Soit . Une alpiniste dispose de lieux possibles pour planter sa tente, lieux numérotés de à . Elle peut visiter chacun de ces lieux successivement, à partir du numéro , et doit décider si elle y plante sa tente. Lorsqu’elle visite le lieu , elle peut savoir si elle préfère ce lieu à tous les lieux précédemment visités, mais ne sait pas si elle le préfère aux lieux non encore visités. Une fois un lieu visité, si l’alpiniste a refusé d’y installer sa tente elle ne pourra plus revenir sur ce lieu. L’alpiniste a pour objectif de maximiser la probabilité d’avoir choisi celui des lieux qui a sa préférence parmi les lieux.
- Déterminer une stratégie optimale pour l’alpiniste lorsque .
- On fixe un . L’alpiniste suit la stratégie décrite ci-après : elle visite automatiquement les premiers lieux ; étant donné , si l’alpiniste visite le -ième lieu alors elle l’écarte si et seulement s’il n’a pas sa préférence parmi tous les lieux déjà visités. Déterminer la probabilité pour que l’alpiniste s’installe sur le lieu ayant sa préférence parmi les lieux.
- On fixe un maximisant lorsque parcourt . Étudier le comportement asymptotique de quand tend vers .
References
- Oral ENS filière MP 2025 (RMS 136-1 159)
Solutions
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Solution en vidéo : https://youtu.be/m3NhcguvMK4
- Modélisation.
Commençons par ordonner par préférences de l’alpiniste les différents emplacements. Cela nous donne un vecteur avec avec qui désigne le pire emplacement et le meilleur. Ceci nous permet de modéliser la répartition des emplacements selon la préférence comme suivant une loi uniforme sur Si l’alpiniste choisit arbitrairement de s’arrêter à un des trois emplacements alors sa probabilité d’avoir le meilleur sera .
Stratégie optimale.
Si elle ne s’arrête pas au premier alors elle arrive au second et peut alors adopter la stratégie suivante : si le second emplacement était meilleur que le premier alors elle s’arrête au second sinon elle s’arrête au dernier. Avec cette stratégie regardons quelles permutations aboutissent en effet au choix du meilleur emplacement
- perdu.
- gagné.
- gagné.
- gagné.
- perdu.
- perdu.
L’alpiniste a alors une probabilité de de s’arrêter au meilleur emplacement.
Preuve d’optimalité.
On a vu que le fait de s’arrêter au premier emplacement systématiquement est une stratégie moins bonne, de même que de s’arrêter au dernier. Elle est donc forcée d’abandonner le premier emplacement quoi qu’il arrive et d’arriver au second. Maintenant, lorsqu’on est au second emplacement et qu’on analyse les situations où elle a perdu on remarque que deux situations sur les trois étaient inévitables car le meilleur emplacement était en premier. L’autre situation est que l’alpiniste ne peut différencier de ni de . Dans cette situation, le choix de s’arrêter est alors le meilleur car gagnant dans deux cas sur trois.
- On continue de modéliser la situation par une permutation aléatoire suivant une loi uniforme sur On commence par justifier que . En effet, pour puisque est uniforme sur et que est une bijection de on a
Ainsi, pour tout la variable aléatoire est uniforme sur De même est aussi uniforme sur
Notons la position du meilleur emplacement et l’emplacement que l’alpiniste choisira en appliquant la stratégie proposée dans l’énoncé. D’après ce qui précède suit une loi uniforme sur Déterminons la probabilité d’obtenir le meilleur emplacement conditionnellement à pour fixé. On doit pour cela vérifier les deux conditions ci-dessous
- sinon le meilleur emplacement est dans les premiers que l’on passe systématiquement donc, en suivant la stratégie, l’alpiniste campera obligatoirement au dernier qui ne sera pas le meilleur.
- Le meilleur emplacement parmi les premiers se trouve parmi les premier. Autrement on s’arrête au meilleur après les premier et ce ne sera pas le ème.
Ainsi on obtient
Via la formule des probabilités totales appliquée au système complet d’évènements , tous de probabilité non nulle, on a donc
où la suite des sommes partielles de la série harmonique avec la convention
Soit et On a
donc
Remarquons que est décroissante de à . Ainsi, l’entier existe. La suite est donc croissante jusqu’à puis décroissante ce qui signifie que est le maximum. Puisque et que on a l’encadrement
La seconde inégalité prouve que donc tend vers On peut donc appliquer le développement asymptotique ce qui donne
puis, en composant par l’exponentielle,
ce qui prouve que , i.e. En bonus, en écrivant dans l’expression de on a . Ainsi notre alpiniste à asymptotiquement environ de chance d’avoir le meilleur emplacement en adoptant cette stratégie.
