Ivan Shishkin, Birch Grove

réseau du plan

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Définition intuitive

Un réseau du plan est un motif de points régulièrement espacé qui se répète à l’infini dans deux directions indépendantes : le papier millimétré, les nœuds d’un grillage en sont des exemples. Il y a deux façons complémentaires de le voir. La première est algébrique : on part de deux vecteurs non colinéaires et l’on prend toutes leurs combinaisons à coefficients entiers ; le réseau est alors un sous-groupe de R2\mathbb{R}^{2}, libre de rang 22, et le plan se pave par des copies translatées d’un même parallélogramme. La seconde est topologique et plus subtile : un réseau est exactement un sous-groupe discret de R2\mathbb{R}^{2} qui engendre le plan.

Définition formelle

Un réseau de R2\mathbb{R}^{2} est un sous-groupe additif ΛR2\Lambda\subseteq\mathbb{R}^{2} de la forme
Λ=ZuZv={mu+nv : m,nZ},\Lambda=\mathbb{Z}u\oplus\mathbb{Z}v=\bigl\{mu+nv\ :\ m,n\in\mathbb{Z}\bigr\},(u,v)(u,v) est une base de R2\mathbb{R}^{2}. On dit que (u,v)(u,v) est une base du réseau, et le parallélogramme {su+tv:s,t[0,1[}\{su+tv : s,t\in[0,1[\} en est un domaine fondamental.

Théorème (caractérisation topologique). Un sous-groupe ΛR2\Lambda\subseteq\mathbb{R}^{2} est un réseau si et seulement s’il est discret (tout point de Λ\Lambda est isolé dans Λ\Lambda) et engendre R2\mathbb{R}^{2} comme espace vectoriel.

Changement de base. Deux bases (u,v)(u,v) et (u,v)(u',v') engendrent le même réseau si et seulement si la matrice de passage appartient à GL2(Z)\mathrm{GL}_2(\mathbb{Z}), c’est-à-dire est entière de déterminant ±1\pm 1. Le covolume covol(Λ)=det(u,v)\mathrm{covol}(\Lambda)=|\det(u,v)|, aire du domaine fondamental, ne dépend donc pas de la base choisie.

Exemples
  1. Z2\mathbb{Z}^{2}, le réseau carré, de covolume 11 et de groupe d’automorphismes D4D_4 d’ordre 88.
  2. Le réseau hexagonal Λ=Z+Zj\Lambda=\mathbb{Z}+\mathbb{Z}j avec j=e2iπ/3j=\mathrm{e}^{2\mathrm{i}\pi/3}, vu dans C\mathbb{C} : c’est le réseau des entiers d’Eisenstein, de covolume 32\frac{\sqrt3}{2} et de groupe d’automorphismes D6D_6 d’ordre 1212. C’est le seul réseau du plan admettant une symétrie d’ordre 66, à similitude près.
  3. Le réseau des entiers de Gauss Z[i]\mathbb{Z}[\mathrm{i}] coïncide avec Z2\mathbb{Z}^{2} ; sa structure d’anneau explique que la multiplication par i\mathrm{i} en soit un automorphisme d’ordre 44.
  4. Les bases ((1,0),(0,1))\bigl((1,0),(0,1)\bigr) et ((1,0),(1,1))\bigl((1,0),(1,1)\bigr) engendrent le même réseau Z2\mathbb{Z}^{2}, la matrice de passage (1101)\begin{pmatrix}1&1\\0&1\end{pmatrix} étant de déterminant 11. En revanche ((2,0),(0,1))\bigl((2,0),(0,1)\bigr) engendre un sous-réseau strict, d’indice 22.
  5. Contre-exemple (rang 1). Le sous-groupe Z(1,0)\mathbb{Z}(1,0) est discret mais n’engendre pas R2\mathbb{R}^{2} : ce n’est pas un réseau du plan, seulement un réseau de la droite R×{0}\mathbb{R}\times\{0\}.
  6. Contre-exemple (non discret). L’ensemble Q2\mathbb{Q}^{2} est un sous-groupe engendrant R2\mathbb{R}^{2}, mais il est dense : la seule condition d’engendrement ne suffit pas.
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