Montrons que On(R)∩Mn(R+)=n!, et que ces matrices sont exactement les matrices de permutation.
Soit A=(aij)∈On(R) avec aij⩾0 pour tous i,j. Notons C1,…,Cn ses colonnes.
Étape 1 : L’orthogonalité de A signifie que les colonnes sont orthonormales. Pour i=j, 0=⟨Ci,Cj⟩=k=1∑nakiakj,somme de termes positifs ou nuls. Chacun est donc nul : ∀k,akiakj=0. Autrement dit, deux coefficients d’une même ligne ne peuvent être simultanément non nuls.
Étape 2 : La relation ATA=In entraîne AAT=In, donc les lignes de A sont elles aussi unitaires : pour tout k, j=1∑nakj2=1.D’après l’étape 1, un seul terme de cette somme est non nul, disons celui d’indice j=σ(k) : il vaut donc akσ(k)2=1, et la positivité donne akσ(k)=1.
Étape 3 : L’application σ:[[1,n]]→[[1,n]] ainsi définie est injective : si σ(k)=σ(ℓ)=j avec k=ℓ, la colonne Cj contiendrait deux coefficients égaux à 1, d’où ∥Cj∥2⩾2, contredisant ∥Cj∥=1. Une injection d’un ensemble fini dans lui-même étant bijective, σ∈Sn et aij=δj,σ(i), A est la matrice de permutation associée à σ.
Réciproquement, toute matrice de permutation Pσ est à coefficients dans {0,1}⊂R+, et ses colonnes forment une permutation de la base canonique, donc une famille orthonormale : Pσ∈On(R). ■
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