Preuve du théorème
Question 1.1 - Existence de la borne inférieure
- G∩R+∗ est non-vide. En effet, G est non-réduit à {0} par hypothèse, c’est-à-dire qu’il existe un élément x de G non-nul. Puisque G est un groupe, donc stable par passage à l’opposée, −x aussi est dans G. Parmi x et −x, un de ces deux éléments est strictement positif donc un de ces deux éléments est bien dans G∩R+∗.
- G∩R+∗ est minorée par 0.
Par la propriété de la borne inférieure, G∩R+∗ admet une borne inférieure que l’on note α.
De plus α≥0. En effet 0 est un minorant de G∩R+∗ et α est le plus grand minorant de G∩R+∗.
Question 1.2 - Cas monogène
Dans cette question seulement, on se place dans le cas où α>0.
Supposons par l’absurde que α∈/G∩R+∗.
Par caractérisation séquentielle de la borne inférieure, il existe une suite (αn)n∈N∈(G∩R+∗)N qui converge vers α.
Comme α minore G∩R+∗, on a ∀n∈N,α≤αn. De plus, α n’est pas dans G∩R+∗, on a plus précisément ∀n∈N,α<αn.
En prenant un epsilon ε1=2α , on a, à partir d’un certain rang (APCR), αn∈]α−ε1,α+ε1[=]2α,23α[,
APCR, αn∈]α,23α[⊂]α,2α[. Ce qui assure l’existence d’un αn1∈]α,2α[ avec un certain n1∈N.
En prenant un autre epsilon ε2=2αn1−α , on a APCR, αn∈]α,α+ε2[=]α,2αn1+α[⊂]α,αn1[ . Ce qui assure l’existence d’un αn2∈]α,αn1[ avec un certain n2∈N.
On a en résumé : α<αn2<αn1<2α
Comme αn1 et αn2 sont dans G, αn1−αn2 est dans G aussi car G est un groupe.
De plus, par l’inégalité ci-dessus : αn1−αn2∈ ]0,α[
Ainsi αn1−αn2∈G∩R+∗ et αn1−αn2<α.
Ce qui est contradictoire avec le fait que α minore tout élément de G∩R+∗.
Ainsi nous avons montré que α∈G∩R+∗.
Comme G est un groupe, ∀n∈Z,nα∈G. Ce qui signifie que αZ⊂G.
Montrons réciproquement que G⊂αZ
Soit x∈G
On pose n=⌊αx⌋,
on a l’encadrement suivant : n≤αx<n+1 , c’est-à-dire nα≤x<nα+α
ou encore 0≤x−nα<α
x et nα sont dans G donc x−nα est encore dans G comme G est un groupe.
Comme α minore G∩R+∗, la seule valeur possible pour x−nα est x−nα=0.
Ce qui donne x=nα∈αZ
Ainsi G⊂αZ
Par double-inclusion, on conclut que G=αZ.
Question 1.3 - Cas dense
Dans cette question seulement, on se place dans le cas où α=0.
On souhaite montrer que G est dense. Soient a et b dans R, montrons qu’il existe un élément de G dans ]a,b[.
Soit ε=b−a. ε ne minore pas G∩R+∗, il existe donc un x∈G∩R+∗ strictement plus petit que ε.
Comme G est un groupe et comme ⌊xa⌋+1∈Z, (⌊xa⌋+1)x∈G. On note y cet élément de G
Par encadrement de la partie entière :
(xa)x<(⌊xa⌋+1)x≤(xa+1)x
a<y≤a+x<a+ε=b
On conclut que y∈]a,b[
G est dense dans R.
Quelques applications
Question 2.1 - Somme de deux groupes monogènes
Supposons d’abord que ba∈Q
Ils existent donc p et q dans Z∗ premiers entre-eux tels que ba=qp.
Montrons que dans le cas où ba∈Q, aZ+bZ=qbZ
Soit x∈aZ+bZ
Ils existent n1 et n2 dans Z tels que x=an1+bn2
bx=ban1+n2
qbx=pn1+qn2∈Z
x=qb(pn1+qn2)∈qbZ
Soit x∈qbZ
Il existe n∈Z tel que x=qbn
Comme p et q sont premiers entre-eux, d’après le théorème de Bachet-Bézout, ils existent deux entiers u et v tels que pu+qv=1
A partir de cette relation, qbn(pu+qv)=qbn
anu+bnv=x
Nous avons bien x∈aZ+bZ
En conclusion nous avons aZ+bZ=qbZ
Montrons maintenant la réciproque du théorème. On montre la contraposée de la réciproque.
Soit ba∈R∖Q
Supposons par l’absurde que aZ+bZ est monogène, c’est-à-dire qu’il existe un réel positif α tel que aZ+bZ=αZ
a=a⋅1+b⋅0∈aZ+bZ=αZ donc il existe un entier n1 tel que a=n1α
De même, il existe un entier n2 tel que b=n2α
En passant au quotient, ba=n2αn1α=n2n1∈Q
Ce qui est contradictoire avec le fait que ba∈/Q
Ainsi on conclut grâce à la caractérisation des sous-groupes de (R,+) que nous avons démontré en première partie de ce problème que aZ+bZ est dense dans R.
Question 2.2 - Densité d’ensembles trigonométriques
Le résultat de la question précédente nous permet de dire que Z+2πZ et Z+πZ sont dense dans R en admettant l’irrationnalité de π.
Montrons que l’ensemble {cos(n) ; n∈N} est dense dans [−1,1].
Soit x∈[−1,1]. Montrons qu’il existe une suite d’éléments de cet ensemble convergeant vers x.
Par surjectivité de cos de R sur [−1,1], il existe un θ∈R tel que x=cos(θ).
Par densité de Z+2πZ sur R, il existe une suite (θn)n∈(Z+2πZ)N qui converge vers θ.
Comme, pour tout n∈N, θn∈Z+2πZ , ils existent an∈Z et bn∈Z telles ques ∀n∈N,θn=an+2πbn
Par continuité du cosinus : n→+∞limcos(θn)=cos(θ)=x
Par ailleurs, par 2π-périodicité et par parité du cosinus : ∀n∈N,cos(θn)=cos(an+2πbn)=cos(∣an∣)
Ainsi nous avons trouvé une suite d’éléments de {cos(n) ; n∈N} convergeant vers x, c’est la suite (cos(∣an∣))n
De même, on montre que {sin(n) ; n∈Z} et {tan(n) ; n∈Z} sont respectivement denses dans [−1,1] et R en utilisant respectivement la 2π-périodicité du sinus et la π-périodicité de la tangente.
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