Premièrement, la suite d’intégrales étudiée ressemble à la célèbre suite des intégrales de Walis mais on a pondéré chacune des intégrandes par une fonction continue f.
On a le résultat connu sur les intégrales de Walis suivant : ∫02πsinn(t)dtn→+∞∼2nπ On réadapte ce résultat en utilisant la symétrie du sinus en 2π pour agrandir le domaine d’intégration : ∫0πsinn(t)n→+∞∼22nπ puis en normalisant via le changement de variable affine t=πu : ∫01sinn(πu)du=π22nπ=πn2
Un premier découpage
Ensuite pour comprendre intuitivement d’où vient ce f(21), la fonction t↦sin(πt) atteint son maximum 1 en 21 et est à valeurs dans [0,1[ sur [0,1]∖{21}. Donc, ∀t∈[0,1],n→+∞lim(sin(πt))n={0, si t=211, si t=21 et même mieux par croissances comparées ∀t∈[0,1],n→+∞lim2πn(sin(πt))n={0, si t=21+∞, si t=21 Donc les fonctions gn:t↦2πnsinn(πt)f(t) se concentrent autour de la valeur 21.
On pose ∀n∈N,In=2πn∫01f(t)sinn(πt)dt
On casse l’intégrale en deux par linéarité de l’intégrale : In=An2πn∫01(f(t)−f(21))sinn(πt)dt+Bnf(21)2πn∫01sinn(πt)dt
On sait, comme dit dans le paragraphe précédent, que n→+∞limBn=f(21)
Il reste à montrer que n→+∞limAn=0
Un deuxième découpage
On souhaite montrer que (An)n∈N converge vers 0. Pour cela, on se ramène à la définition de la limite via les epsilons et on découpe l’intégrale en 3 en suivant l’idée que f(t)−f(21) est petit pour t proche de 21 et que 2πnsinn(πt) est proche de 0 pour les autres valeurs de t.
Soit ε>0
Comme f est continue en 21, il existe un α>0 tel que ∀t∈[21−α,21+α],f(t)−f(21)≤6ε On découpe An en 3 pour tout n∈N et on utilise l’inégalité triangulaire : ∀n∈N,∣An∣=2πn∫01(f(t)−f(21))sinn(πt)dt
≤2πn∫021−αf(t)−f(21)sinn(πt)dt +2πn∫21−α21+αf(t)−f(21)sinn(πt)dt +2πn∫21+α1f(t)−f(21)sinn(πt)dt On utilise la continuité de f en 21 et le fait que t↦sin(πt) est croissante sur [0,21−α]⊂[0,21] et est décroissante [21+α,1]⊂[21,1]. ∀n∈N,∣An∣ ≤2πnsinn(π(21−α))∫021−αf(t)−f(21)dt +2πn6ε∫21−α21+αsinn(πt)dt +2πnsinn(π(21+α))∫21+α1f(t)−f(21)dt
Etude du premier et du troisième termes
sin(π(21−α)) et sin(π(21+α)) sont dans [0,1[ ainsi n→+∞limsinnπ(21−α))=0 et n→+∞limsinnπ(21+α))=0,
de plus avec les croissances comparées et le fait que les intégrales ∫021−αf(t)−f(21)dt et ∫21+α1f(t)−f(21)dt sont indépendants de n, on a : n→+∞lim2πnsinn(π(21−α))∫021−αf(t)−f(21)dt=0 et n→+∞lim2πnsinn(π(21+α))∫21+α1f(t)−f(21)dt=0
Ils existent des rangs n1 et n3 tels que ∀n∈N≥n1,2πnsinn(π(21−α))∫021−αf(t)−f(21)dt≤3ε et ∀n∈N≥n3,2πnsinn(π(21+α))∫21+α1f(t)−f(21)dt≤3ε
Etude du deuxième terme
Il reste à traiter le terme 2πn6ε∫21−α21+αsinn(πt)dt
Par positivité de t↦sin(πt) sur [0,1], on a : ∀n∈N,2πn6ε∫21−α21+αsinn(πt)dt≤6ε2πn∫01sinn(πt)dt Comme n→+∞lim2πn∫01sinn(πt)=1 Donc à partir d’un certain rang n2, 2πn∫01sinn(πt)≤2
On a ainsi : ∀n∈N≥n2,2πn6ε∫21−α21+αsinn(πt)dt≤3ε
Conclusion
On pose n0=max(n1,n2,n3) ∀n∈N≥n0,∣An∣≤3ε+3ε+3ε=ε Donc n→+∞limAn=0
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