Question 1
Montrons que Gf est un sous-groupe de (R,+).
Tout d’abord 0∈Gf : ∀x∈R,f(x+0)=f(x)
Ensuite Gf est stable par addition et passage à l’opposé :
Soient T1 et T2 dans Gf
Ce qui veut dire que ∀x∈R,f(x+T1)=f(x) et ∀x∈R,f(x+T2)=f(x)
Gf est stable par addition : ∀x∈R,f(x+T1+T2)=f(x+T1)=f(x)
Nous avons ainsi T1+T2∈Gf
Gf est stable par passage à l’opposé : ∀x∈R,f(x)=f(x−T1+T1)=f(x−T1)
Nous avons ainsi −T1∈Gf
Question 2
La période principale, si elle existe, est le réel min(Gf∩R+∗).
La période principale est bien définie dans le cas où Gf est discret et non-réduit à {0}. En effet : Gf s’écrit aZ avec a∈R+∗ . On a Gf∩R+∗={ka ; k∈N∗} . Nous pouvons donc affirmer que min(Gf∩R+∗) existe et que ce réel vaut a.
En revanche si Gf est dense, Gf∩R+∗ n’admet pas de minimum. En effet : Supposons par l’absurde que Gf∩R+∗ admet un minimum que l’on note T. Par densité de Gf, il existe un élément de Gf dans ]0,T[. Les éléments de ]0,T[ sont également des éléments de R+∗ . On a montré qu’il existe un élément de Gf∩R+∗ dans ]0,T[ mais ceci est absurde car cet élément est strictment plus petit que T, ce qui contredit la minimalité de T.
Question 3
Soit x∈R, montrons que f(x)=f(0).
Comme Gf est dense dans R par hypothèse, il existe une suite (Tn)n∈N∈(Gf)N qui converge vers 0 par valeurs strictement supérieures (c’est-à-dire en étant à termes strictement positifs).
Comme Gf est un groupe, ∀k∈Z,∀u∈Gf,k⋅u∈Gf,
ainsi : ∀n∈N,−⌊Tnx⌋Tn∈Gf
Par définition de Gf, ∀n∈N,f(x−⌊Tnx⌋Tn)=f(x)
Par encadrement de la partie entière et théorème des encadrements pour les suites, on a :
∀n∈N,Tnx−1<⌊Tnx⌋≤Tnx
∀n∈N,x−Tn<⌊Tnx⌋Tn≤x par stricte positivité de la suite (Tn)
et donc n→+∞lim⌊Tnx⌋Tn=x
Par continuité de f : n→+∞limf(x−⌊Tnx⌋Tn)=f(x−x)=f(0)
Par le fait que (f(x−⌊Tnx⌋))n∈N est constante de valeur f(x) : n→+∞limf(x−⌊Tnx⌋Tn)=n→+∞limf(x)=f(x)
Par unicité de la limite : f(x)=f(0).
Ce qui montre que f est constante.
Remaque : Pour n’importe quelle application g définie sur R : g est constante ⇔ Gg=R
Question 4
Dans la question 3, nous avons en fait pas eu besoin de la continuité de f sur R tout entier mais seulement au point 0.
Soit x∈R et (Tn)n∈N∈(Gf∩R+∗)N qui converge vers 0.
Comme f est continue en x0, on a par caractérisation séquentielle de la continuité :
n→+∞limf(x−⌊Tnx−x0⌋Tn)=f(x0)
Nous avons aussi par définition de Gf :
n→+∞limf(x−⌊Tnx−x0⌋Tn)=n→+∞limf(x)=f(x)
Ce qui montre que f(x)=f(x0) par unicité de la limite.
On conclut que f est constante.
Question 5
Nous allons montrer que l’indicatrice des rationnels, appelée également fonction de Dirichlet, est périodique, plus précisément, que tout rationnel est une période de cette fonction.
On rappelle que l’indicatrice des rationnels est définie de la manière suivante :
∀x∈R,1Q(x)={1,x∈Q0,sinon
Nous avons ∀x∈Q,∀r ∈Q,x+r∈Q et ∀x∈(R∖Q),∀r ∈Q,x+r∈(R∖Q)
Ainsi, soit T∈Q
∀x∈R,1Q(x+T)=1Q(x)
T est une période de 1Q
Nous avons montré que tout rationnel est une période de 1Q.
De plus, aucun irrationnel n’est période de 1Q :
Soit α∈(R∖Q)
On a : 1=1Q(0)=1Q(−α+α)=1Q(−α)=0
α n’est pas une période de 1Q
Nous avons montré que G1Q=Q . Comme Q est dense dans R, on peut affirmer que la fonction de Dirichlet n’admet pas de plus petite période.
Au passage, on a prouvé que 1Q est continue nulle part sur R.