Solution par les sous-groupes distingués
Observation initiale. Un sous-groupe distingué de G est une réunion de classes de conjugaison contenant e. Comme G n’a que trois classes, G={e}⊔A⊔B, il n’y a que quatre sous-groupes distingués possibles :
{e},{e}∪A,{e}∪B,G.
Cas abélien. Si G est abélien, chaque classe est un singleton, donc ∣G∣=3 et G≃Z/3Z.
Cas non abélien. Supposons G non abélien : son groupe dérivé G′ est distingué et non trivial. Montrons d’abord que G′=G. Si G′=G, le groupe G n’a aucun quotient abélien non trivial ; on écarte ce cas à la fin.
Supposons donc {e}=G′=G. Quitte à échanger les noms, G′={e}∪A. Le quotient G/G′ est abélien, et l’image de B y forme une seule classe : G/G′ a exactement deux éléments, donc
∣G/G′∣=2,∣G′∣=2∣G∣=1+∣A∣.Or ∣A∣ divise ∣G∣=2∣A∣+2, donc ∣A∣ divise 2.
- Si ∣A∣=1, alors ∣G∣=4 : tout groupe d’ordre 4 est abélien, contradiction.
- Si ∣A∣=2, alors ∣G∣=6 et ∣G′∣=3, donc G′≃Z/3Z.
Identification. On a G′⊴G d’indice 2, engendré par un élément a d’ordre 3. Soit b∈G∖G′ ; son image dans G/G′ est d’ordre 2, donc b2∈G′. Si b2=e, alors b serait d’ordre 6 et G cyclique donc abélien : ainsi b2=e. Enfin bab−1∈G′ est d’ordre 3, donc vaut a ou a2 ; le premier cas rendrait G abélien. D’où
G=⟨a,b⟩,a3=b2=e,bab−1=a2,c’est une présentation de S3, donc G≃S3.
Le cas parfait. Reste à écarter G′=G. L’équation aux classes donne ∣G∣=1+∣A∣+∣B∣ avec ∣A∣,∣B∣ divisant ∣G∣, donc
1=∣G∣1+c11+c21,ci=∣A∣∣G∣, ∣B∣∣G∣ ⩾2.Le plus grand des trois termes vaut au moins 31, donc min(c1,c2)⩽3. Si ce minimum vaut 2, on obtient ∣G∣1+c1=21 avec c∣∣G∣, d’où ∣G∣=6 ; si le minimum vaut 3, alors ∣G∣1+c1=32 avec c⩾3, d’où ∣G∣=3. Dans les deux cas G admet un quotient abélien non trivial, donc G′=G. ■
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