Ivan Shishkin, Rye (1878)

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Connexité par arcs chez les matrices

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Solution by Sequoia · FR

\hookrightarrow Les ensembles 1., 3. et 4. sont convexes donc connexes par arcs, cela se déduit directement de la définition de ces ensembles ainsi que de celle de la convexité.

\hookrightarrow Ensuite, l’image d’un connexe par arc par une fonction ff continue est forcément connexe par arc, en effet, si γ\gamma est un chemin continu qui relie deux points dans le premier ensemble, alors fγf\circ\gamma est un chemin continu dans le second espace. Mais l’image par le déterminant, fonction continue car polynomiale, des ensembles GLn(R)GL_n(\R) et On(R)O_n(\R) vaut respectivement R\R^* et {1,+1}\{-1,+1\} qui ne sont pas des connexes par arcs. Donc 2. et 5. ne sont pas connexes par arcs.

\hookrightarrow Pour 6., on se ramène à montrer que toute isométrie se relie à l’identité par un chemin continu. Puis on utilise le théorème de réduction des isométries, ce qui nous ramène simplement au cas de la dimension 22, où il suffit de montrer que toute matrice de rotation est reliable à l’identité I2I_2 par un chemin continu.
Or si on prend γ ⁣:t[0,1](cos(tθ)sin(tθ)sin(tθ)cos(tθ))\gamma\colon t\in[0,1]\longmapsto \begin{pmatrix}\cos(t\theta) & -\sin(t\theta) \\ \sin(t\theta) & \cos(t\theta)\end{pmatrix}, c’est un chemin continu à valeur dans SO2(R)SO_2(\R) reliant γ(0)=I2\gamma(0)=I_2 à γ(1)=Rθ\gamma(1)=R_{\theta}. Donc SOn(R)SO_n(\R) est bien connexe par arcs.
On aurait aussi pu montrer ce résultat en montrant que SOn(R)SO_n(\R) est l’image de l’espace des matrices antisymétriques, connexe par arcs, par l'exponentielle matricielle.

\hookrightarrow Pour 7., on va montrer que GLn(C)GL_n(\mathbb{C}) est connexe par arcs. On peut par exemple le montrer en disant que l’image de l’ensemble des matrices complexes par l’exponentielle complexe est égal à GLn(C)GL_n(\mathbb{C}) mais on va le montrer plus élémentairement.
Prenons deux matrices AA et BB inversibles. On considère alors P(z):=det((1z)A+zB)P(z):=\mathrm{det}((1-z)A+zB). Ainsi le polynôme PP est non nul car P(0)P(0) et P(1)P(1) ne le sont pas et possède un nombre fini de racines noté Z(P),\mathcal{Z}(P), et ainsi C\Z(P)\mathbb{C}\backslash\mathcal{Z}(P) est connexe par arcs. Il existe ainsi un chemin continu Γ\Gamma liant 00 à 11 dans C\Z(P)\mathbb{C}\backslash\mathcal{Z}(P) tel que t[0,1],P(Γ(t))0\forall t\in[0,1],P(\Gamma(t))\neq0 (vu que AA et BB sont inversibles on a bien que 0 et 1 sont dans C\Z(P)\mathbb{C}\backslash\mathcal{Z}(P)). Ainsi en posant t[0,1],γ(t):=(1Γ(t))A+Γ(t)B\forall t\in[0,1],\,\gamma(t):=(1-\Gamma(t))A+\Gamma(t)B, on a bien un chemin continu ne passant que par des matrices inversibles qui relie AA et BB, d’où le résultat !

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