Le corps de base est K=R ou C.
Si X est de dimension finie, B est finie et il n’y a rien à démontrer. On suppose donc X de dimension infinie.
Posons F={x∈B : x∗ est continue} et supposons par l’absurde F infini. Choisissons une suite (xn)n⩾1 d’éléments deux à deux distincts de F.
Les vecteurs d’une base étant non nuls, on peut poser
λn=2n∥xn∥1>0,de sorte quen⩾1∑∥λnxn∥=n⩾1∑2−n=1<+∞.La série ∑nλnxn est absolument convergente ; comme X est complet*, elle converge vers un vecteur
v=n⩾1∑λnxn ∈X.Fixons N⩾1. La forme xN∗ est linéaire et continue, donc commute avec la limite des sommes partielles :
xN∗(v)=k→∞limxN∗(n=1∑kλnxn)=k→∞limn=1∑kλnxN∗(xn)=λN.On obtient xN∗(v)=λN=0 pour tout N⩾1, c’est-à-dire une infinité de coordonnées non nulles pour v dans la base B. Contradiction. Donc F est fini. ■
Vu la question 1, il suffit d’établir le résultat suivant,
Théorème. Sur un espace de Banach X, toute forme linéaire borélienne est continue.
Lemme. Soit A⊆X possédant la propriété de Baire et non maigre. Alors A−A est un voisinage de 0.
Preuve. Écrivons A=U△M avec U ouvert et M maigre. Si U=∅, alors A⊆M serait maigre : donc U=∅, et il existe u∈X, r>0 avec B(u,r)⊆U.
Soit h∈X avec ∥h∥<r. Le point u+2h appartient à B(u,r) et à B(u,r)+h, car ∥±2h∥<r ; donc V:=U∩(U+h) est un ouvert non vide. Or A⊇U∖M et A+h⊇(U+h)∖(M+h), d’où
A∩(A+h) ⊇ V∖(M∪(M+h)).L’ensemble M∪(M+h) est maigre, et X étant complet donc de Baire, un maigre ne peut contenir un ouvert non vide. Ainsi A∩(A+h)=∅ : il existe a,a′∈A avec a=a′+h, soit h∈A−A. On a montré B(0,r)⊆A−A. □
Preuve du théorème. Soit f:X→K linéaire borélienne, et
A=f−1(BK(0,1)),borélien comme image réciproque d’un fermé, donc possédant la propriété de Baire.
A est non maigre. Pour tout y∈X, il existe n⩾1 avec ∣f(y)∣⩽n, c’est-à-dire ∣f(y/n)∣⩽1 et y∈nA. Donc X=⋃n⩾1nA. L’espace X étant de Baire, l’un des nA est non maigre ; l’homothétie y↦y/n étant un homéomorphisme, A est non maigre.
Le lemme fournit r>0 avec B(0,r)⊆A−A. Or, par linéarité, a,a′∈A entraîne ∣f(a−a′)∣⩽2. Donc ∣f∣⩽2 sur B(0,r), et par homogénéité
∀y∈X,∣f(y)∣⩽r2∥y∥.La forme f est bornée, donc continue. □
Revenons à la question. Si x∗ est borélienne, elle est continue par le théorème. L’ensemble des x∈B telles que x∗ est borélienne est donc contenu dans F, qui est fini d’après la question 1. ■
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