This score reflects both the level of the required concepts and the difficulty of the solution.Ce score tient compte à la fois du niveau des notions nécessaires et de la difficulté de la résolution.
1–10First steps / middle schoolPremiers pas / collège
Commençons par un cas particulier Supposons que la norme est euclidienne. Si ∥⋅∥ dérive d’un produit scalaire, notons P la projection orthogonale sur F et posons φ=φ∘P. C’est une forme linéaire prolongeant φ, et comme ∥P∥=1, ∣φ(x)∣=∣φ(Px)∣⩽∥Px∥⩽∥x∥ . Rien de plus n’est nécessaire. C’est le seul cas où le prolongement optimal est de surcroît unique, et cela explique pourquoi la difficulté est purement liée à la géométrie de la boule unité, pas à la dimension.
Revenons à l’exercice. On procède en 3 étapes.
Par hypothèse ∣∣∣φ∣∣∣=1, donc ∀z∈F,∣φ(z)∣⩽∥z∥, et cette constante 1 est optimale.
Soient x,y∈F. Alors x−y∈F, donc φ(x)−φ(y)=φ(x−y)⩽∥x−y∥.L’inégalité triangulaire donne ∥x−y∥=∥(x−a)+(a−y)∥⩽∥x−a∥+∥a−y∥, d’où φ(x)−φ(y)⩽∥x−a∥+∥a−y∥,ce qui est exactement l’inégalité annoncée après réarrangement : φ(x)−∥x−a∥⩽φ(y)+∥a−y∥.■Cette inégalité est valable pour tout a∈E.
Supposons a∈/F et posons G=F⊕Ra, la somme étant directe précisément parce que a∈/F. L’inégalité de la question 1 signifie que s:=x∈Fsup(φ(x)−∥x−a∥)⩽y∈Finf(φ(y)+∥a−y∥)=:m.Ces deux quantités sont finies : en prenant x=y=0, on obtient −∥a∥⩽s⩽m⩽∥a∥. Fixons donc t∈[s,m] et définissons ψ:G⟶R,ψ(x+λa)=φ(x)+λt,application bien définie et linéaire grâce à l’unicité de la décomposition x+λa.
Majoration ψ⩽∥⋅∥. Soient x∈F et λ∈R.
Si λ>0 : la majoration t⩽m appliquée à y=−x/λ∈F donne t⩽φ(−x/λ)+∥a+x/λ∥. En multipliant par λ>0 et en utilisant l’homogénéité de la norme, λt⩽−φ(x)+∥x+λa∥,soitψ(x+λa)⩽∥x+λa∥.
Si λ<0, écrivons λ=−μ avec μ>0. La minoration t⩾s appliquée au point x/μ∈F donne t⩾φ(x/μ)−∥x/μ−a∥, d’où après multiplication par μ μt⩾φ(x)−∥x−μa∥,soitψ(x−μa)⩽∥x−μa∥.
Si λ=0, c’est la majoration φ(x)⩽∥x∥.
On a donc ψ(z)⩽∥z∥ pour tout z∈G ; en appliquant cela à −z on obtient −ψ(z)⩽∥z∥, d’où ∣ψ(z)∣⩽∥z∥ et ∣∣∣ψ∣∣∣⩽1. Réciproquement, ψ prolonge φ, donc son supremum porte sur un ensemble plus grand : ∣∣∣ψ∣∣∣⩾∣∣∣φ∣∣∣=1.Ainsi ∣∣∣ψ∣∣∣=1.
Raisonnons par récurrence sur la codimension d=dimE−dimF, finie puisque E l’est. Si d=0, alors F=E et il n’y a rien à faire. Si d⩾1, choisissons a∈E∖F : l’étape 2 fournit un prolongement ψ de φ à G=F⊕Ra, de norme 1, et dimE−dimG=d−1. L’hypothèse de récurrence appliquée à (G,ψ) donne un prolongement φ à E de norme 1, qui prolonge ψ donc aussi φ.
Il existe donc φ∈E∗ telle que φ∣F=φet∣∣∣φ∣∣∣=1.■