Ivan Shishkin, Rye (1878)

Discussions

Familles de matrices inversibles dans Mn(Z)\mathcal{M}_n(\mathbb{Z})

0 messages

Solution

Solution by Uettechat · FR

Considérons le polynôme en kk: P(k):=det⁡(A+kB)P(k):=\det(A+kB)
On peut montrer que si A∈Mn(Z)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{Z}), on a l’équivalence (voir problèmes liés):
A inversible dans Mn(Z)⟺det⁡(A)∈{−1,1}A \text{ inversible dans } \mathcal{M}_n(\mathbb{Z}) \Longleftrightarrow \det(A) \in \{-1,1\}Ainsi, on sait que ∀j∈{k∈Z,A+kB∈GLn(Z)}=E,P(j)∈{−1,1}\forall j \in \{k \in \mathbb{Z}, A+kB \in \mathrm{GL}_n(\mathbb{Z}) \}=E, P(j) \in \{-1,1\}.

Montrons que PP est un polynôme constant.

Pour cela, montrons qu’un polynome de degré nn est entièrement déterminé par la donnée de n+1n+1 de ses points.
Autrement dit, si deux polynômes de degré nn coincident en n+1n+1 points distincts, alors il sont égaux.
Soient P,Q∈Kn[X]P,Q \in \mathbb{K_{n}}[X] tels que pour (a0,...,an)∈Kn distincts deux aˋ deux ,∀i=0,...,n,P(ai)=Q(ai)(a_{0},...,a_{n}) \in \mathbb{K^{n}} \text{ distincts deux à deux }, \forall i=0,...,n, P(a_{i})=Q(a_{i}).
Donc ∀i=0,...,n,(P−Q)(ai)=0\forall i=0,...,n, (P-Q)(a_{i})=0, et deg⁡(P−Q)≤n\deg(P-Q) \leq n
On a exposé n+1n+1 racines de P−QP-Q, de degré au plus nn, donc P−Q=0P-Q=0
On a bien prouvé que P=Q

(à noter que l’on pourrait utiliser directement les polynômes inyerpolateurs de Lagrange, ici la démonstration est faite sans connaitre l’existence de ceux-ci)
De plus, on note C={j∈E,P(j)=1}C=\{j \in E, P(j)=1\} et D={j∈E,P(j)=−1}D=\{j \in E, P(j)=-1\}.
Ainsi E=C∪DE=C \cup D, où l’union est disjointe.
Donc card⁡(E)=card⁡(C)+card⁡(D)≥2n+1\operatorname{card}(E)=\operatorname{card}(C)+\operatorname{card}(D) \geq 2n+1.
Si card⁡(C)≤n et card⁡(D)≤n\operatorname{card}(C) \leq n \text{ et } \operatorname{card}(D) \leq n, alors 2n+1≤card⁡(E)=card⁡(C)+card⁡(D)≤2n2n+1\leq\operatorname{card}(E)=\operatorname{card}(C)+\operatorname{card}(D) \leq 2n, ce qui est contradictoire, donc card⁡(C)≥n+1 ou card⁡(D)≥n+1\operatorname{card}(C) \geq n+1 \text{ ou } \operatorname{card}(D) \geq n+1 (ce ou est d’ailleurs exclusif)
Il vient donc 2 cas:

  1. si card⁡(C)≥n+1\operatorname{card}(C) \geq n+1, on connait n+1n+1 points notés a0,...,ana_{0},...,a_{n} tels que P(ai)=1P(a_{i})=1, et PP est de degré au plus n. Ainsi, comme montré précedemment, P=1P=1.
  2. Si card⁡(D)≥n+1\operatorname{card}(D) \geq n+1, on connait n+1n+1 points notés a0,...,ana_{0},...,a_{n} tels que P(ai)=−1P(a_{i})=-1, et PP est de degré au plus n. Ainsi, comme montré précedemment, P=−1P=-1.

Donc P∈{−1,1}P \in \{-1,1\}
Donc ∀k∈Z,det⁡(A+kB)=P(k)∈{−1,1}\forall k \in \mathbb{Z}, \det(A+kB)=P(k) \in \{-1,1\}
Donc ∀k∈Z,A+kB inversible dans Mn(Z)\forall k \in \mathbb{Z}, A+kB \text{ inversible dans } \mathcal{M}_n(\mathbb{Z}).

No messages yet.