On note Ekℓ la matrice élémentaire dont le seul coefficient non nul vaut 1, en position (k,ℓ). On a
EkiMEjℓ=mijEkℓpour tout M=(mij)∈Mn(A),Soit I un idéal de A. L’ensemble Mn(I) est un sous-groupe additif, et pour B∈Mn(A), M∈Mn(I),
(BM)ij=k∑bikmkj∈I,(MB)ij=k∑mikbkj∈I,Soit J un idéal bilatère de Mn(A) et posons
I={a∈A : aE11∈J}.I est un idéal de A. Il contient 0 et est stable par addition puisque J l’est. Pour a∈I et b∈A, on a (bE11)(aE11)=baE11∈J, car J est un idéal à gauche : donc ba∈I.
J⊆Mn(I). Si M∈J, la règle fondamentale donne mijE11=E1iMEj1∈J par bilatéralité, donc mij∈I pour tous i,j.
Mn(I)⊆J. Si a∈I, alors aEkℓ=Ek1(aE11)E1ℓ∈J pour tous k,ℓ, et toute matrice de Mn(I) est une somme de telles matrices.
D’où J=Mn(I). ■
L’application I↦Mn(I) est injective, puisque I se lit sur les coefficients en position (1,1) des éléments de Mn(I). Elle établit donc une bijection croissante entre les idéaux de A et les idéaux bilatères de Mn(A).