Procédons par récurrence.
On pose a0 et a1 quelconques dans R∗, alors le polynôme a0+a1X est bien scindé à racines simples.
Supposons maintenant qu’il existe n∈N∗ tel que a0,...,an soient construits. Construisons an+1:
Soit x1,...,xn les racines de Pn=∑k=0nakXk.
L’idée principale est d’exploiter la continuité des polynômes avec le théorème des valeurs intermédiaires.
On chercherait à prendre judicieusement 2n points, notés uk et vk vérifiant uk<xk<vk et Pn(uk) est de signe diffeˊrent de Pn(vk).
Ainsi, pour un choix de an+1 petit, Pn+1(uk) (respectivement Pn+1(vk)) serait de même signe que Pn(uk) (respectivement Pn(vk)), alors par théorème des valeurs intermédiaires (TVI), on trouverait n racines de Pn+1.
Il nous reste à trouver une racine.
Pour cela on regarde le comportement asymptotique de Pn+1: Pn+1∼±∞an+1xn+1
Ainsi, Pn+1→±∞ en fonction du signe de an+1. On choisit alors an+1 de signe opposé à Pn(vn). Il viendra alors par TVI qu’il existe une racine de Pn+1 qui soit dans ]vn+∞[. On a bien nos n racines, le polynôme est donc bien scindé sur R.
Formalisons cela:
Comme Pn est scindé à racines simples, alors toute racine de Pn n’est pas racine de Pn′. Il vient donc que toute racine de Pn n’est pas un extremum local, donc Pn change de signe en ses racines.
On choisit alors 2n points, notés uk et vk vérifiant u1<x1<v1<...<un<xn<vn et pour tout k, Pn(uk) est de signe diffeˊrent de Pn(vk).
On choisit an+1 tel que ∀x=u1,...,un,v1,...,vn,∣an+1xn+1∣<minx=u1,...,un,v1,...,vn{∣Pn(x)∣}, donc
∣an+1∣<(maxx=u1,...,un,v1,...,vn{∣x∣})n+1minx=u1,...,un,v1,...,vn{∣Pn(x)∣}Il vient alors par construction que Pn+1(uk) (respectivement Pn+1(vk)) est de même signe que Pn(uk) (respectivement Pn(vk)).
Donc par TVI pour tout k, ∃xk′∈]uk,vk[,Pn+1(xk′)=0
De plus, on impose an+1 de signe opposé à Pn(vn). Alors, si on suppose sans perte de généralité que Pn(vn)>0, alors Pn+1∼+∞an+1xn+1→−∞.
Il vient donc par TVI que ∃xn+1′∈]vn,+∞[,Pn+1(xn+1′)=0
On a bien trouvé n+1 racines distinctes (car chaque intervalle est disjoint) de Pn+1, donc Pn+1 est scindé à racines simples sur R.
On en conclut par principe de récurrence l’existence d’une telle suite.
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