’ordre 22, on a e=π(e)=π(g2)=π(g)2\overline e = \pi(e) = \pi(g^{2}) = \pi(g)^{2}, tout élément d’ordre 22 de GG (en plus du neutre de GG) est donc dans le noyau de π\pi (sa classe est d’ordre un diviseur de 22, donc d’ordre 11 puisque le groupe quotient est d’ordre 33), d’où l’existence d’un élément d’ordre 33 ou 66 pour assurer la surjectivité de π\pi.

En déisgnant cet élément par yy, s’il est d’ordre 66, alors GG est cyclique. Dans le cas contraire, il est d’ordre 33, et par comutativité de GG, l’élément z=xyz = xy est d’ordre 66. Finalement, GZ/6ZG \simeq \mathbb Z/6\mathbb Z.

Pour GG non abélien, montrons qu’on a GS3G \simeq S_3. Si tous les éléments de GG étaient d’ordre 22, alors [x,y]=xyx1y1=xyxy=(xy)2=2[x,y] = xyx^{-1}y^{-1} = xyxy = (xy)^{2} = 2, et donc GG serait abélien. D’où l’existence d’un élément xx d’ordre 33 (S’il était d’ordre 66 alors GG serait abélien).
Ce dernier nous fournit un sous-groupe normal car d’indice 22, en supposant que G possède un sous-groupe normal d’ordre 22, il serait alors produit direct de deux groupes abéliens, ce qui est exclu. D’où nécessairement l’existence d’au moins deux éléments d’ordre 22, mais les éléments d’ordre 33 arrivent par paires, ce qui force G à posséder exactement trois éléments d’ordre 22 et deux éléments d’ordre 33. Dès lors, écrire la table de multiplication de G suffit pour conclure, elle est en effet unique.

Pour éviter le produit direct, en supposant que GG possède un unique élément d’ordre 22, il serait alors central (La conjugaison est un automorphisme de groupes, donc conserve l’ordre, d’où pour gg quelconque, gxg1=xgxg^{-1} = x par uncité de l’élément xx, d’ordre 22), donc Z(G)Z(G) serait non trivial d’ordre 22 ou 33. Dans tous les cas, le quotient associé G/Z(G)G/Z(G) est d’ordre premier, donc cyclique. Or, G/Z(G)G/Z(G) cyclique implique GG monogène, a fortiori GG est abélien, contradication.

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