On considère deux suites de réels (ak) et (bk) reliées par la relation
∀n∈N,bn=k=0∑n(kn)ak.On cherche alors à exprimer les an uniquement en fonction des bk, soit à inverser cette formule.
On définit φ l'endomorphisme de R[X] tel que φ(P)(X)=P(X+1) pour tout P∈R[X]. On rappelle que la base canonique de R[X] est la famille (Xn)n∈N=(1,X,X2,…).
- Montrer que φ est bijectif. On pourra pour cela chercher à exhiber sa réciproqueEN.
- Déterminer la matrice de φ dans la base canonique et montrer qu’elle est triangulaire supérieure.
- Déterminer l’inverse de la matrice de la question précédente.
- En déduire la formule d'inversion de Pascal
∀n∈N,an=k=0∑n(kn)(−1)n−kbk.
- Application: On note dn le nombre de permutations de taille n sans point fixe. Montrer que n!=∑k=0n(kn)dk puis utiliser la formule d’inversion de Pascal pour en déduire que:
∀n∈N,dn=n!k=0∑nk!(−1)k.
Solutions
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- Soit ϕ∈End(R[X]) tel que ϕ(P)(X)=P(X−1) pour tout P∈R[X]. Comme (φ∘ϕ)(P)(X)=P(X) et aussi (ϕ∘φ)(P)(X)=P(X) pour tout P∈R[X], on déduit que φ est bijectif et que φ−1=ϕ.
- En remarquant que φ(Xj)=(X+1)j=∑0⩽i⩽jCjiXi pour tout j∈N, la matrice de l’endomorphisme φ dans la base canonique B=(1,X,X2,…) satisfait la relation suivante :
∀i,j∈N: (Mφ,B)i,j={Cji0 si i⩽j si i>j,ce qui montre que la matrice inversible Mφ,B est triangulaire supérieure.
- On rappelle que Mφ,B−1=Mφ−1,B. Car φ−1(Xj)=(X−1)j=∑0⩽i⩽j(−1)j−iCjiXi pour tout j∈N, on peut écrire de la même manière que la matrice de φ−1 dans la base canonique B satisfait cette relation :
∀i,j∈N: (Mφ,B−1)i,j=(Mφ−1,B)i,j={(−1)j−iCji0 si i⩽j si i>j.
- La relation exprimée dans l’énoncé s’écrit avec les vecteurs ligne va=(a0,a1,a2,…) et vb=(b0,b1,b2,…) comme vb=va⋅Mφ,B. En multipliant à droite par l’inverse de la matrice, on a va=vb⋅Mφ,B−1, ce qui implique évidemment la formule d’inversion de Pascal:
∀n∈N: an=k=0∑n(Mφ,B−1)k,nbk=k=0∑n(−1)n−kCnkbk.
- On comptera le nombre de permutations de taille n de deux façons. Premièrement, leur nombre est ∣Sn∣=n!. Deuxièmement, le nombre de permutations de taille n est la somme des permutations de taille n avec n−k points fixes, où k∈[[0,n]]. Pour ce type de permutations, on choisit d’abord les positions de ces points fixes, pour lesquelles on a Cnn−k=Cnk possibilités, et ensuite on peut permuter les k positions restantes, action pour laquelle on a dk possibilités. Enfin, le nombre de permutations de taille n est ∣Sn∣=∑0⩽k⩽nCnkdk.
Ainsi, n!=∑0⩽k⩽nCnkdk et, par la formule d’inversion de Pascal, on arrive à la conclusion:
dn=k=0∑n(−1)n−kCnkk!=k=0∑n(−1)kCnn−k(n−k)!=n!k=0∑nk!(−1)k.