Définition intuitive
L’indice d’un sous-groupe dans un groupe compte le nombre de translatés de nécessaires pour recouvrir . Le point de départ est que ces translatés, les classes , sont deux à deux disjoints et tous en bijection avec : le groupe se découpe donc en tranches identiques, et l’indice est simplement le nombre de tranches. C’est la notion de « taille relative » de dans , qui garde un sens même quand est infini, dans , le sous-groupe est infini mais n’occupe que la moitié de la place, et son indice vaut . Pour fini, la relation n’est rien d’autre que le théorème de Lagrange, et c’est de cette égalité que découle l’essentiel des contraintes arithmétiques sur les groupes finis. Un indice petit est particulièrement significatif : un sous-groupe d’indice est automatiquement distingué, et plus généralement un indice petit force à contenir un gros sous-groupe distingué.
Définition formelle
Soient un groupe et un sous-groupe. La relation est une relation d’équivalence sur , dont les classes sont les classes à gauche . On note l’ensemble de ces classes. L'indice de dans est
L’application étant une bijection de sur l’ensemble des classes à droite, l’indice ne dépend pas du côté choisi.
Trois propriétés fondamentales :
En particulier, une intersection finie de sous-groupes d’indice fini est d’indice fini.
Remarques
- , et .
- Si , alors : il n’y a que deux classes, et son complémentaire, à gauche comme à droite. C’est faux en général pour un indice : dans , le sous-groupe est d’indice et n’est pas distingué.
- Théorème de Poincaré (action sur les classes). L’action de sur par translation fournit un morphisme dont le noyau, , est le plus grand sous-groupe distingué de contenu dans . Si est fini, s’injecte dans , donc divise . Conséquence classique : un groupe fini dont l’indice est le plus petit facteur premier de a nécessairement .
- Quand , l’ensemble est un groupe et : l’indice est alors l’ordre du groupe quotient. Sans normalité, n’est qu’un -ensemble.
- La réciproque du théorème de Lagrange est fausse : un diviseur de n’est pas toujours l’ordre d’un sous-groupe. Les théorèmes de Sylow en donnent une réciproque partielle pour les puissances de nombres premiers.
- Un indice fini est compatible avec et infinis. En théorie des groupes infinis, les sous-groupes d’indice fini jouent le rôle de « presque tout le groupe » : une propriété vraie pour l’un est souvent vraie à indice fini près pour l’autre.
Exemples
- pour , les classes étant les résidus modulo . Ici est infini, aussi, et l’indice est fini.
- pour : les deux classes sont les permutations paires et impaires. Le groupe alterné est donc distingué, et c’est le seul sous-groupe d’indice de .
- Dans , le sous-groupe de Klein est d’indice , et : on vérifie la multiplicativité et .
- , les classes étant les fibres du déterminant. Pour l’indice est infini, alors que .
- est infini (non dénombrable) : les classes sont les points du cercle .
- Sous-groupes de congruence. Dans , le sous-groupe des matrices congrues à modulo est d’indice fini, égal à ; c’est le noyau de la réduction .
- Contre-exemple. Dans le groupe libre à deux générateurs, le sous-groupe dérivé est d’indice infini, bien que soit engendré par deux éléments seulement : un sous-groupe distingué et « gros » peut parfaitement être d’indice infini.
- Contre-exemple à la réciproque de Lagrange. est d’ordre mais ne possède aucun sous-groupe d’ordre , c’est-à-dire aucun sous-groupe d’indice .
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References
- Daniel Perrin — Cours d’algèbre
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