Montrons que la limite existe toujours dans [0,+∞], mais sa valeur dépend de la condition initiale y(0). On la calcule exactement en diagonalisant le système.
Le système s’écrit y′=Py, où P est la matrice de permutation définie par (Py)i=yσ(i). Donc y(t)=etPy(0).
La matrice P est orthogonale, donc normale. Elle est diagonalisable dans une base orthonormée de Cn, et ses valeurs propres sont des racines de l’unité. Notons πω les projecteurs orthogonaux sur ses espaces propres. On a alors y(t)=ω∑eωtπωy(0),et, par orthogonalité des espaces propres, ∥y(t)∥2=ω∑e2tReω∥πωy(0)∥2.
Décomposons σ en cycles. Soit un cycle (a0,…,aℓ−1), avec aj+1=σ(aj). Le vecteur v défini par vaj=ωj sur ce cycle, et nul ailleurs, est propre pour ω=e2iπk/ℓ. On obtient ∥y(t)∥2=cycles∑k=0∑ℓ−1e2tcos(2πk/ℓ)⋅ℓ1j=0∑ℓ−1e−2iπjk/ℓyaj(0)2.
Notons cℓ,k les coefficients ℓ1∑je−2iπjk/ℓyaj(0)2. La fonction ∥y∥2 est une somme d’exponentielles à coefficients cℓ,k≥0, donc elle admet une limite. Trois cas se présentent :
La limite vaut +∞ si l’un des cℓ,k est non nul pour un indice tel que cos(2πk/ℓ)>0. • Sinon, la limite est finie et vaut t→+∞lim∥y(t)∥=(cos(2πk/ℓ)=0∑cℓ,k)1/2.
La limite vaut 0 si, en plus, tous ces coefficients sont nuls.
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