Ivan Shishkin, Rye (1878)

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Idempotent ou nilpotent (pour aller plus loin)

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Solution by FiniteField · FR

Solution en vidéo : https://youtu.be/ZOEKtV6J_EM

  1. Commençons par montrer que pour tout aAa\in A nilpotent alors a1a-1 est inversible. Soit aAa\in A nilpotent, alors il existe nN,an=0n\in\mathbb{N}^*, a^n=0 on a alors
    (a1)(an1++a+1)=an1=1(a-1)(a^{n-1}+\dots+a+1)=a^n-1=-1Ainsi, a1a-1 est inversible.
    On remarque ensuite que 1-1 étant inversible, d’inverse lui-même, il ne peut être nilpotent. Il est alors idempotent, c’est à dire que (1)2=1(-1)^2=-1 ou encore 1=1-1=1 donc 2=0.2=0.
    On attaque maintenant la preuve de la question. Soit aa nilpotent. Montrons que aa est idempotent. Puisque aa est nilpotent a1a-1 est idempotent donc
    (a1)2=a22a+1=a1 donc a2=a2a.(a-1)^2=a^2-2a+1=a-1\text{ donc }a^2=a-2a.

(remarquez que cette identité remarquable est correcte car aa et 11 commutent toujours). Donc aa est idempotent.
2) Soient a,bA.a,b\in A. Puisque tout élément est idempotent (a+b)2=a+b(a+b)^2=a+b, i.e. a2+ab+ba+b2=a+ab+ba+b=a+ba^2+ab+ba+b^2=a+ab+ba+b=a+b donc ab+ba=0ab+ba=0 donc ab+2ba=baab+2ba=ba. On a donc bien ab=ba.ab=ba.
3) Montrons que AA possède une structure de F2\mathbb{F}_2-algèbre donnée par 0a=0A0\cdot a=0_A et 1a=a.1\cdot a=a. On note K=F2.K=\mathbb{F}_2. Il faut vérifier que

  • (A,+)(A,+) est un groupe abélien (cela provient du fait que (A,×,+)(A,\times,+) est un anneau).
  • λ,μF2,a,bA,\forall \lambda,\mu\in\mathbb{F}_2, \forall a,b\in A,
    • λ(a+b)=λa+λb\lambda\cdot (a+b)=\lambda \cdot a+\lambda \cdot b
    • (λ+μ)a=λa+μa(\lambda+\mu)\cdot a=\lambda\cdot a+\mu\cdot a
    • (λμ)a=λ(μa)(\lambda\mu)\cdot a=\lambda\cdot(\mu \cdot a)
    • 1a=a1\cdot a=a (vrai par hypothèse).
      Le premier point et le troisième sont triviaux en considérant les deux valeurs que peuvent prendre λ\lambda et μ\mu. Le second est le seul intéressant. Il est clair si λ=0\lambda=0 ou μ=0\mu=0. Si λ=μ=1\lambda=\mu=1 on a bien (1K+1K)a=2Ka=0a=0A(1_K+1_K)\cdot a=2_K\cdot a=0\cdot a=0_A. Par ailleurs
      1Ka+1Ka=a+a=2A×a=0A×a=0A.1_K\cdot a+1_K\cdot a=a+a=2_A\times a=0_A\times a=0_A.On a donc bien montré que (A,+,)(A,+,\cdot) est un KK-espace vectoriel. Pour montrer que (A,×,+,)(A,\times,+,\cdot) est une KK-algèbre il reste à justifier que l’opération binaire ×\times est KK-bilinéaire, c’est-à-dire que λ,μK,a,bA\forall \lambda,\mu\in K,\forall a,b\in A
      (λa)×(μb)=(λμ)a×b(\lambda\cdot a)\times(\mu\cdot b)=(\lambda \mu)\cdot a\times b

ce qui est une fois de plus élémentaire en discutant suivant les valeurs de λ\lambda et μ.\mu.
Puisque AA est fini, il est en particulier de dimension finie sur KK. Il existe donc une base (e1,,en)(e_1,\dots,e_n) de AA ce qui nous permet d’obtenir un isomorphisme d’espaces vectoriels
Φ ⁣:AF2n,i=1nλiei(λi)1in.\Phi\colon A\longrightarrow\mathbb{F}_2^n,\qquad \sum_{i=1}^n \lambda_i e_i\longmapsto(\lambda_i)_{1\leq i\leq n}.Malheureusement, l’isomorphisme Φ\Phi n’a aucune raison d’être un morphisme d’anneaux alors on va devoir affiner un peu notre raisonnement. On va montrer les deux résultats ci-dessous.

  • Soit aAa\in A alors l’idéal principal (<a>,+,×)(\left<a\right>,+,\times) est un anneau (attention ce n’est pas un sous-anneau de (A,+,×)(A,+,\times) car le neutre de <a>\left<a\right> est aa).
  • Soit aAa\in A alors on a un isomorphisme d’algèbres
    A<a>×<a+1>.A\simeq \left<a\right>\times \left<a+1\right>.

Ces deux affirmations nous permettront d’obtenir le résultat souhaité par récurrence forte. En effet, si AA ne possède que 00 et 11 alors AA est isomorphe à F2\mathbb{F}_2. Sinon, dans un anneau où tous les éléments sont idempotents le seul inversible est 11 donc s’il existe a{0,1}a\notin \left\{0,1\right\} alors <a>{{0},A}\left<a\right>\notin \left\{\left\{0\right\},A\right\}.
Commençons par la première affirmation. Soit aA.a\in A. Il est clair que <a>\left<a\right> est un sous-groupe additif de (A,+)(A,+) par définition d’un idéal. Par ailleurs, ×\times définit une loi de composition interne par définition d’un idéal et cette loi reste distributive sur ×\times car elle l’est pour (A,+,×)(A,+,\times). Enfin, pour x=ay<a>x=ay\in\left<a\right> on a ax=a2y=ay=xax=a^2y=ay=x donc aa est bien le neutre pour ×.\times.
On vient de voir ci-dessus que pour tout aA,x<a>,ax=xa\in A,\forall x\in\left<a\right>, ax=x. Il est clair que réciproquement, si ax=xax=x alors x<a>.x\in\left<a\right>. On en déduit que l’application
a ⁣:AA,xaxx\ell_a\colon A\longrightarrow A,\qquad x\longmapsto ax-xa pour noyau <a>\left<a\right> et, puisque axx=x(a+1)ax-x=x(a+1) son image est <a+1>\left<a+1\right>. Par ailleurs, elle est linéaire et pour xker(a)im(a)x\in\ker(\ell_a)\cap\mathrm{im}(\ell_a), xx s’écrit x=ay=(a+1)zx=ay=(a+1)z donc x=x2=ay(a+1)z=(a2+a)yz=2ayz=0.x=x^2=ay(a+1)z=(a^2+a)yz=2ayz=0. Donc, par le théorème du rang ils sont en somme directe et on a
() ⁣:A=ker(a)im(a)=<a><a+1>.(*) \colon A=\ker(\ell_a)\oplus \mathrm{im}(\ell_a)=\left<a\right>\oplus \left<a+1\right>.(on pourrait aussi remarquer que la décomposition A=<a>+<a+1>A=\left<a\right>+\left<a+1\right> est immédiate par l’écriture x=2ax+x=ax+(a+1)xx=2ax+x=ax+(a+1)x). Puis, pour tout x=ay+(a+1)zx=ay+(a+1)z et x=ay+(a+1)zx'=ay'+(a+1)z' on a xx=a2yy+a(a+1)yz+(a+1)azy+(a+1)2zz=ayy+(a+1)zz.xx'=a^2yy'+a(a+1)yz'+(a+1)azy'+(a+1)^2zz'=ayy'+(a+1)zz'. La somme directe ()(*) fournit donc un isomorphisme d’algèbres A<a>×<a+1>A\simeq \left<a\right>\times \left<a+1\right>.

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