
Quantificateurs
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Revision 5031
9/15/2026, 5:33:45 PM · SalixBabylonica
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Les quantificateurs sont le langage des mathématiques. Ils sont ce que les lettres sont à l'alphabet. 2
3
### Définition 4
On distingue généralement trois quantificateurs :5
1) Le quantificateur $\emph{universel}$ : Ce quantificateur est noté « $\forall$ » et se lit « pour tout ». Le prédicat6
\[ \forall x \in E,\ P(x) \]7
est vrai si et seulement si $P(x)$ est vrai pour tout élément $x$ de $E$.8
2) Le quantificateur $\emph{existentiel}$ : Ce quantificateur est noté « $\exists$ » et se lit « il existe ». Le prédicat9
\[ \exists x \in E,\ P(x) \]10
est vrai si et seulement si il existe au moins un élément $x$ de $E$ pour lequel $P(x)$ est vrai.11
3) Le quantificateur d'$\emph{unicité}$ : Ce quantificateur est noté « $\exists !$ » et se lit « il existe un unique ».Le prédicat12
\[ \exists !\,x \in E,\ P(x) \]13
est vrai si et seulement si il existe exactement un élément $x$ de $E$ vérifiant $P(x)$.14
15
**Règles fondamentales**:16
- On peut échanger deux quantificateurs universels *consécutifs* sans modifier la signification du prédicat. Ainsi,17
\[ \forall x \in \mathbb{R},\ \forall y \in \mathbb{R},\ P(x,y) \]18
est équivalent à19
\[ \forall y \in \mathbb{R},\ \forall x \in \mathbb{R},\ P(x,y). \]20
Par souci de concision, on écrit souvent21
\[ \forall x,y \in \mathbb{R},\ P(x,y) \]22
à la place de23
\[ \forall x \in \mathbb{R},\ \forall y \in \mathbb{R},\ P(x,y). \]24
Il en va de même pour l'échange entre deux quantificateurs existentielles successifs ou pour l'échange entre deux quantificateurs d'unicité successifs.25
**Attention** : On ne peut généralement pas permuter un quantificateur universel et un quantificateur existentiel.26
Exemple :27
Considérons les deux propositions suivantes :28
\[ A : \forall n \in \mathbb{N},\ \exists m \in \mathbb{N},\quad m > n, \]29
\[ B : \exists n \in \mathbb{N},\ \forall m \in \mathbb{N},\quad n > m. \]30
L'ordre des quantificateurs est différent, ce qui modifie complètement le sens des propositions.31
La première proposition $A$ signifie : Pour tout entier naturel $n$, il existe un entier naturel strictement plus grand que $n$. Cette proposition est vraie : il suffit par exemple de choisir $m=n+1$.32
33
La seconde proposition $B$ signifie : Il existe un entier naturel strictement plus grand que tous les entiers naturels. Cette proposition est fausse : aucun entier naturel n'est plus grand que tous les autres.34
26
- La négation d'un quantificateur universel devient un quantificateur existentiel, et réciproquement :27
\[ \neg \bigl(\forall x \in E,\ P(x)\bigr) \iff \exists x \in E,\ \neg P(x), \]28
\[ \neg \bigl(\exists x \in E,\ P(x)\bigr) \iff \forall x \in E,\ \neg P(x). \]29
30
**Rédaction**: 31
- Pour montrer que « $\forall x \in E,\ P(x)$ », on considère un élément arbitraire $x \in E$ et l'on montre que $P(x)$ est vraie. La rédaction est alors de la forme :32
\[ \text{Soit } x \in E. \]33
\[ \vdots \]34
\[ \text{Donc } P(x). \]35
Comme $x$ a été choisi arbitrairement dans $E$, on conclut que36
\[ \forall x \in E,\ P(x). \]37
- Pour montrer que « $\exists x \in E,\ P(x)$ », il suffit d'exhiber un élément de $E$ vérifiant $P$. La rédaction est alors de la forme :38
\[ \text{Posons } x = \cdots \]39
40
Puis on vérifie que $P(x)$ est vraie.41
On conclut alors que42
\[ \exists x \in E,\ P(x). \]43
- Pour montrer « $\exists !\, x \in E,\ P(x)$ », on procède en deux étapes :44
1) On montre l'existence d'un élément $x \in E$ tel que $P(x)$ soit vraie.45
2) On montre l'unicité de cet élement $x$ : si $x,y \in E$ vérifient tous deux $P$, alors $x=y.$46
On conclut alors que47
\[ \exists !\, x \in E,\ P(x). \]48
49
### Remarque50
- Contrairement aux quantificateurs universels et d'existences, le quantificateur d'unicité n'est pas fondamental. En effet, il peut être défini à l'aide des seuls quantificateurs $\exists$ et $\forall$ ainsi que des connecteurs logiques :51
\[ \exists !\, x \in E,\ P(x) \iff \exists x \in E, \, \Bigl( P(x) \land \forall y \in E,\, \bigl(P(y)\Rightarrow y=x\bigr) \Bigr). \]Revision 5025
9/15/2026, 5:24:14 PM · SalixBabylonica
Added exercise "Du langage naturelle au langage mathématique"
linked exercisesNoneDu langage naturelle au langage mathématique
Revision 4841
9/13/2026, 5:17:48 PM · SalixBabylonica
Concept created
Les quantificateurs sont le langage des mathématiques. Ils sont ce que les lettres sont à l'alphabet.
### Définition
On distingue généralement trois quantificateurs :
1) Le quantificateur $\emph{universel}$ : Ce quantificateur est noté « $\forall$ » et se lit « pour tout ». Le prédicat
\[ \forall x \in E,\ P(x) \]
est vrai si et seulement si $P(x)$ est vrai pour tout élément $x$ de $E$.
2) Le quantificateur $\emph{existentiel}$ : Ce quantificateur est noté « $\exists$ » et se lit « il existe ». Le prédicat
\[ \exists x \in E,\ P(x) \]
est vrai si et seulement si il existe au moins un élément $x$ de $E$ pour lequel $P(x)$ est vrai.
3) Le quantificateur d'$\emph{unicité}$ : Ce quantificateur est noté « $\exists !$ » et se lit « il existe un unique ».Le prédicat
\[ \exists !\,x \in E,\ P(x) \]
est vrai si et seulement si il existe exactement un élément $x$ de $E$ vérifiant $P(x)$.
**Règles fondamentales**:
- On peut échanger deux quantificateurs universels *consécutifs* sans modifier la signification du prédicat. Ainsi,
\[ \forall x \in \mathbb{R},\ \forall y \in \mathbb{R},\ P(x,y) \]
est équivalent à
\[ \forall y \in \mathbb{R},\ \forall x \in \mathbb{R},\ P(x,y). \]
Par souci de concision, on écrit souvent
\[ \forall x,y \in \mathbb{R},\ P(x,y) \]
à la place de
\[ \forall x \in \mathbb{R},\ \forall y \in \mathbb{R},\ P(x,y). \]
Il en va de même pour l'échange entre deux quantificateurs existentielles successifs ou pour l'échange entre deux quantificateurs d'unicité successifs.
**Attention** : On ne peut généralement pas permuter un quantificateur universel et un quantificateur existentiel.
- La négation d'un quantificateur universel devient un quantificateur existentiel, et réciproquement :
\[ \neg \bigl(\forall x \in E,\ P(x)\bigr) \iff \exists x \in E,\ \neg P(x), \]
\[ \neg \bigl(\exists x \in E,\ P(x)\bigr) \iff \forall x \in E,\ \neg P(x). \]
**Rédaction**:
- Pour montrer que « $\forall x \in E,\ P(x)$ », on considère un élément arbitraire $x \in E$ et l'on montre que $P(x)$ est vraie. La rédaction est alors de la forme :
\[ \text{Soit } x \in E. \]
\[ \vdots \]
\[ \text{Donc } P(x). \]
Comme $x$ a été choisi arbitrairement dans $E$, on conclut que
\[ \forall x \in E,\ P(x). \]
- Pour montrer que « $\exists x \in E,\ P(x)$ », il suffit d'exhiber un élément de $E$ vérifiant $P$. La rédaction est alors de la forme :
\[ \text{Posons } x = \cdots \]
Puis on vérifie que $P(x)$ est vraie.
On conclut alors que
\[ \exists x \in E,\ P(x). \]
- Pour montrer « $\exists !\, x \in E,\ P(x)$ », on procède en deux étapes :
1) On montre l'existence d'un élément $x \in E$ tel que $P(x)$ soit vraie.
2) On montre l'unicité de cet élement $x$ : si $x,y \in E$ vérifient tous deux $P$, alors $x=y.$
On conclut alors que
\[ \exists !\, x \in E,\ P(x). \]
### Remarque
- Contrairement aux quantificateurs universels et d'existences, le quantificateur d'unicité n'est pas fondamental. En effet, il peut être défini à l'aide des seuls quantificateurs $\exists$ et $\forall$ ainsi que des connecteurs logiques :
\[ \exists !\, x \in E,\ P(x) \iff \exists x \in E, \, \Bigl( P(x) \land \forall y \in E,\, \bigl(P(y)\Rightarrow y=x\bigr) \Bigr). \]