Soient les polynômes de Z[X1,X2,...,Xn]
S1:=∑i=1nXi et Sp:=∑i=1nXip
D’après la formule du multinôme de Newton, tous les coefficients de Q:=S1p−Sp sont divisibles par p (car les nombres entiers p!/(k1!k2...kp!) où les ki<p avec k1+k2+...+kp=p sont tous divisibles par p car p est premier et par le lemme d’Euclide), de sorte qu’on peut écrire Q=pR avecR∈Z[X1,...,Xn].
Soit M une matrice de Mn(Z) et PM son polynôme caractéristique qui est un polynôme de Z[X] unitaire. Ses valeurs propres complexes sont donc des entiers algébriques. On rappelle que l’ensemble des entiers algébriques forme un anneau. On note λ1,...,λn les valeurs propres de M. Ainsi R(λ1,...λn) est un entier algébrique. Par ailleurs, on a S1(λ1,...,λn)=Tr(M) et
Sp(λ1,...λn)=Tr(Mp). Comme M est dans
Mn(Z), Tr(M),Tr(Mp) sont deux entiers relatifs, Q(λ1,...,λn) est un entier relatif puis R(λ1,...λn) est un rationnel, qui par ailleurs est un entier algébrique. Donc (rappel : tout entier algébrique qui est rationnel est un entier relatif), N:=R(λ1,...λn) est un entier relatif. Ainsi on a l’égalité Tr(M)p−Tr(Mp)=pN où tous les termes sont entiers, ce qui assure que Tr(Mp)=Tr(M) modulo p
et ceci quel que soit M∈Mn(Z).
Ainsi dans Z/pZ on a donc les égalités suivantes : ∀A,B∈Mn(Z),Tr((A+B)p)=Tr(A+B), Tr(Ap)=Tr(A) et Tr(Bp)=Tr(B) et comme Tr(A+B)=Tr(A)+Tr(B) dans Z donc dans Z/pZ, on en déduit que
Tr(A+B)p=Tr(Ap)+Tr(Bp) (égalité dans Z/pZ) ce qui achève la preuve.
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