1. L’importance des hypothèses
1.1) Prendre la fonction carrée sur [−1,1]. Elle est continue sur cet intervalle mais elle n’est pas strictement monotone. En effet elle est strictement décroissante sur [−1,0] puis strictement croissante sur [0,1]. On remarque en effet qu’il manque à la fonction carrée l’injectivité sur [−1,1].
1.2) Prendre la fonction f définie sur [0,2] par ∀x∈[0,1[,f(x)=x et ∀x∈[1,2],f(x)=4−x
f est définie sur un intervalle et y est injective, mais elle n’est pas strictement monotone. En effet elle est strictement croissante sur [0,1[ puis strictement décroissante sur [1,2]. On remarque en effet qu’il manque la continuité en 1 de la fonction.
1.3) Prendre la fonction f définie sur [0,1]∪[2,3] par ∀x∈[0,1],f(x)=x et ∀x∈[2,3],f(x)=5−x
f est continue sur son ensemble de définition et y est injective. En revanche f n’est pas strictement monotone, en effet elle est strictement croissante sur [0,1] et strictement décroissante sur [2,3]. En effet l’ensemble de définition de f n’est pas un intervalle.
2. Démonstration du théorème
Supposons par l’absurde que f(x)≥f(y)
Expliquons d’abord en quoi la fonction φ donnée est bien définie.
Comme I est un intervalle et que a et x sont dans I, le segment reliant les points a et x est entièrement contenu dans I. De même pour le segment reliant b et y.
Ainsi ∀t∈[0,1],ty+(1−t)b∈I et ∀t∈[0,1],tx+(1−t)a∈I
On montre que φ s’annule sur [0,1] en un point t0 grâce au théorème des valeurs intermédiaires :
- φ(0)=f(b)−f(a)>0
- φ(1)=f(x)−f(y)≤0
- φ est continue sur [0,1] car f est continue.
On évalue φ en t0 : φ(t0)=f(t0y+(1−t0)b)−f(t0x+(1−t0)a)=0
Puis on réarrange l’égalité : f(t0y+(1−t0)b)=f(t0x+(1−t0)a)
Comme f est injective : t0y+(1−t0)b=t0x+(1−t0)a
Puis on réarrange : t0(y−x)+(1−t0)(b−a)=0
Parmi t0 et 1−t0 qui sont tous deux positifs, au moins un des deux éléments est strictement positif. Comme y−x>0 et b−a>0 alors la somme t0(y−x)+(1−t0)(b−a) est une somme de termes positifs dont un des termes l’est strictement donc t0(y−x)+(1−t0)(b−a)>0. Ce qui est contradictoire avec le fait que cette somme doit être nulle.
Ainsi on achève le raisonnement par l’absurde : f(x)<f(y)
f est strictement croissante.
Si on a supposé à la place f(a)>f(b)
On multiplie par −1 dans l’inégalité pour avoir : −f(a)<−f(b)
−f est continue et injective sur I, donc on applique le résultat prouvé pour −f et ensuite on multiplie par −1 : ∀(x,y)∈I2,(x<y)⇒(−f(x)<−f(y))⇔(f(x)>f(y))
f est strictement décroissante.
No messages yet.