Ivan Shishkin, Rye (1878)

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Sous-espaces vectoriels engendrés par...

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Solution

Solution by budleya · FR

  1. Toute matrice CC de la base canonique de Mn(R)\mathcal M_{n}(\R) (tous les coefficients nuls sauf l’un d’entre eux) s’écrit C=(C+In)−InC=(C+I_{n})-I_{n} et C+InC+I_{n} est triangulaire à coefficients diagonaux tous non nuls, donc inversible ; CC est donc différence de deux matrices inversibles.
    Toute matrice de Mn(R)\mathcal M_{n}(\R) est combili de matrices canoniques, chacune combili de deux matrices inversibles :
    vect(GLn(R))=Mn(R)vect(GL_{n}(\R))=\mathcal M_{n}(\R)

  2. Lemme (utile en soi) Toute matrice nilpotente est de trace nulle.

preuve du lemme

a) Toute matrice nilpotente NN est (comme toute matrice) semblable à une matrice triangulaire TT (dont les coefficients diagonaux sont les valeurs propres de NN) elle aussi nilpotente.
b) pour tout entier nn, les coefficients diagonaux de TnT^{n} sont les puissances nn-ièmes de ceux de TT ; si donc l’un d’entre eux est non nul, TnT^{n} n’est pas nulle, ce qui contredit la nilpotence de TT. Donc tous les coefficients diagonaux de TT sont nuls et tr(T)=0tr(T)=0.
c) la trace étant invariante par similitude, on a tr(N)=tr(T)=0tr(N)=tr(T)=0.

donc par linéarité de la trace : vect(Nn(R))⊂ker⁡trvect(\mathcal N_{n}(\R))\subset \ker tr.
On sait que ker⁡tr\ker tr est de dimension n2−1n^{2}-1 (noyau d’une forme linéaire) ; il suffit maintenant d’exhiber une famille libre de n2−1n^{2}-1 matrices nilpotentes pour obtenir l’égalité. Les n2−nn^{2}-n matrices canoniques Cij,i≠jC_{ij},i\neq j dont l’unique coefficient non nul est en dehors de la diagonale et les n−1n-1 matrices Nk=C11+C1k−Ck1−Ckk,k=2..nN_{k}=C_{11}+C_{1k}-C_{k1}-C_{{kk}},k=2..n sont nilpotentes et de trace nulle ; dans toute combinaison linéaire nulle
∑i≠jaijCij+∑k=2nbkNk=0\sum_{i\neq j}a_{ij}C_{ij} + \sum_{k=2}^{n}b_{k}N_{k}=0le coefficient en ligne et colonne k>1k>1 est bk=0b_{k}=0 ; on reste avec une combili de matrices canoniques, les coefficients aija_{ij} sont aussi nuls. Les n2−1n^{2}-1 matrices Cij,NkC_{ij},N_{k} forment donc une famille libre de Nn(R)\mathcal N_{n}(\R) et on peut conclure :
vect(Nn(R))=ker⁡trvect(\mathcal N_{n}(\R))= \ker trrem : les n2−1n^{2}-1 matrices exhibées sont 22-nilpotentes. On a donc le résultat plus précis : les matrices MM telles que M2=0M^{2}=0 engendrent ker⁡tr\ker tr.

  1. Il suffit d’engendrer chaque matrice CijC_{ij} de la base canonique de Mn(R)\mathcal M_{n}(\R) comme combili de matrices orthogonales. Dans les matrices de permutation (tous les coefficients nuls sauf un seul coefficient 1 par ligne et par colonne ; c’est orthogonal par respect des b.o.n), piochons une PP telle que Pij=1P_{ij}=1 (on a le choix, il y en a (n−1)!(n-1)!...) et on définit Q=P−2CijQ=P-2C_{ij}, qui est aussi orthogonale ( les mêmes coefficients que PP sauf Qij=−1),Q_{ij}=-1), donc Cij=12(P−Q)C_{ij}=\frac12(P-Q) :
    vect(On(R))=Mn(R)vect(O_{n}(\R))=\mathcal M_{n}(\R)
  2. Quand n=2n=2, toute matrice de O+(R)O^{+}(\R) s’écrit Oa,b=(ab−ba)O_{a,b}=\begin{pmatrix}a &b\\-b &a\end{pmatrix} : vect(O+(R)=vect(O1,0,O0,1)vect(O^{+}(\R)= vect(O_{1,0},O_{0,1}) ensemble des matrices de similitudes directes.
    Quand n≥3n\ge3 est impair, le résultat du 3) suffit car quand P∈O−P\in O^{-}, −P∈O+-P\in O^{+}...
    Quand n≥4n\ge4 est pair, pour i,ji,j fixés, on choisit
  • i′≠i,j′≠ji'\neq i,j'\neq j,
  • une matrice de permutation P∈O+P\in O^{+} telle que Pij=Pi′,j′=1P_{ij}=P_{i',j'}=1, on pose Q=P−2Cij−2Ci′j′Q=P-2C_{ij}-2C_{i'j'} qui est aussi dans O+O^{+} (on a changé deux signes),
  • une autre matrice de permutation R∈O+R\in O^{+} telle que Rij=−Ri′,j′=1R_{ij}=-R_{i',j'}=1, on pose S=R−2Cij+2Ci′j′S=R-2C_{ij}+2C_{i'j'} qui est aussi dans O+O^{+} (on a changé deux signes).
    En additionnant les deux définitions de RR et SS, on obtient Cij=14(P−Q+R−S)C_{ij}=\frac14(P-Q+R-S) :
    vect(SOn(R))=Mn(R)vect(SO_{n}(\R))=\mathcal M_{n}(\R).

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