On commence par prouver le petit lemme suivant. Lemme Soit B∈Mn(Z) diagonalisable dans C et dont les valeurs propres sont toutes de module <1 alors B=0. Preuve Le polynôme caractéristique χB de B est à coefficients entiers car le déterminant d’une matrice est un polynôme en ses coefficients. Si on note λ1,…,λr les valeurs propres non nulles de B comptées avec multiplicité alors χB=(X−λ1)⋯(X−λr)Xn−r. Ainsi son coefficient en Xn−r est (−1)rλ1⋯λr∈Z. Mais s’agit également d’un complexe non nul de module <1 ce qui est exclu. C’est donc que B ne possède pas de valeurs propres non nulle. Puisque B est diagonalisable elle est semblable à la matrice nulle donc elle est nulle. □
On commence par justifier que π est bien définie. Soit A∈GLn(Z) alors, ∃A−1∈GLn(Z),AA−1=In donc det(AA−1)=∈Zdet(A)∈Zdet(A−1)=1. Donc det(A)∈−1,1. Puisque la réduction modulo p,Z⟶Fp est un morphisme d’anneaux on a det(A)=σ∈Sn∑ε(σ)a1σ(1)⋯anσ(n)=σ∈Sn∑ε(σ)a1σ(1)⋯anσ(n)=det(A)∈{−1,1}⊂Fp∖{0}.Ainsi pour A∈GLn(Z),π(A)∈GLn(Fp) donc π est bien définie. De plus chaque coefficient du produit de deux matrices est somme et produit de coefficients des deux facteurs. Puisque la réduction modulo p est un morphisme d’anneaux, π est un morphisme de groupes.
Soit G un sous-groupe fini de GLn(Z) de cardinal fini d et soit A∈ker(π)∩G. Puisque A∈ker(π) il existe B∈Mn(Z) telle que A=In+pB. On veut montrer que π∣G est injective, i.e. que son noyau est réduit à {In} donc que B=0. Pour montrer que B=0 on va montrer qu’elle vérifie les hypothèses de la question précédente. D’après le théorème de Lagrange Ad=In, i.e. P=Xd−1 est un polynôme annulateur de A et Q=(1+pX)d−1 annule B. L’ensemble des racines de P est Ud={eid2kπ∣0≤k≤d−1}, l’ensemble les d racines d-ème de l’unité. De même l’ensemble des racines de Q est {pξ−1∣ξ∈Ud} qui est aussi de cardinal d car z↦pz−1 est injective. La matrice B étant annulée par un polynôme scindé à racines simples est diagonalisable dans C. Par ailleurs, son spectre est inclus dans les racines de Q donc toute valeurs propre de B est de la forme pξ−1. Or pξ−1≤p2<1. Donc, d’après le lemme B=0 donc A=In. On a alors ker(π∣G)={In} donc π∣G est un morphisme injectif.
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