Soit M∈Mn(R). Le polynôme caractéristique χM(X)=det(M−XIn) est un polynôme de degré n à coefficients réels. Il admet donc au plus n racines dans R.
Le corps R étant infini, il existe λ∈R∗ tel que det(M−λIn)=0, c’est-à-dire tel que M−λIn∈GLn(R).
On décompose alors M sous la forme : M=(M−λIn)+λIn
Comme M−λIn∈GLn(R) et In∈GLn(R), la matrice M s’écrit comme une combinaison linéaire d’éléments de GLn(R). Ainsi, Vect(GLn(R))=Mn(R).
2 Nn(R)
Montrons que : Pour tout entier n≥1, Vect(Nn(R))=ker(Tr)={M∈Mn(R)∣Tr(M)=0}
Inclusion directe : Si N∈Nn(R), son unique valeur propre complexe est 0, donc Tr(N)=0. Par linéarité de la trace, on a Vect(Nn(R))⊆ker(Tr).
Inclusion réciproque : Montrons d’abord que toute matrice de trace nulle est semblable à une matrice à diagonale nulle.
Soit M∈Mn(R) non scalaire. Il existe x∈Rn tel que la famille (x,Mx) soit libre.
Si pour tout x∈Rn, (x,Mx) était liée, alors pour tout x=0, il existerait λx∈R tel que Mx=λxx. Par un argument classique de dépendance scalaire, λx est indépendant de x, impliquant M=λIn, ce qui contredit le fait que M n’est pas scalaire.
Montrons par récurrence sur n≥1 le résultat. L’initialisation est triviale. Soit M∈Mn(R) de trace nulle.
Si M est scalaire, Tr(M)=nλ=0⟹λ=0⟹M=0n, dont la diagonale est nulle.
Si M n’est pas scalaire, il existe e1∈Rn tel que (e1,Me1) soit libre. On pose e2=Me1 et on complète en une base B=(e1,e2,…,en). Dans cette base, la matrice semblable s’écrit : P−1MP=(0CLA)avec L∈M1,n−1(R), C∈Mn−1,1(R) et A∈Mn−1(R). Par invariance de la trace, Tr(A)=Tr(M)=0. Par hypothèse de récurrence, il existe Q∈GLn−1(R) tel que Q−1AQ ait une diagonale nulle. En posant P2=(100Q), la matrice (PP2)−1M(PP2) est à diagonale nulle.
Ainsi, toute matrice M∈ker(Tr) est semblable à une matrice D à diagonale nulle. On peut décomposer D=T++T−, où T+ est triangulaire supérieure stricte et T− triangulaire inférieure stricte. Ces deux matrices étant nilpotentes, D (et donc M) est somme de deux matrices nilpotentes. D’où le résultat.
3 On(R)
Montrons que : Vect(On(R))=Mn(R)
Il suffit d’exprimer les matrices de la base canonique (Ei,j)1≤i,j≤n comme combinaisons linéaires de matrices orthogonales.
Matrices Ei,i : Pour tout i∈{1,…,n}, la matrice Di=In−2Ei,i=diag(1,…,−1,…,1) est orthogonale. Comme In∈On(R), Ei,i=21(In−Di)∈Vect(On(R))
Matrices Ei,j : Les matrices suivantes appartiennent à On(R) : Pi,j=In−Ei,i−Ej,j+Ei,j+Ej,ietQi,j=In−Ei,i−Ej,j+Ei,j−Ej,iOn a alors : Ei,j=21(Pi,j+Qi,j)−In+Ei,i+Ej,j∈Vect(On(R))
La base canonique étant incluse dans Vect(On(R)), on conclut que Vect(On(R))=Mn(R).
4SOn(R)
Le sous-espace vectoriel engendré par SOn(R) vérifie :
Si n=1 : Vect(SO1(R))=R=M1(R) ;
Si n=2 : Vect(SO2(R))={(ab−ba)a,b∈R}⊊M2(R) ;
Si n≥3 : Vect(SOn(R))=Mn(R).
Pour n≥3, décomposons les éléments de la base canonique :
Matrices Ei,i : Pour des indices distincts i,j, la matrice de retournement Ri,j=In−2Ei,i−2Ej,j appartient à SOn(R) car det(Ri,j)=(−1)2=1. En choisissant trois indices distincts i,j,k (possible car n≥3), on a : Ei,i=41(In−Ri,j−Ri,k+Rj,k)∈Vect(SOn(R))
Matrices Ei,j :
Les matrices T1=In−Ei,i−Ej,j+Ei,j−Ej,i et T2=In−Ei,i−Ej,j−Ei,j+Ej,i appartiennent à SOn(R). On obtient : Ei,j−Ej,i=21(T1−T2)∈Vect(SOn(R))
En choisissant k∈/{i,j}, la matrice T3=In−Ei,i−Ej,j−2Ek,k+Ei,j+Ej,i appartient à SOn(R) (det(T3)=(−1)×(−1)=1), d’où : Ei,j+Ej,i=T3−In+Ei,i+Ej,j+2Ek,k∈Vect(SOn(R))
Par somme, Ei,j=21((Ei,j−Ej,i)+(Ei,j+Ej,i))∈Vect(SOn(R)).
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