On va utiliser l’argument de la diagonale de Cantor.
Supposons par l’absurde qu’il existe une énumération (un)n∈N∗ de [0,1[.
Pour tout n∈N∗, on note (un,i)i∈N∗ la suite des chiffres décimaux de un, de sorte que
un=0,un,1un,2un,3…
On définit l’application φ de [[0,9]] dans [[0,9]] par
φ(i)={i+1i−1si i<5,sinon.
Ainsi, φ ne possède aucun point fixe.
On considère alors le réel
x=0,x1x2x3…
où, pour tout n∈N∗,
xn=φ(un,n).
Par définition de φ, on a
∀n∈N∗,xn=un,n.
Ainsi, pour tout n∈N∗, les développements décimaux de x et de un diffèrent au moins par leur n-ième chiffre. Par conséquent,
∀n∈N∗,x=un.
On a donc x∈[0,1[, mais
x∈/{un∣n∈N∗},
ce qui contredit le fait que (un)n∈N∗ est une énumération de [0,1[.
Ainsi, [0,1[ n’est pas dénombrable.
Comme [0,1[⊂R, on en déduit que R n’est pas dénombrable. Il n’existe donc aucune bijection de R dans N.
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