Ivan Shishkin, Rye (1878)

Problems/General algebra

Du rien au groupe

by pietro.pende·
40
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  1. 1–10First steps / middle schoolPremiers pas / collège
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  3. 26–50Intermediate / undergraduateIntermédiaire / licence
  4. 51–70Advanced / graduateAvancé / master
  5. 71–90Expert / specializedExpert / spécialisé
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Soit EE un ensemble fini. Peut-on munir EE d’une structure de groupe ?

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Solutions

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Solution by Hugues Hott

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On peut généraliser à un ensemble non vide quelconque. Pour EE un ensemble non vide, si GG est un groupe qui lui est équipotent, en désignant par φ\varphi une bijection de EE dans GG, alors EE peut être muni d’une structure de groupe pour la loi x∗y=φ−1(φ(x)φ(y))x \ast y = \varphi^{-1}(\varphi(x)\varphi(y)). On peut d’ailleurs vérifier que φ\varphi devient alors naturellement un isomorphisme de groupes. L’exercice se ramène donc à savoir s’il existe ou non un groupe de tout cardinal.

Dans le cas fini, G=Z/nZG = \mathbb Z/n\mathbb Z est un groupe de taille nn pour tout n≥1n \geq 1.

Pour XX un ensemble infini de cardinal κ\kappa, on peut montrer que S(X)′={σ∈S(X)∣supp(σ) est fini}S(X)' = \{\sigma \in S(X) \mid \mathrm{supp}(\sigma) \text{ est fini}\} est un groupe de même cardinal. En effet, pour tout P2(X)P_{2}(X) s’injecte dans S(X)′S(X)' via {x,y}↦(x y)\{x,y\} \mapsto (x~y), d’où ∣S(X)∣′≥∣P2(X)∣=κ|S(X)|' \geq |P_{2}(X)| = \kappa.
Réciproquement, soit σ∈S(X)′\sigma \in S(X)', alors σ\sigma est entièrement déterminée par son support EE et σ∣E\sigma_{\mid E} une bijection de S(E)S(E) sans point fixen d’où une injection de S(X)′S(X)' dans ⋃E⊂P(X)EfiniS(E)\displaystyle \bigcup_{\substack{E \subset P(X) \\ E \text{fini}}} S(E), ce qui donne :
∣S(X)′∣≤∑E⊂P(X)Efini∣S(E)∣=∑n=0∞(∑E∈Pn(X)n!)=κ|S(X)'| \leq \sum_{\substack{E \subset P(X) \\ E \text{fini}}} |S(E)| = \sum_{n=0}^{\infty} \left( \sum_{E \in P_{n}(X)} n! \right) = \kappaFinalement S(X)′S(X)' est de cardinal κ\kappa, et est bien sûr un sous-groupe de S(X)S(X). On aurait pu considérer le groupe libre Z(X)\mathbb{Z}^{(X)}.

Solution by pietro.pende

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Tout d’abord, si EE est vide, alors EE ne peut pas être muni d’une structure de groupe par défaut d’élément neutre.
Considérons E≠∅E \neq \varnothing et notons n∈N∗n \in \mathbb{N}^{*} le cardinal de EE. Le groupe (Z/nZ,+)(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z},+) étant de même cardinal que EE, on peut trouver une bijection de EE dans Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} que l’on notera φ\varphi.
On considère alors l’application τ:E×E⟶E\tau : E \times E \longrightarrow E définie comme suit :
∀(x,y)∈E2,τ(x,y)=φ−1(φ(x)+φ(y))  .\forall(x,y) \in E^2, \quad \tau(x,y) = \varphi^{-1} \left( \varphi(x) + \varphi(y)\right) \;.Nous vérifions alors que (E,τ)(E,\tau) est un groupe.
Notons 0‾\overline{0} l’élément neutre de (Z/nZ,+)(\Z/n\Z,+), et posons
e:=φ−1(0‾)∈E.e:=\varphi^{-1}(\overline{0})\in E.

Montrons d’abord l’associativité. Soit (x,y,z)∈E3(x,y,z)\in E^3. Par définition de τ\tau, on a
φ(τ(x,y))=φ(x)+φ(y).\varphi(\tau(x,y))=\varphi(x)+\varphi(y). Donc
φ(τ(τ(x,y),z))=φ(τ(x,y))+φ(z)=(φ(x)+φ(y))+φ(z)=φ(x)+(φ(y)+φ(z))=φ(x)+φ(τ(y,z))=φ(τ(x,τ(y,z))).\begin{aligned} \varphi\bigl(\tau(\tau(x,y),z)\bigr) &=\varphi(\tau(x,y))+\varphi(z)\\ &=(\varphi(x)+\varphi(y))+\varphi(z)\\ &=\varphi(x)+(\varphi(y)+\varphi(z))\\ &=\varphi(x)+\varphi(\tau(y,z))\\ &=\varphi\bigl(\tau(x,\tau(y,z))\bigr). \end{aligned} Comme φ\varphi est injective, il vient
τ(τ(x,y),z)=τ(x,τ(y,z)).\tau(\tau(x,y),z)=\tau(x,\tau(y,z)). Ainsi τ\tau est associative.

Vérifions l’existence d’un élément neutre. Pour tout x∈Ex\in E,
φ(τ(e,x))=φ(e)+φ(x)=0‾+φ(x)=φ(x),\varphi(\tau(e,x)) = \varphi(e)+\varphi(x) = \overline{0}+\varphi(x) = \varphi(x), donc, par injectivité de φ\varphi,
τ(e,x)=x.\tau(e,x)=x. De même,
φ(τ(x,e))=φ(x)+φ(e)=φ(x)+0‾=φ(x),\varphi(\tau(x,e)) = \varphi(x)+\varphi(e) = \varphi(x)+\overline{0} = \varphi(x), d’où
τ(x,e)=x.\tau(x,e)=x. Ainsi ee est un élément neutre bilatère pour τ\tau.

Vérifions enfin l’existence d’un inverse pour tout élément. Soit x∈Ex\in E. Dans le groupe (Z/nZ,+)(\Z/n\Z,+), l’élément φ(x)\varphi(x) admet pour inverse additif l’élément −φ(x)-\varphi(x). Posons
y:=φ−1(−φ(x))∈E.y:=\varphi^{-1}(-\varphi(x))\in E. Alors
φ(τ(x,y))=φ(x)+φ(y)=φ(x)−φ(x)=0‾=φ(e),\varphi(\tau(x,y)) = \varphi(x)+\varphi(y) = \varphi(x)-\varphi(x) = \overline{0} = \varphi(e), donc, par injectivité de φ\varphi,
τ(x,y)=e.\tau(x,y)=e. De même,
φ(τ(y,x))=φ(y)+φ(x)=−φ(x)+φ(x)=0‾=φ(e),\varphi(\tau(y,x)) = \varphi(y)+\varphi(x) = -\varphi(x)+\varphi(x) = \overline{0} = \varphi(e), d’où
τ(y,x)=e.\tau(y,x)=e. Ainsi tout élément de EE admet un inverse bilatère pour τ\tau.

Les trois axiomes sont donc satisfaits ; par conséquent, (E,τ)(E,\tau) est un groupe (et il est même abélien).

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