Ivan Shishkin, Birch Grove

Quantificateurs

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Français
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Les quantificateurs sont le langage des mathématiques. Ils sont ce que les lettres sont à l’alphabet.

Définition

On distingue généralement trois quantificateurs :

  1. Le quantificateur universel\emph{universel} : Ce quantificateur est noté « \forall » et se lit « pour tout ». Le prédicat
    xE, P(x)\forall x \in E,\ P(x)est vrai si et seulement si P(x)P(x) est vrai pour tout élément xx de EE.
  2. Le quantificateur existentiel\emph{existentiel} : Ce quantificateur est noté « \exists » et se lit « il existe ». Le prédicat
    xE, P(x)\exists x \in E,\ P(x)est vrai si et seulement si il existe au moins un élément xx de EE pour lequel P(x)P(x) est vrai.
  3. Le quantificateur d'uniciteˊ\emph{unicité} : Ce quantificateur est noté « !\exists ! » et se lit « il existe un unique ».Le prédicat
    !xE, P(x)\exists !\,x \in E,\ P(x)est vrai si et seulement si il existe exactement un élément xx de EE vérifiant P(x)P(x).

Règles fondamentales:

  • On peut échanger deux quantificateurs universels consécutifs sans modifier la signification du prédicat. Ainsi,
    xR, yR, P(x,y)\forall x \in \mathbb{R},\ \forall y \in \mathbb{R},\ P(x,y)est équivalent à
    yR, xR, P(x,y).\forall y \in \mathbb{R},\ \forall x \in \mathbb{R},\ P(x,y).Par souci de concision, on écrit souvent
    x,yR, P(x,y)\forall x,y \in \mathbb{R},\ P(x,y)à la place de
    xR, yR, P(x,y).\forall x \in \mathbb{R},\ \forall y \in \mathbb{R},\ P(x,y).Il en va de même pour l’échange entre deux quantificateurs existentielles successifs ou pour l’échange entre deux quantificateurs d’unicité successifs.
    Attention : On ne peut généralement pas permuter un quantificateur universel et un quantificateur existentiel.
    Exemple :
    Considérons les deux propositions suivantes :
    A:nN, mN,m>n,A : \forall n \in \mathbb{N},\ \exists m \in \mathbb{N},\quad m > n,B:nN, mN,n>m.B : \exists n \in \mathbb{N},\ \forall m \in \mathbb{N},\quad n > m. L’ordre des quantificateurs est différent, ce qui modifie complètement le sens des propositions.
    La première proposition AA signifie : Pour tout entier naturel nn, il existe un entier naturel strictement plus grand que nn. Cette proposition est vraie : il suffit par exemple de choisir m=n+1m=n+1.

    La seconde proposition BB signifie : Il existe un entier naturel strictement plus grand que tous les entiers naturels. Cette proposition est fausse : aucun entier naturel n’est plus grand que tous les autres.

  • La négation d’un quantificateur universel devient un quantificateur existentiel, et réciproquement :
    ¬(xE, P(x))    xE, ¬P(x),\neg \bigl(\forall x \in E,\ P(x)\bigr) \iff \exists x \in E,\ \neg P(x),¬(xE, P(x))    xE, ¬P(x).\neg \bigl(\exists x \in E,\ P(x)\bigr) \iff \forall x \in E,\ \neg P(x).

Rédaction:

  • Pour montrer que « xE, P(x)\forall x \in E,\ P(x) », on considère un élément arbitraire xEx \in E et l’on montre que P(x)P(x) est vraie. La rédaction est alors de la forme :
    Soit xE.\text{Soit } x \in E.\vdotsDonc P(x).\text{Donc } P(x).Comme xx a été choisi arbitrairement dans EE, on conclut que
    xE, P(x).\forall x \in E,\ P(x).
  • Pour montrer que « xE, P(x)\exists x \in E,\ P(x) », il suffit d’exhiber un élément de EE vérifiant PP. La rédaction est alors de la forme :
    Posons x=\text{Posons } x = \cdots

Puis on vérifie que P(x)P(x) est vraie.
On conclut alors que
xE, P(x).\exists x \in E,\ P(x).

  • Pour montrer « !xE, P(x)\exists !\, x \in E,\ P(x) », on procède en deux étapes :
  1. On montre l’existence d’un élément xEx \in E tel que P(x)P(x) soit vraie.
  2. On montre l’unicité de cet élement xx : si x,yEx,y \in E vérifient tous deux PP, alors x=y.x=y.
    On conclut alors que
    !xE, P(x).\exists !\, x \in E,\ P(x).

Remarque

  • Contrairement aux quantificateurs universels et d’existences, le quantificateur d’unicité n’est pas fondamental. En effet, il peut être défini à l’aide des seuls quantificateurs \exists et \forall ainsi que des connecteurs logiques :
    !xE, P(x)    xE,(P(x)yE,(P(y)y=x)).\exists !\, x \in E,\ P(x) \iff \exists x \in E, \, \Bigl( P(x) \land \forall y \in E,\, \bigl(P(y)\Rightarrow y=x\bigr) \Bigr).

Practice this concept with exercises

  • Soit f:RRf:\mathbb{R}\to\mathbb{R}. Écrire à l’aide de quantificateurs les propriétés suivantes :

    1. ff est nulle sur R\mathbb{R},
    2. ff s’annule sur R\mathbb{R},
    3. ff est croissante sur R\mathbb{R},
    4. ff est strictement croissante sur R\mathbb{R}.
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