Ivan Shishkin, Rye (1878)

Problems/FieldUnreviewed

Extensions de R\R et C\C

by Sequoia·
52
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  1. 110First steps / middle schoolPremiers pas / collège
  2. 1125Beginner / high schoolDébutant / lycée
  3. 2650Intermediate / undergraduateIntermédiaire / licence
  4. 5170Advanced / graduateAvancé / master
  5. 7190Expert / specializedExpert / spécialisé
  6. 91100Research levelNiveau recherche
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Français

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1.a. Quel est le degréEN de C\C en tant qu'extensionEN de R\R ?
1.b. Montrer qu’il n’existe pas d’extension de degré 22 de C\C.

2.a. Soit KK une extension de R\R de degré impair et soit xKx\in K. Montrer que R[x]\R[x], soit l’ensemble des polynômes réels en xx, est une extension de degré impair de R\R.
2.b. Soit π\pi le polynôme minimal de xx sur R\R, montrer que π\pi est de degré impair.
2.c. En déduire que K=RK=\R.

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Solution by Sequoia

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1.a. On sait que tout nombre complexe s’écrit de manière unique sous la forme a+iba + ib avec a,bRa, b \in \R. La famille (1,i)(1, i) forme donc une base du R\R-espace vectoriel C\C.
Ainsi, la dimension de C\C en tant qu’espace vectoriel sur R\R est de 22. Le degré de l’extension est donc [C:R]=2[\C : \R] = 2.

1.b. Si une telle extension LL existait, il y aurait un élément xLCx \in L \setminus \C dont le polynôme minimal sur C\C serait de degré 22.
Or, tout polynôme de degré 22 à coefficients dans C\C s’écrit P(X)=aX2+bX+cP(X) = aX^2 + bX + c avec a0a \neq 0. Son discriminant Δ=b24ac\Delta = b^2 - 4ac est un nombre complexe.
Puisque tout nombre complexe admet une racine carrée dans C\C (en passant par la forme trigonométrique ou par résolution d’un système algébrique), on peut trouver δC\delta \in \C tel que δ2=Δ\delta^2 = \Delta.
Les racines de PP sont alors b±δ2a\frac{-b \pm \delta}{2a}, qui appartiennent toutes deux à C\C.
Ainsi, tout polynôme de degré 22 sur C\C est réductible (scindé). Il n’existe donc aucun polynôme irréductible de degré 22 sur C\C, et par conséquent, aucune extension de degré 22 de C\C.

2.a. Puisque KK est une extension de degré fini sur R\R, l’anneau R[x]\R[x] est un sous-corps de KK.
D’après le théorème de la base télescopique, on a :
[K:R]=[K:R[x]][R[x]:R][K : \R] = [K : \R[x]] \cdot [\R[x] : \R]On sait que [K:R][K : \R] est un entier impair. Or, le produit de deux entiers est impair si et seulement si les deux entiers sont impairs.
On en déduit que le degré [R[x]:R][\R[x] : \R] divise un nombre impair, donc [R[x]:R][\R[x] : \R] est une extension de degré impair de R\R.

2.b. Par définition, l’extension R[x]\R[x] est engendrée par l’élément xx. La théorie des extensions de corps nous dit que la dimension de l’espace vectoriel R[x]\R[x] sur R\R est exactement égale au degré du polynôme minimal de xx sur R\R.
Ainsi, deg(π)=[R[x]:R]\deg(\pi) = [\R[x] : \R].
D’après la question précédente, [R[x]:R][\R[x] : \R] est impair, donc le polynôme minimal π\pi est de degré impair.

2.c. Le polynôme minimal π\pi est un polynôme à coefficients réels de degré impair.
Or, d’après le théorème des valeurs intermédiaires (puisque les limites en ++\infty et -\infty sont de signes opposés car π\pi est de degré impair), π\pi admet au moins une racine réelle.
Mais π\pi est par définition un polynôme irréductible sur R\R. Le seul moyen pour qu’un polynôme irréductible sur R\R admette une racine réelle est qu’il soit de degré 11.
On a donc deg(π)=1\deg(\pi) = 1, ce qui implique que [R[x]:R]=1[\R[x] : \R] = 1.
Par conséquent, xRx \in \R.
Puisque ce raisonnement est valable pour n’importe quel élément xKx \in K, on a KRK \subset \R. Comme RK\R \subset K, on conclut finalement que K=RK = \R.

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