Ivan Shishkin, Rye (1878)

Problems/Linear algebra

Un résultat renversant

by FiniteField·
42
Difficulty scaleÉchelle de difficulté

This score reflects both the level of the required concepts and the difficulty of the solution.Ce score tient compte à la fois du niveau des notions nécessaires et de la difficulté de la résolution.

  1. 1–10First steps / middle schoolPremiers pas / collège
  2. 11–25Beginner / high schoolDébutant / lycée
  3. 26–50Intermediate / undergraduateIntermédiaire / licence
  4. 51–70Advanced / graduateAvancé / master
  5. 71–90Expert / specializedExpert / spécialisé
  6. 91–100Research levelNiveau recherche
These levels are approximate guides.Ces niveaux sont des repères approximatifs.
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Français

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Soient n∈N∗n\in\mathbb{N}^* et A∈GLn(R)A\in\mathrm{GL}_n(\mathbb{R}). Montrer que AA est diagonalisable si, et seulement si A−A−1A-A^{-1} l’est.

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  1. Oral Mines-Ponts filière MP 2017 (RMS 128-2 484)
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Solution by FiniteField

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Solution en vidéo : https://youtu.be/0-T0DfnDBPo

⇒\boxed{\Rightarrow} Soit P∈GLn(R)P\in\mathrm{GL}_n(\mathbb{R}) telle que P−1AP=diag⁡(λ1,…,λn)P^{-1}AP=\operatorname{diag}(\lambda_1,\dots,\lambda_n) diagonale. Alors P−1APP^{-1}AP est inversible comme produit de matrice inversible et (P−1AP)−1=P−1A−1P=diag⁡(1/λ1,…,1/λn)(P^{-1}AP)^{-1}=P^{-1}A^{-1}P=\operatorname{diag}(1/\lambda_1,\dots,1/\lambda_n). On a donc
P−1(A−A−1)P=P−1AP−P−1A−1P=diag⁡(λ1−1λ1,…,λn−1λn).P^{-1}(A-A^{-1})P=P^{-1}AP-P^{-1}A^{-1}P=\operatorname{diag}\left(\lambda_1-\dfrac{1}{\lambda_1},\dots,\lambda_n-\dfrac{1}{\lambda_n}\right).⇐\boxed{\Leftarrow} Supposons A−A−1A-A^{-1} diagonalisable. Elle est alors annulée par un polynôme unitaire scindé à racines simples dans R[X].\mathbb{R}[X]. Soient λ1,…,λr\lambda_1,\dots,\lambda_r des réels distincts tels que P=∏i=1r(X−λi)P=\displaystyle\prod_{i=1}^r(X-\lambda_i) annule A−A−1A-A^{-1}. On a alors P(A−A−1)=0P(A-A^{-1})=0 et donc, puisque AA commute avec A,A−1A,A^{-1} et In,I_n,
0=ArP(A−A−1)=∏i=1r(A2−In−λiA)=∏i=1r(A2−λiA−In).0=A^rP(A-A^{-1})=\prod_{i=1}^r(A^2-I_n-\lambda_i A)=\prod_{i=1}^r(A^2-\lambda_i A-I_n).Autrement dit, le polynôme Q=∏i=1r(X2−λiX−1)Q=\displaystyle\prod_{i=1}^{r}(X^2-\lambda_i X-1) annule A.A. Par ailleurs, pour λ∈R,\lambda\in\mathbb{R}, le discriminant de X2−λX−1X^2-\lambda X-1 est Δ=λ2+4>0\Delta=\lambda^2+4>0 si bien que
X2−λX−1=(X−λ+λ2+42)(X−λ−λ2+42)=(X−2f(λ))(X−2g(λ)).X^2-\lambda X-1=\left(X-\dfrac{\lambda+\sqrt{\lambda^2+4}}{2}\right)\left(X-\dfrac{\lambda-\sqrt{\lambda^2+4}}{2}\right)=(X-2f(\lambda))(X-2g(\lambda)).avec ff et gg les fonctions définies sur R\mathbb{R} par f(x)=x+x2+4f(x)=x+\sqrt{x^2+4} et g(x)=x−x2+4g(x)=x-\sqrt{x^2+4} vérifient ∀x∈R,f(x)>0\forall x\in\mathbb{R}, f(x)>0 et g(x)<0g(x)<0 si bien qu’elles prennent des valeurs distinctes. D’autre part, ff est dérivable et f′(x)=1+xx2+4f'(x)=1+\dfrac{x}{\sqrt{x^2+4}} mais ∣x∣=x2<x2+4\left|x\right|=\sqrt{x^2}<\sqrt{x^2+4} donc −1<xx2+4<1-1<\dfrac{x}{\sqrt{x^2+4}}<1. Par conséquent, ∀x∈R,f′(x)>0\forall x\in\mathbb{R}, f'(x)>0 donc ff est strictement croissante donc injective. De même gg est aussi injective car aussi strictement croissante. En particulier, si λ≠μ\lambda\neq \mu alors f(λ),f(μ),g(λ)f(\lambda),f(\mu),g(\lambda) et g(μ)g(\mu) sont tous distincts deux à deux. Le polynôme QQ est alors lui aussi scindé à racine simple et annulateur de AA donc AA est diagonalisable.

Solution by Venus2

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Notons B:=A−A−1B:=A-A^{-1}, FF la somme directe des sous espaces propres (réels) de AA et GG la somme directe des sous espaces propres (réels) de BB.
Remarquons que GG peut s’écrire comme somme directe pour tt parcourant R\R des sous espaces ker⁡(B−tIn)\ker(B-tI_{n}). En effet, tous les espaces dans une telle somme sont nuls sauf peut-être un nombre fini.

  1. Si tt est dans le spectre de AA (donc non nul puisque AA est inversible) il existe un vecteur XX non nul tel que AX=tXAX=tX, d’où A−1X=1/tXA^{-1}X=1/tX et donc BX=(t−1/t)XBX=(t-1/t)X et donc XX est vecteur propre de B et en particulier est dans la somme directe des sous espaces propres de B. Comme ceci est vrai pour tout tt dans le spectre de AA et tout vecteur propre correspondant, on vient de prouver que F⊂GF\subset G
  2. si tt est dans le spectre de BB, il existe un vecteur XX non nul tel que BX=tXBX=tX d’où ABX=tAXABX=tAX soit (A2−tA−In)X=0(A^{2}-tA-I_{n})X=0. (1) Le polynôme réel P:=X2−tX−1P:=X^2-tX-1 a un discriminant strictement supérieur à zéro, donc possède deux racines réelles distinctes et donc, par le lemme des noyaux, (1) donne queXX est dans la somme directe des sous espaces propres de AA. Finalement G⊂FG\subset F.
  3. D’après 1) et 2) on a alors F=GF=G
  4. Si AA est diagonalisable alors F=RnF=\R^{n} et donc d’après 3), G=RnG=\R^{n} ce qui signifie, par définition, que BB est diagonalisable.
    Même chaîne d’arguments si BB est diagonalisable. Conclusion AA est diagonalisable ssi BB est diagonalisable.

Solution by budleya

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⇒\boxed{\Rightarrow} Supposons AA diagonalisable (dans R\R) : il existe P∈GLn(R)P\in GL_{n}(\R) inversible et D∈Mn(R)D\in M_{n}(\R) diagonale telles que P−1AP=DP^{-1}AP=D. Alors DD est inversible et P−1A−1P=D−1P^{-1}A^{-1}P=D^{-1} est aussi diagonale. Il en résulte en développant que P−1(A−A−1)P=D−D−1P^{-1}(A-A^{-1})P=D-D^{-1} qui est diagonale donc A−A−1A-A^{-1} est diagonalisable.

⇐\boxed{\Leftarrow} Avant de commencer, rappelons le résultat classique sur les polynômes de matrices : Quand U,VU,V sont deux polynômes premiers entre eux, on a ker⁡UV(A)=ker⁡U(A)⊕ker⁡V(A)\ker UV(A)=\ker U(A)\oplus \ker V(A)

Preuve si besoin

(exploiter à fond l’existence de deux polynômes u,vu,v tels que uU+vV=1uU+vV=1 en instanciant en AA).
Voir p.ex. Arnaudiès et Frayssé, Cours de mathématiques -1, page 638 (Dunod)

Supposons B=A−A−1B=A-A^{-1} diagonalisable et travaillons sur une valeur propre (réelle) μ\mu de BB.
L’équation en xx : x−1/x=μx-1/x=\mu est trinômiable à discriminant μ2+4\mu^{2}+4 strictement positif, elle a donc deux racines réelles distinctes λ,λ′\lambda,\lambda' de produit -1 (donc non nulles et λ′=−1/λ\lambda'=-1/\lambda) et de somme μ=λ+λ′\mu=\lambda+\lambda'.
On peut factoriser de deux façons AB−μAAB-\mu A :

  1. AB−μA=A(B−μIn)AB-\mu A=A(B-\mu I_{n}), ce qui donne ker⁡(AB−μA)=Eμ(B)\ker (AB-\mu A)=E_{\mu}(B) car AA est inversible,
  2. AB−μA=A2−In−(λ+λ′)A=(A−λIn)(A−λ′In)AB-\mu A=A^{2}-I_{n}-(\lambda +\lambda')A=(A-\lambda I_{n})(A-\lambda' I_{n})
    En rapprochant les deux et en invoquant le résultat classique (X−λX-\lambda et X−λ′X-\lambda' sont premiers entre eux car λ≠λ′\lambda\neq\lambda'), il vient
    Eμ(B)=Eλ(A)⊕Eλ′(A)E_{\mu}(B)=E_{\lambda}(A)\oplus E_{\lambda'}(A)et Rn\R^{n} étant somme directe des Eμ(B)E_{\mu}(B) pour μ∈Sp(B)\mu\in Sp(B) car BB est diagonalisable, il est aussi somme directe de sous-espaces propres de AA, donc AA est diagonalisable.
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