Quels est le sous-espace vectoriel de engendré par :
- ?
- Les matrices nilpotentes ?
- ?
- ?
Solutions
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1
Soit .
Le polynôme caractéristique est un polynôme de degré à coefficients réels. Il admet donc au plus racines dans .
Le corps étant infini, il existe tel que , c’est-à-dire tel que .
On décompose alors sous la forme :
Comme et , la matrice s’écrit comme une combinaison linéaire d’éléments de . Ainsi, .
2
Montrons que : Pour tout entier ,
Inclusion directe : Si , son unique valeur propre complexe est , donc . Par linéarité de la trace, on a .
Inclusion réciproque : Montrons d’abord que toute matrice de trace nulle est semblable à une matrice à diagonale nulle.
Soit non scalaire. Il existe tel que la famille soit libre.
Si pour tout , était liée, alors pour tout , il existerait tel que . Par un argument classique de dépendance scalaire, est indépendant de , impliquant , ce qui contredit le fait que n’est pas scalaire.
Montrons par récurrence sur le résultat. L’initialisation est triviale. Soit de trace nulle.
- Si est scalaire, , dont la diagonale est nulle.
- Si n’est pas scalaire, il existe tel que soit libre. On pose et on complète en une base . Dans cette base, la matrice semblable s’écrit :
avec , et .
Par invariance de la trace, . Par hypothèse de récurrence, il existe tel que ait une diagonale nulle. En posant , la matrice est à diagonale nulle.
Ainsi, toute matrice est semblable à une matrice à diagonale nulle. On peut décomposer , où est triangulaire supérieure stricte et triangulaire inférieure stricte. Ces deux matrices étant nilpotentes, (et donc ) est somme de deux matrices nilpotentes. D’où le résultat.
3
Montrons que :
Il suffit d’exprimer les matrices de la base canonique comme combinaisons linéaires de matrices orthogonales.
- Matrices : Pour tout , la matrice est orthogonale. Comme ,
- Matrices : Les matrices suivantes appartiennent à :
On a alors :
La base canonique étant incluse dans , on conclut que .
4
Le sous-espace vectoriel engendré par vérifie :
- Si : ;
- Si : ;
- Si : .
Pour , décomposons les éléments de la base canonique :
- Matrices : Pour des indices distincts , la matrice de retournement appartient à car . En choisissant trois indices distincts (possible car ), on a :
- Matrices :
- Les matrices et appartiennent à . On obtient :
- En choisissant , la matrice appartient à (), d’où :
- Par somme, .
- Les matrices et appartiennent à . On obtient :
Ainsi, pour .
Toute matrice de la base canonique de (tous les coefficients nuls sauf l’un d’entre eux) s’écrit et est triangulaire à coefficients diagonaux tous non nuls, donc inversible ; est donc différence de deux matrices inversibles.
Toute matrice de est combili de matrices canoniques, chacune combili de deux matrices inversibles :Lemme (utile en soi) Toute matrice nilpotente est de trace nulle.
preuve du lemme
a) Toute matrice nilpotente est (comme toute matrice) semblable à une matrice triangulaire (dont les coefficients diagonaux sont les valeurs propres de ) elle aussi nilpotente.
b) pour tout entier , les coefficients diagonaux de sont les puissances -ièmes de ceux de ; si donc l’un d’entre eux est non nul, n’est pas nulle, ce qui contredit la nilpotence de . Donc tous les coefficients diagonaux de sont nuls et .
c) la trace étant invariante par similitude, on a .
donc par linéarité de la trace : .
On sait que est de dimension (noyau d’une forme linéaire) ; il suffit maintenant d’exhiber une famille libre de matrices nilpotentes pour obtenir l’égalité. Les matrices canoniques dont l’unique coefficient non nul est en dehors de la diagonale et les matrices sont nilpotentes et de trace nulle ; dans toute combinaison linéaire nulle
le coefficient en ligne et colonne est ; on reste avec une combili de matrices canoniques, les coefficients sont aussi nuls. Les matrices forment donc une famille libre de et on peut conclure :
rem : les matrices exhibées sont -nilpotentes. On a donc le résultat plus précis : les matrices telles que engendrent .
- Il suffit d’engendrer chaque matrice de la base canonique de comme combili de matrices orthogonales. Dans les matrices de permutation (tous les coefficients nuls sauf un seul coefficient 1 par ligne et par colonne ; c’est orthogonal par respect des b.o.n), piochons une telle que (on a le choix, il y en a ...) et on définit , qui est aussi orthogonale ( les mêmes coefficients que sauf donc :
- Quand , toute matrice de s’écrit : ensemble des matrices de similitudes directes.
Quand est impair, le résultat du 3) suffit car quand , ...
Quand est pair, pour fixés, on choisit
- ,
- une matrice de permutation telle que , on pose qui est aussi dans (on a changé deux signes),
- une autre matrice de permutation telle que , on pose qui est aussi dans (on a changé deux signes).
En additionnant les deux définitions de et , on obtient :
.
