On note ∥f′′∥2=(∫0+∞f′′2)1/2<+∞, et pour I⊆R+ on écrit ∥f′′∥L2(I)=(∫If′′2)1/2. Comme ∫0+∞f′′2 converge, ses restes tendent vers 0 : εn:=∥f′′∥L2([2n,+∞[)n→+∞0.
L’idée est d’exploiter l’intégrabilité de f pour trouver des points où f est petite, d’en déduire par le théorème des accroissements finis des points où f′ est petite, puis de propager cette petitesse à des intervalles entiers grâce au contrôle L2 sur f′′.
Étape 1 : des points où f est petite
Posons, pour n∈N, αn=∫2n2n+1∣f(t)∣dt.Les intervalles [2n,2n+1] étant deux à deux disjoints, on a ∑n⩾0αn⩽∫0+∞∣f∣<+∞, donc αn→0.
La fonction ∣f∣ étant continue sur le segment [2n,2n+1], de longueur 1, la formule de la moyenne fournit un point an∈[2n,2n+1]tel que∣f(an)∣=αn.
Étape 2 : des points où f′ est petite
On a an∈[2n,2n+1] et an+1∈[2n+2,2n+3], donc 1⩽an+1−an⩽3.Le théorème des accroissements finis appliqué à f sur [an,an+1] donne un ξn∈]an,an+1[⊆[2n,2n+3] tel que ∣f′(ξn)∣=an+1−an∣f(an+1)−f(an)∣⩽αn+αn+1n→+∞0,la minoration an+1−an⩾1 étant ici essentielle.
Étape 3 : f′ tend vers 0
Soit x∈[2n,2n+3]. Comme f′ est de classe C1, on a f′(x)=f′(ξn)+∫ξnxf′′(t)dt, et l’inégalité de Cauchy–Schwarz donne ∫ξnxf′′⩽∣x−ξn∣∥f′′∥L2([2n,2n+3])⩽3εn,puisque x et ξn appartiennent tous deux à [2n,2n+3]. Par conséquent x∈[2n,2n+3]sup∣f′(x)∣⩽αn+αn+1+3εn=:βnn→+∞0.Or ⋃n⩾N[2n,2n+3]⊇[2N,+∞[, les intervalles [2n,2n+2] se recouvrant de proche en proche. Donc pour tout x⩾2N, en choisissant n⩾N avec x∈[2n,2n+2], on obtient ∣f′(x)∣⩽supk⩾Nβk. Ce dernier majorant tendant vers 0 quand N→+∞, on conclut f′(x)x→+∞0.
Étape 4 : f tend vers 0
Soit x∈[2n,2n+3]. Comme an∈[2n,2n+1], on a ∣x−an∣⩽3 et ∣f(x)∣=f(an)+∫anxf′(t)dt⩽αn+3[2n,2n+3]sup∣f′∣⩽αn+3βn.Le même argument de recouvrement qu’à l’étape 3 donne alors f(x)→0 quand x→+∞. ■
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