Solution
Cette récurrence repose sur une application non usuelle du crible d’Eratosthène.
Car au lieu de supprimer les multiples des nombres premiers, elle génère l’ensemble des nombres qui réchappent à ce crible pour ensuite en extraire le nombre premier suivant.
Ces nombres rescapés du crible d’Eratosthène sont solutions de systèmes de n congruences (que l’on sait résoudre par le théorème chinois) et appartiennent à un nombre fini () de progressions arithmétiques de raison :
Prenons quelques exemples:
les nombres qui réchappent au criblage par 2 sont de la forme 2k+1 (c’est trivial);
les nombres qui réchappent au criblage par 2 et 3 sont de la forme 6k+1 ou 6k+5 ;
les nombres qui réchappent au criblage par 2,3 et 5 sont de la forme 30k+a où a
etc...
observation: le nombre 1 est toujours un rescapé du criblage.
D’une façon générale, les nombres qui réchappent au criblage par 2,3, jusquà sont de la forme +a où a parcourt valeurs différentes qui sont chacune une solution particulière des systèmes de n congruences.
Le nombre premier se cache dans l’une de ces progressions arithmétiques sans qu’on sache (a priori) laquelle précisément.
En l’absence de cette précision, il faut examiner l’ensemble des progressions arithmétiques.
Pour cela il faut déjà trouver une solution particulière de chacun des systèmes de n congruences à partir de laquelle on pourra (modulo ) générer la progression arithmétique.
il apparait que ces solutions particulières s’obtiennent assez simplement, en effet les entiers définis par :
où
sont forcément des rescapés du criblage par 2,3, jusquà puisqu’ils ne sont jamais divisibles par aucun des nombres premiers (il y a toujours un terme de cette somme qui n’est pas divisible par ).
De surcroit ces entiers ne peuvent pas appartenir à une même progression arithmétique de raison car si on prend deux entiers correspondant à deux n-uplets différents et alors il y a au moins un de sorte que la différence de ces deux entiers ne peut être un multiple de et encore moins de .
il y a donc une bijection entre ces entiers et les solutions des systèmes de n congruences.
Le produit
se développe en où les sont précisement tous les entiers de la forme où
En multipliant par
On génère ainsi (au niveau des exposants de 2) des progressions arithmétiques (décroissantes) de raison à partir de chaque exposant .
Le produit a donc une partie fractionnaire qui s’écrit où parcourt dans le sens croissant l’ensemble des rescapés du crible d’Eratosthène avec et .
Comme le fait observer visitor dans sa solution, peut aussi s’écrire (formule publié par le mathématicien Gandhi en 1971) mais d’une part cette expression reprend le principe traditionnel du crible d’Eratosthène en l’appliquant sur les exposants de la somme et d’autre part la somme , outre le fait d’utiliser la fonction de Mobius, porte sur termes alors que l’expression ne comporte que facteurs et donne en n’utilisant que la fonction partie fractionnaire.

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