Ivan Shishkin, Rye (1878)

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Irrégularité des bases algébriques dans un espace de Banach

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Le corps de base est K=R\mathbb{K}=\mathbb{R} ou C\mathbb{C}.
Si XX est de dimension finie, B\mathcal{B} est finie et il n’y a rien à démontrer. On suppose donc XX de dimension infinie.

  1. Posons F={xB : x est continue}F=\{x\in\mathcal{B}\ :\ x^{*}\text{ est continue}\} et supposons par l’absurde FF infini. Choisissons une suite (xn)n1(x_n)_{n\geqslant 1} d’éléments deux à deux distincts de FF.
    Les vecteurs d’une base étant non nuls, on peut poser
    λn=12nxn>0,de sorte quen1λnxn=n12n=1<+.\lambda_n=\frac{1}{2^{n}\|x_n\|}>0,\qquad\text{de sorte que}\qquad \sum_{n\geqslant 1}\|\lambda_nx_n\|=\sum_{n\geqslant 1}2^{-n}=1<+\infty .La série nλnxn\sum_n\lambda_nx_n est absolument convergente ; comme XX est complet*, elle converge vers un vecteur
    v=n1λnxn X.v=\sum_{n\geqslant 1}\lambda_nx_n\ \in X .Fixons N1N\geqslant 1. La forme xNx_N^{*} est linéaire et continue, donc commute avec la limite des sommes partielles :
    xN(v)=limkxN(n=1kλnxn)=limkn=1kλnxN(xn)=λN.x_N^{*}(v)=\lim_{k\to\infty}x_N^{*}\Bigl(\sum_{n=1}^{k}\lambda_nx_n\Bigr)=\lim_{k\to\infty}\sum_{n=1}^{k}\lambda_n\,x_N^{*}(x_n)=\lambda_N .On obtient xN(v)=λN0x_N^{*}(v)=\lambda_N\neq 0 pour tout N1N\geqslant 1, c’est-à-dire une infinité de coordonnées non nulles pour vv dans la base B\mathcal{B}. Contradiction. Donc FF est fini. \blacksquare

  2. Vu la question 1, il suffit d’établir le résultat suivant,

Théorème. Sur un espace de Banach XX, toute forme linéaire borélienne est continue.

Lemme. Soit AXA\subseteq X possédant la propriété de Baire et non maigre. Alors AAA-A est un voisinage de 00.

Preuve. Écrivons A=UMA=U\,\triangle\,M avec UU ouvert et MM maigre. Si U=U=\varnothing, alors AMA\subseteq M serait maigre : donc UU\neq\varnothing, et il existe uXu\in X, r>0r>0 avec B(u,r)UB(u,r)\subseteq U.

Soit hXh\in X avec h<r\|h\|<r. Le point u+h2u+\frac{h}{2} appartient à B(u,r)B(u,r) et à B(u,r)+hB(u,r)+h, car ±h2<r\|{\pm}\frac{h}{2}\|<r ; donc V:=U(U+h)V:=U\cap(U+h) est un ouvert non vide. Or AUMA\supseteq U\setminus M et A+h(U+h)(M+h)A+h\supseteq(U+h)\setminus(M+h), d’où
A(A+h)  V(M(M+h)).A\cap(A+h)\ \supseteq\ V\setminus\bigl(M\cup(M+h)\bigr).L’ensemble M(M+h)M\cup(M+h) est maigre, et XX étant complet donc de Baire, un maigre ne peut contenir un ouvert non vide. Ainsi A(A+h)A\cap(A+h)\neq\varnothing : il existe a,aAa,a'\in A avec a=a+ha=a'+h, soit hAAh\in A-A. On a montré B(0,r)AAB(0,r)\subseteq A-A. \square

Preuve du théorème. Soit f:XKf:X\to\mathbb{K} linéaire borélienne, et
A=f1(BK(0,1)),A=f^{-1}\bigl(\overline{B_{\mathbb{K}}}(0,1)\bigr),borélien comme image réciproque d’un fermé, donc possédant la propriété de Baire.

AA est non maigre. Pour tout yXy\in X, il existe n1n\geqslant 1 avec f(y)n|f(y)|\leqslant n, c’est-à-dire f(y/n)1|f(y/n)|\leqslant 1 et ynAy\in nA. Donc X=n1nAX=\bigcup_{n\geqslant 1}nA. L’espace XX étant de Baire, l’un des nAnA est non maigre ; l’homothétie yy/ny\mapsto y/n étant un homéomorphisme, AA est non maigre.
Le lemme fournit r>0r>0 avec B(0,r)AAB(0,r)\subseteq A-A. Or, par linéarité, a,aAa,a'\in A entraîne f(aa)2|f(a-a')|\leqslant 2. Donc f2|f|\leqslant 2 sur B(0,r)B(0,r), et par homogénéité
yX,f(y)2ry.\forall y\in X,\qquad |f(y)|\leqslant\frac{2}{r}\,\|y\| .La forme ff est bornée, donc continue. \square

Revenons à la question. Si xx^{*} est borélienne, elle est continue par le théorème. L’ensemble des xBx\in\mathcal{B} telles que xx^{*} est borélienne est donc contenu dans FF, qui est fini d’après la question 1. \blacksquare

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