Par l’absurde, on suppose que g est une combinaison linéaire des fonctions f1, f2, f3 et f4. Dans ce cas il existe (λ1,λ2,λ3,λ4)∈R4 tel que pour tout x∈R,
exp(−1/x2)=λ1x2exp(−x2)+λ2exp(−x2)+λ3xexp(x)+λ4(π2)2arctan(x)2.
∙ On prend la limite en x=0.
La limite de g lorsque x tend vers 0 est nulle. Et f1(0)=f3(0)=f4(0)=0, f2(0)=1 donc l’égalité devient : λ2=0. On obtient pour tout x∈R,
exp(−1/x2)=λ1x2exp(−x2)+λ3xexp(x)+λ4(π2)2arctan(x)2.
∙ On prend la limite lorsque x→+∞.
La limite de g lorsque x tend vers +∞ est égal à 1. De plus, par croissance comparée on a que la limite de f1 lorsque x tend vers +∞ est nulle. Enfin les limites de f3 et f4 lorsque x tend vers +∞ sont respectivement +∞ et 1. On observe que seule la limite de f3 est infinie. Donc si λ3=0 alors on arrive à une absurdité. On conclut que λ3=0. Ainsi dans l’égalité on obtient λ4=1 et ∀x∈R,
exp(−1/x2)=λ1x2exp(−x2)+(π2)2arctan(x)2⟹x21exp(−1/x2)=λ1exp(−x2)+(π2)2x2arctan(x)2.
∙ On divise par x2 et on passe à la limite x→0.
Or la limite lorsque x tend vers 0 de x21exp(−1/x2) est nulle. Et il est bien connu que la limite lorsque x tend vers 0 de x2arctan(x)2 est 1 (il suffit de montrer l’équivalence arctan(x)∼x). Cela donne l’égalité 0=λ1+(π2)2, en particulier λ1<0.
Or en substituant x=1 on obtient exp(−1)=λ1exp(−1)+41, c’est-à-dire λ1=1−41e. Donc la quantité λ1 est positive puisque e≤3. En effet, pour tout entier k≥1,
k!=1×2×3×…×k≥1×2×2×…×2=2k−1, et par définition du nombre e on a
e=1+∑k=1+∞k!1≤1+∑k=1(21)k−1=3.
La quantité λ1 ne peut pas être à la fois positive et strictement négative donc g n’est pas une combinaison linéaire de f1, f2, f3 et f4. (Tout cela sans utiliser de résultat de transcendance ou d’indépendance algébrique sur π ou e)