Ivan Shishkin, Rye (1878)

Problems/Linear algebraUnreviewed

Continuité de la décomposition de Dunford

by Baked_Baguette·
55
Difficulty scaleÉchelle de difficulté

This score reflects both the level of the required concepts and the difficulty of the solution.Ce score tient compte à la fois du niveau des notions nécessaires et de la difficulté de la résolution.

  1. 110First steps / middle schoolPremiers pas / collège
  2. 1125Beginner / high schoolDébutant / lycée
  3. 2650Intermediate / undergraduateIntermédiaire / licence
  4. 5170Advanced / graduateAvancé / master
  5. 7190Expert / specializedExpert / spécialisé
  6. 91100Research levelNiveau recherche
These levels are approximate guides.Ces niveaux sont des repères approximatifs.
·
Français

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On peut envisager une généralisation en dimension nn quelconque de l’énoncé suivant. Le choix de n=2n = 2 permet ici une résolution allégée et plus agréable.

  1. Soit MM dans M2(C)\mathcal{M}_{2}(\mathbf{C}). Montrer qu’il existe un unique couple (DM,NM)(D_{M}, N_{M}) d’éléments de M2(C)\mathcal{M}_{2}(\mathbf{C}) tels que M=DM+NMM = D_{M} + N_{M}, DMD_{M} et NMN_{M} commutent, DMD_{M} est diagonalisable et NMN_{M} est nilpotente.
  2. Quels sont les points de continuité sur M2(C)\mathcal{M}_{2}(\mathbf{C}) de l’application M(DM,NM)M \mapsto (D_{M}, N_{M}) ?
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  1. RMS (Oral X PC 2025)
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Solution by Baked_Baguette

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NB : On sera amené à noter λ,μ\lambda, \mu les valeurs propres de MM et λ,μ\lambda', \mu' les valeurs propres d’une autre matrice MM'.

Solution de 1.

a) Si λμ\lambda \neq \mu, MM est diagonalisable et le couple (M,0)(M, 0) convient. Inversement, si le couple (DM,NM)(D_{M}, N_{M}) convient, les matrices MM et DMD_{M} commutent et sont codiagonalisables, de sorte que NM=MDMN_{M} = M - D_{M} soit diagonaliable. Étant nilpotente, elle est nulle, d’où l’unicité dans ce cas.

b) Si λ=μ\lambda = \mu, le couple (λI2,MλI2)(\lambda I_{2}, M - \lambda I_{2}) convient. Inversement, si le couple (DM,NM)(D_{M}, N_{M}) convient, une coréduction de DMD_{M} et NMN_{M} justifie que DMD_{M} a le même spectre que MM, donc que DM=λI2D_{M} = \lambda I_{2}, d’où l’unicité à nouveau.

Solution de 2.

On démontre que les points de continuité de l’application étudiée sont exactement les matrices diagonalisables.

a) D’abord, si MM n’est pas diagonalisable, i.e. NM0N_{M} \neq 0, on peut remarquer que MM est limite de matrices diagonalisables MkM_{k} (argument de densité) i.e. telles que NMk=0N_{M_{k}} = 0, d’où la discontinuité.

b) Supposons λμ\lambda \neq \mu (en particulier, MM est diagonalisable). Remarquons via le polynôme caractéristique que λμ\lambda \neq \mu si et seulement si (TrM)24detM0(\mathrm{Tr}\,M)^{2} - 4 \det M \neq 0 ; de telles matrices forment donc un ouvert de M2(C)\mathcal{M}_{2}(\mathbf{C}). En particulier, NM=NM=0N_{M'} = N_{M} = 0 dès que MM' est suffisamment proche de MM, d’où la continuité.

c) Supposons enfin λ=μ\lambda = \mu et MM diagonalisable, c’est-à-dire M=λI2M = \lambda I_{2}. Si MM2(C)M' \in \mathcal{M}_{2}(\mathbf{C}) et λμ\lambda ' \neq \mu', on remarque que DMDM=MMD_{M} - D_{M'} = M-M'. Sinon, DMDM1=TrMTrM\lVert D_{M} - D_{M'} \rVert_{1} = |\mathrm{Tr}\, M - \mathrm{Tr}\, M'| en notant 1\lVert \cdot \rVert_{1} la norme 11 standard de M2(C)\mathcal{M}_{2}(\mathbf{C}). Dans tous les cas : DMDMD_{M'} \to D_{M} quand MMM' \to M, ce qui conclut.

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