Ivan Shishkin, Rye (1878)

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Continue sur un intervalle + injective => strictement monotone

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Solution by darktoaster · FR

1. L’importance des hypothèses

1.1)\textbf{1.1)} Prendre la fonction carrée sur [1,1][-1,1]. Elle est continue sur cet intervalle mais elle n’est pas strictement monotone. En effet elle est strictement décroissante sur [1,0][-1,0] puis strictement croissante sur [0,1][0,1]. On remarque en effet qu’il manque à la fonction carrée l’injectivité sur [1,1][-1,1].
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1.2)\textbf{1.2)} Prendre la fonction ff définie sur [0,2][0,2] par x[0,1[,f(x)=x\forall x \in [0,1[, f(x) = x et x[1,2],f(x)=4x\forall x\in [1,2], f(x) = 4 - x
ff est définie sur un intervalle et y est injective, mais elle n’est pas strictement monotone. En effet elle est strictement croissante sur [0,1[[0,1[ puis strictement décroissante sur [1,2][1,2]. On remarque en effet qu’il manque la continuité en 11 de la fonction.
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1.3)\textbf{1.3)} Prendre la fonction ff définie sur [0,1][2,3][0,1] \cup [2,3] par x[0,1],f(x)=x\forall x \in [0,1], f(x) = x et x[2,3],f(x)=5x\forall x \in [2,3], f(x) = 5 - x
ff est continue sur son ensemble de définition et y est injective. En revanche ff n’est pas strictement monotone, en effet elle est strictement croissante sur [0,1][0,1] et strictement décroissante sur [2,3][2,3]. En effet l’ensemble de définition de ff n’est pas un intervalle.
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2. Démonstration du théorème

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Supposons par l’absurde que f(x)f(y)f(x) \ge f(y)

Expliquons d’abord en quoi la fonction φ\varphi donnée est bien définie.
Comme II est un intervalle et que aa et xx sont dans II, le segment reliant les points aa et xx est entièrement contenu dans II. De même pour le segment reliant bb et yy.
Ainsi t[0,1],ty+(1t)bI\forall t \in [0,1], ty + (1-t)b \in I et t[0,1],tx+(1t)aI\forall t \in [0,1], tx + (1-t)a \in I
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On montre que φ\varphi s’annule sur [0,1][0,1] en un point t0t_0 grâce au théorème des valeurs intermédiaires :

  • φ(0)=f(b)f(a)>0\varphi(0) = f(b) - f(a) > 0
  • φ(1)=f(x)f(y)0\varphi(1) = f(x) - f(y) \le 0
  • φ\varphi est continue sur [0,1][0,1] car ff est continue.
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    On évalue φ\varphi en t0t_{0} : φ(t0)=f(t0y+(1t0)b)f(t0x+(1t0)a)=0\varphi(t_{0}) = f(t_{0} y + (1 - t_{0}) b) - f(t_{0} x + (1-t_{0})a) = 0
    Puis on réarrange l’égalité : f(t0y+(1t0)b)=f(t0x+(1t0)a)f(t_{0} y + (1 - t_{0})b) = f(t_{0} x + (1-t_{0})a)
    Comme ff est injective : t0y+(1t0)b=t0x+(1t0)at_{0}y + (1-t_{0})b = t_{0} x + (1-t_{0})a
    Puis on réarrange : t0(yx)+(1t0)(ba)=0t_{0}(y - x) + (1 - t_{0})(b - a) = 0
    Parmi t0t_{0} et 1t01 - t_{0} qui sont tous deux positifs, au moins un des deux éléments est strictement positif. Comme yx>0y- x > 0 et ba>0b- a>0 alors la somme t0(yx)+(1t0)(ba)t_{0}(y - x) + (1 - t_{0})(b - a) est une somme de termes positifs dont un des termes l’est strictement donc t0(yx)+(1t0)(ba)>0t_{0}(y - x) + (1 - t_{0})(b - a) > 0. Ce qui est contradictoire avec le fait que cette somme doit être nulle.
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    Ainsi on achève le raisonnement par l’absurde : f(x)<f(y)f(x) < f(y)
    ff est strictement croissante.
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    Si on a supposé à la place f(a)>f(b)f(a) > f(b)
    On multiplie par 1-1 dans l’inégalité pour avoir : f(a)<f(b)-f(a) < -f(b)
    f-f est continue et injective sur II, donc on applique le résultat prouvé pour f-f et ensuite on multiplie par 1-1 : (x,y)I2,(x<y)(f(x)<f(y))(f(x)>f(y))\forall (x,y) \in I^{2}, (x < y) \Rightarrow (-f(x) < -f(y)) \Leftrightarrow (f(x) > f(y))
    ff est strictement décroissante.

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