Ivan Shishkin, Rye (1878)

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Aut(G)\mathrm{Aut}(G) est complet pour GG simple non abélien

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Solution

Solution by Hugues Hott · FR

a)\textbf{a)} GG est simple non abélien, d’où Z(G)Z(G) est trivial et IG/Z(G)GI \simeq G/Z(G) \simeq G est à son tour simple non abélien.
Soit σCA(I)\sigma \in C_A(I), alors σγgσ1=γσ(g)=γg\sigma \gamma_g \sigma^{-1} = \gamma_{\sigma({g})} = \gamma_g si et seulement si σ(g)g1Z(G)={e}\sigma(g)g^{-1} \in Z(G) = \{e\} pour tout gGg \in G, ce qui prouve que CA(I)C_A(I) est trivial. Comme Z(A)CA(I)Z(A) \subset C_A(I), il s’ensuit que Z(A)Z(A) est trivial.

b)\textbf{b)} Soit σAut(A)\sigma \in \mathrm{Aut}(A), σ(I)\sigma(I) est normal dans AA puisque II l’est, d’où N=Iσ(I)N = I \cap \sigma(I) est normal dans AA, donc dans II, et par simplicité de II, N={Id}N = \{Id\} ou N=IN = I. On considère [I,σ(I)][I, \sigma(I)], sous-groupe de NN puisque II et σ(I)\sigma(I) sont normaux dans AA.
Si N=IdN = Id, alors [I,σ(I)]=Id[I,\sigma(I)] = Id, d’où σ(I)\sigma(I) centralise II, c’est-à-dire σ(I)CA(I)={Id}\sigma(I) \subset C_A(I) = \{Id\}, on aurait alors, σ(I)=Id\sigma(I) = Id, absurde puisque II est non trivial.
Ainsi, N=IN = I et donc Iσ(I)I \subset \sigma(I), donnant bien σ(I)=I\sigma(I) = I par simplicité de σ(I)\sigma(I).

c)\textbf{c)} Montrons que α\alpha est un morphisme de groupes, pour tout g,hGg,h \in G, on a :
σ(γgγh)=γα(gh)=γα(g)γα(h)=σ(γg)σ(γh)\sigma(\gamma_g \gamma_h) = \gamma_{\alpha(gh)} = \gamma_{\alpha(g)}\gamma_{\alpha(h)} = \sigma(\gamma_g)\sigma(\gamma_h)D’où α(gh)=α(g)α(h)\alpha(gh) = \alpha(g)\alpha(h) puisque Z(G)Z(G) est trivial. Soit gGg \in G tel que α(g)=e\alpha(g) = e, alors σ(γg)=γe\sigma(\gamma_g) = \gamma_e, d’où γg=σ1(γe)=σ1(Id)=Id\gamma_g = \sigma^{-1}(\gamma_e) = \sigma^{-1}(Id) = Id, et donc g=eg = e ce qui montre l’injectivité de α\alpha. La surjectivité est claire puisque σ(I)=I\sigma(I) = I.

Soit γgI\gamma_g \in I, alors :
τ(γg)=σ(α1γgα)=σ(γα1(g))=γα(α1(g))=γg\tau(\gamma_g) = \sigma(\alpha^{-1}\gamma_g \alpha) = \sigma(\gamma_{\alpha^{-1}(g)}) = \gamma_{\alpha(\alpha^{-1}(g))} = \gamma_gCe qui montre bien que τI=Id\tau_{\mid I} = Id. On considère ensuite βA\beta \in A, alors d’une part :
τ(βγgβ1)=βγgβ1\tau(\beta \gamma_g \beta^{-1}) = \beta\gamma_g\beta^{-1}puisque βγgβ1I\beta \gamma_{g} \beta^{-1} \in I et τ\tau fixe II, et d’autre part :
τ(βγgβ1)=τ(β)γgτ(β1)\tau(\beta\gamma_g\beta^{-1}) = \tau(\beta)\gamma_g\tau(\beta^{-1})puisque τ\tau est un morphisme de groupes et fixe γgI\gamma_{g} \in I. On arrive finalement à l’égalité (τ(β)1β)γg(τ(β)1β)1=γg(\tau(\beta)^{-1}\beta)\gamma_g(\tau(\beta)^{-1}\beta)^{-1} = \gamma_g, d’où τ(β)1β\tau(\beta)^{-1}\beta centralise II, on a bien τ(β)=β\tau(\beta) = \beta et donc tout automorphisme de AA est intérieur.

On notera au passage que la complétude de Aut(G)\mathrm{Aut}(G) implique l’isomorphisme Aut(Aut(G))Aut(G)\mathrm{Aut}(\mathrm{Aut}(G)) \simeq \mathrm{Aut}(G).

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