Ivan Shishkin, Rye (1878)

Problems/Linear algebraUnreviewed

Base télescopique dans les espaces vectoriels

by Ulysse85·
35
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  1. 110First steps / middle schoolPremiers pas / collège
  2. 1125Beginner / high schoolDébutant / lycée
  3. 2650Intermediate / undergraduateIntermédiaire / licence
  4. 5170Advanced / graduateAvancé / master
  5. 7190Expert / specializedExpert / spécialisé
  6. 91100Research levelNiveau recherche
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Français

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Soit K\mathbb K un corps et L\mathbb L une extensionEN du corps K\mathbb K. On pose EE un L\mathbb L-espace vectoriel.

  1. Montrer que EE est aussi un K\mathbb K-espace vectoriel. On dit alors que EE est vu en tant que K\mathbb K-espace vectoriel.
  2. De plus, si EE est de dimension finie égale à nNn\in\N en tant que L\mathbb L-espace vectoriel et si L/K\mathbb L/\mathbb K est une extension finieEN de degréEN d1d\geq 1, dd est noté [L:K]\left[\mathbb L : \mathbb K\right], alors montrer que EE, vu en tant que K\mathbb K-espace vectoriel, est de dimension finie égale à nd=dimL(E)[L:K]nd = \dim_{\mathbb L}(E)\left[\mathbb L : \mathbb K\right].
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Solution by Ulysse85

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  1. Comme KL\mathbb K\subset\mathbb L il suffit de se restreindre aux éléments du corps K\mathbb K dans le corps L\mathbb L pour les scalaires du L\mathbb L-espace vectoriel EE. En effet, EE est un L\mathbb L-espace vectoriel donc on a déjà les deux opérations suivantes :

\bullet L’addition +:E×EE+ : E\times E\rightarrow E,
\bullet La multiplication externe :L×EE\cdot : \mathbb L\times E\rightarrow E.

Et EE est muni d’une structure de K\mathbb K-espace vectoriel avec les deux opérations suivantes :

\bullet L’addition +:E×EE+ : E\times E\rightarrow E qui est la même que l’opération d’addition précédente.
\bullet La multiplication externe :K×EE\cdot : \mathbb K\times E\rightarrow E qui est la restriction à K×E\mathbb K\times E de l’opération de multiplication externe précédente.

On remarque que l’élément neutre multiplicatif 1L1_{\mathbb L} de L\mathbb L est le même que l’élément neutre multiplicatif 1K1_{\mathbb K} de K\mathbb K puisque 1L=1L1K=1K1_{\mathbb L} = 1_{\mathbb L}1_{\mathbb K} = 1_{\mathbb K}. De même on a 0L=0K0_{\mathbb L} = 0_{\mathbb K} pour les éléments neutres additifs des différents corps. Ainsi, les propriétés de K\mathbb K-espace vectoriel ((E,+)(E,+) est un groupe abélien, distributivité de l’addition vectorielle, ...) sont vérifiées puisque KL\mathbb K\subset\mathbb L.

On en déduit que le L\mathbb L-espace vectoriel EE est muni d’une structure de K\mathbb K-espace vectoriel.

  1. Le L\mathbb L-espace vectoriel EE est de dimension nn, on pose B=(ei)1in\mathcal B = \left(e_{i}\right)_{1\leq i\leq n} une base de EE d’où E=VectL(B)E = \text{Vect}_{\mathbb L}(\mathcal B). Comme L/K\mathbb L/\mathbb K est une extension alors L\mathbb L a une structure de K\mathbb K-espace vectoriel. Cette extension est finie de degré d1d\geq 1 donc L\mathbb L admet une base C=(αi)1id\mathcal C = \left(\alpha_{i}\right)_{1\leq i\leq d} de dd éléments et L=VectK(C)\mathbb L = \text{Vect}_{\mathbb K}(\mathcal C).

Soit xEx\in E alors il existe (λi)1in(\lambda_{i})_{1\leq i\leq n} des éléments de L\mathbb L tels que x=i=1nλieix = \sum_{i=1}^{n}\lambda_{i}e_{i} (décomposition dans la base B\mathcal B de xx).
Or pour chaque i{1,,n}i\in\{1,\ldots,n\} on a λiL\lambda_{i}\in\mathbb L donc il existe (μi,j)1jd(\mu_{i,j})_{1\leq j\leq d} des éléments de K\mathbb K tels que λi=j=1dμi,jαj\lambda_{i} = \sum_{j=1}^{d}\mu_{i,j}\alpha_{j} (décomposition dans la base C\mathcal C de λi\lambda_{i}). Par conséquent, xx admet la décomposition suivante :

x=i=1nj=1dμi,jαjei=i=1nj=1dμi,j(αjei)x = \sum_{i=1}^{n}\sum_{j=1}^{d}\mu_{i,j}\alpha_{j}e_{i} = \sum_{i=1}^{n}\sum_{j=1}^{d}\mu_{i,j}(\alpha_{j}e_{i}).

On remarque que la famille G=(αjei)\mathcal G = (\alpha_{j}e_{i}) 1in1\leq i\leq n, 1jd1\leq j\leq d est geˊneˊratrice\underline{\text{génératrice}} du K\mathbb K-espace vectoriel EE donc dimK(E)nd\dim_{\mathbb K}(E)\leq nd.

On montre que cette famille G\mathcal G est libre dans le K\mathbb K-espace vectoriel EE.
Soit (μi,j)\left(\mu_{i,j}\right) des éléments de K\mathbb K tels que : i=1nj=1dμi,jαjei=0\sum_{i=1}^{n}\sum_{j=1}^{d}\mu_{i,j}\alpha_{j}e_{i} = 0. On montre que μi,j=0\mu_{i,j} = 0 pour tout i,ji,j.

i=1nj=1dμi,jαjei=i=1n(j=1dμi,jαj)ei\sum_{i=1}^{n}\sum_{j=1}^{d}\mu_{i,j}\alpha_{j}e_{i} = \sum_{i=1}^{n}\left(\sum_{j=1}^{d}\mu_{i,j}\alpha_{j}\right)e_{i} donc i=1n(j=1dμi,jαj)ei=0\sum_{i=1}^{n}\left(\sum_{j=1}^{d}\mu_{i,j}\alpha_{j}\right)e_{i} = 0.

Comme B\mathcal B est une base du L\mathbb L-espace vectoriel EE alors pour chaque ii on a j=1dμi,jαj=0\sum_{j=1}^{d}\mu_{i,j}\alpha_{j} = 0.
Or C\mathcal C est une base du K\mathbb K-espace vectoriel L\mathbb L donc on obtient μi,j=0\mu_{i,j} = 0 pour tout i,ji,j. On conclut que la famille G\mathcal G est libre\underline{\text{libre}} dans le K\mathbb K-espace vectoriel EE.

Ainsi G\mathcal G est une base du K\mathbb K-espace vectoriel EE. cette base est de cardinal ndnd donc la dimension du K\mathbb K-espace vectoriel EE est nd=dimL(E)[L:K]nd = \dim_{\mathbb L}(E)\left[\mathbb L:\mathbb K\right].

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