Soit G un groupe agissant sur un ensemble X et soit x∈X. L’application g↦g⋅x induit une bijection G/Gx∼G⋅x,gGx↦g⋅x,compatible avec l’action de G (translation à gauche sur G/Gx).
Si G est fini, on en déduit ∣G⋅x∣=[G:Gx]=∣Gx∣∣G∣,c’est-aˋ-dire∣G∣=∣G⋅x∣⋅∣Gx∣.En particulier le cardinal d’une orbite divise ∣G∣. Si de plus X est fini, en choisissant un représentant xω dans chaque orbite ω, ∣X∣=ω∈X/G∑[G:Gxω](formule des classes).
Démonstration
L’application φ:G→G⋅x, g↦g⋅x, est surjective par définition de l’orbite. On a φ(g)=φ(h) si et seulement si h−1g⋅x=x, c’est-à-dire h−1g∈Gx, c’est-à-dire gGx=hGx. Donc φ passe au quotient en une bijection G/Gx→G⋅x. Les fibres de φ sont les classes à gauche de Gx, toutes de cardinal ∣Gx∣, et il y en a ∣G⋅x∣ ; d’où ∣G∣=∣G⋅x∣⋅∣Gx∣. La formule des classes s’obtient en sommant sur la partition de X en orbites.
Exemples
Théorème de Lagrange.G agit transitivement sur G/H par translation et le stabilisateur de la classe H est H ; donc ∣G∣=[G:H]⋅∣H∣.
∣Sn∣=n!. L’action de Sn sur {1,…,n} est transitive et Stab(n)≃Sn−1, donc ∣Sn∣=n⋅∣Sn−1∣.
Coefficients binomiaux.Sn agit transitivement sur les parties à m éléments, avec Stab({1,…,m})≃Sm×Sn−m : il y en a m!(n−m)!n!. De même, le nombre de partitions ordonnées de type (λ1,…,λk) est le coefficient multinomial λ1!⋯λk!n!.
Ordre de GLn(Fq). L’action sur les vecteurs non nuls est transitive (qn−1 vecteurs) et Stab(e1) a qn−1∣GLn−1(Fq)∣ éléments, d’où ∣GLn(Fq)∣=(qn−1)qn−1∣GLn−1(Fq)∣=k=0∏n−1(qn−qk).Le nombre de droites de Fqn est q−1qn−1.
Formule ∣HK∣. Pour deux sous-groupes finis H,K de G, le groupe H×K agit sur G par (h,k)⋅g=hgk−1 ; l’orbite de e est HK et son stabilisateur est {(h,h)∣h∈H∩K}, d’où ∣HK∣=∣H∩K∣∣H∣⋅∣K∣.
Rotations du cube. Le groupe des rotations du cube agit transitivement sur les 6 faces et le stabilisateur d’une face est formé de 4 rotations : il a 24 éléments.
Nombre de conjugués d’un sous-groupe.∣{gHg−1∣g∈G}∣=[G:NG(H)].
Remarques
La formule s’utilise dans les deux sens : calculer la taille d’une orbite à partir du stabilisateur, ou compter des objets (∣X∣=∣G∣/∣Gx∣ si l’action est transitive).
Classification des actions transitives. Tout G-ensemble transitif est isomorphe à un G/H, et G/H≃G/H′ (comme G-ensembles) si et seulement si H et H′ sont conjugués.
Problems using this concept (0)
No listed problems link to this concept yet.
Problems using this concept (spoiler) (0)
No listed problems use this concept as a spoiler yet.