Étape 1 : α⩾0. Si α<0, alors 2α∈]0,1[, ce qui contredit 2α∈N. Si α=0, la conclusion est acquise ; on suppose donc désormais α>0.
Étape 2 : mise en place. Posons f(x)=xα sur ]0,+∞[ et k=⌊α⌋. Supposons par l’absurde α∈/N, de sorte que k<α<k+1.Pour tout n∈N∗, les nombres f(n),f(n+1),…,f(n+k+1) sont entiers, donc Δk+1f(n)=j=0∑k+1(−1)k+1−j(jk+1)(n+j)α∈Z.
Étape 3 : cette quantité est non nulle et tend vers 0. La fonction f est de classe C∞ sur ]0,+∞[ et f(k+1)(x)=α(α−1)⋯(α−k)xα−k−1.Comme α∈/N, aucun des facteurs α−j (0⩽j⩽k) n’est nul : posons C=α(α−1)⋯(α−k)>0. Le lemme initial fournit ξn∈]n,n+k+1[ tel que Δk+1f(n)=f(k+1)(ξn), d’où d’une part Δk+1f(n)=0,et d’autre part, puisque α−k−1<0 et ξn>n, Δk+1f(n)=Cξnα−k−1⩽Cnα−k−1n→+∞0.
Étape 4 : conclusion. Choisissons n assez grand pour que Cnα−k−1<1. Alors Δk+1f(n) est un entier non nul de valeur absolue strictement inférieure à 1 : contradiction.
Donc α∈N. Réciproquement, tout α∈N convient évidemment.
Remarque: L’hypothèse « pour tout n » peut être considérablement affaiblie : il suffit que nα∈N pour n dans une progression arithmétique, l’argument des différences finies s’appliquant à g(x)=f(a+bx), dont la dérivée (k+1)-ième est encore en xα−k−1 à constante près.
No messages yet.