Tout d’abord, si E est vide, alors E ne peut pas être muni d’une structure de groupe par défaut d’élément neutre.
Considérons E=∅ et notons n∈N∗ le cardinal de E. Le groupe (Z/nZ,+) étant de même cardinal que E, on peut trouver une bijection de E dans Z/nZ que l’on notera φ.
On considère alors l’application τ:E×E⟶E définie comme suit :
∀(x,y)∈E2,τ(x,y)=φ−1(φ(x)+φ(y)).Nous vérifions alors que (E,τ) est un groupe.
Notons 0 l’élément neutre de (Z/nZ,+), et posons
e:=φ−1(0)∈E.
Montrons d’abord l’associativité. Soit (x,y,z)∈E3. Par définition de τ, on a
φ(τ(x,y))=φ(x)+φ(y). Donc
φ(τ(τ(x,y),z))=φ(τ(x,y))+φ(z)=(φ(x)+φ(y))+φ(z)=φ(x)+(φ(y)+φ(z))=φ(x)+φ(τ(y,z))=φ(τ(x,τ(y,z))). Comme φ est injective, il vient
τ(τ(x,y),z)=τ(x,τ(y,z)). Ainsi τ est associative.
Vérifions l’existence d’un élément neutre. Pour tout x∈E,
φ(τ(e,x))=φ(e)+φ(x)=0+φ(x)=φ(x), donc, par injectivité de φ,
τ(e,x)=x. De même,
φ(τ(x,e))=φ(x)+φ(e)=φ(x)+0=φ(x), d’où
τ(x,e)=x. Ainsi e est un élément neutre bilatère pour τ.
Vérifions enfin l’existence d’un inverse pour tout élément. Soit x∈E. Dans le groupe (Z/nZ,+), l’élément φ(x) admet pour inverse additif l’élément −φ(x). Posons
y:=φ−1(−φ(x))∈E. Alors
φ(τ(x,y))=φ(x)+φ(y)=φ(x)−φ(x)=0=φ(e), donc, par injectivité de φ,
τ(x,y)=e. De même,
φ(τ(y,x))=φ(y)+φ(x)=−φ(x)+φ(x)=0=φ(e), d’où
τ(y,x)=e. Ainsi tout élément de E admet un inverse bilatère pour τ.
Les trois axiomes sont donc satisfaits ; par conséquent, (E,τ) est un groupe (et il est même abélien).
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