On va s’inspirer de l’argument diagonal de Cantor pour montrer qu’il n’existe pas de surjection N→S(N). Soit φ:N→S(N) et montrons que φ n’est pas surjective en construisant un élément σ de S(N) qui n’est pas dans l’image de φ. Commençons naïvement : pour nous assurer que σ=φ(0) on peut tout simplement poser σ(0)∈N∖{φ(0)(0)} puis, plus généralement σ(n)∈N∖{φ(n)(n)}. Ce faisant on est bien assuré que σ∈/imφ mais rien ne garantit que σ soit injective ou surjective. On va alors forcer l’injectivité en posant σ(n)∈/N∖{φ(n)(n),σ(0),…,σ(n−1)}. Une fonction σ construite ainsi est injective. En effet, si i=j, disons i<j alors σ(j)∈N∖{σ(i)} donc σ(j)=σ(i). Cependant rien ne nous assure qu’elle est surjective, par exemple ajouter la condition ∀n∈N,σ(n)=0 est parfaitement compatible avec nos critères et fournit un élément σ non surjectif. On va alors poser
∀n∈N,σ(n)=min(N∖{φ(n)(n),σ(0),…,σ(n−1)}).Une telle application σ est bien définie car le minimum porte systématiquement sur une partie non vide de N. On sait déjà qu’une telle application σ n’est pas dans l’image de φ et qu’elle est injective. Pour conclure on va distinguer deux cas.
- Si (φ(n)(n))n∈N n’est pas constante à partir d’un certain rang. Dans ce cas on montre par récurrence (forte) la proposition H(m):"m∈imσ".
Initialisation. Soit n∈N tel que φ(n)(n)=0 alors σ(n)=0 ou alors il existe déjà k≤n,σ(k)=0. Dans tous les cas 0∈imσ.
Hypothèse de récurrence. Soit m∈N tel que ∀m′≤m,H(m′) vraie.
Hérédité. Soit n∈N tel que {0,…,m}⊆{σ(0),…,σ(n−1)} et φ(n)(n)=m+1 alors σ(n)=m+1 ou bien ∃k≤n,σ(k)=m+1.
Dans ce cas on a construit σ∈S(N)∖imφ donc φ n’est pas surjective.
- Si (φ(n)(n))n∈N constante égale à m à partir d’un certain rang. On pose Sm={σ∈S(N)∣σ∣{0,…,m}=id{0,…,m}} qui est de cardinal infini par exemple car en bijection avec S({n∈N∣n≥m})
est injective. Mais par hypothèse {σ∈imφ∣σ(m)=m} est fini donc φ ne peut être surjective.
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