This score reflects both the level of the required concepts and the difficulty of the solution.Ce score tient compte à la fois du niveau des notions nécessaires et de la difficulté de la résolution.
1–10First steps / middle schoolPremiers pas / collège
On raisonne par analyse-synthèse. Analyse. Soient A,B∈GLn(C) et λ∈C tels que AB=λBA. En passant au déterminant dans la relation on obtient det(A)det(B)=λndet(A)det(B) donc λn=1 puisque A et B sont inversibles. On en déduit que λ est une racine n-ème de l’unité. Synthèse. Soit λ∈Un. On pose A=diag(1,λ,…,λn−1), la matrice de l’endomorphisme f:Cn→Cn défini sur la base canonique de Cn par f(ej)=λj−1ej et B la matrice du cycle (12⋯n), c’est à dire la matrice de l’endomorphisme g défini par g(ej)=ej+1 pour j⩽n−1 et g(en)=e1. Le calcul du produit d’endomorphisme est ici plus commode à mener que le produit matriciel. On a ∀1⩽j⩽n−1,f(g(ej))=f(ej+1)=λjej+1 et g(f(ej))=λj−1ej+1 et f(g(en))=f(e1)=e1 et g(f(en))=λn−1e1. On remarque qu’on a bien ∀j,f(g(ej))=λg(f(ej)) ce qui revient à l’écriture matricielle AB=λBA.L’ensemble des λ∈C tels qu’il existe A,B inversibles telles que AB=λBA est donc Un.
On va montrer le résultat suivant : "Soit λ∈Un. Alors tout couple de matrice (A,B)∈GLn(C)2 tel que AB=λBA est formé de matrices diagonalisables si et seulement si λ est d’ordre n". Soient λ∈Un,A,B∈GLn(C) tels que AB=λBA. On pose r l’ordre de λ dans Un. On rappelle que ∀k∈N,ABk=λkBkA et plus généralement, par linéarité du produit matriciel, ∀P∈C[X],AP(B)=P(λB)A.En particulier, pour P=χB on a, d’après le théorème de Cayley-Hamilton, 0=χB(λB)A donc, par inversibilité de A,χB(λB)=0. Le polynôme χB(λX) est annulateur de B donc le spectre de B est inclus dans les racines χB(λX) qui est l’ensemble λ1Sp(B). Par injectivité de z↦λz on a Sp(B)=λSp(B). L’application σ:μ∈Sp(B)↦λμ∈Sp(B) étant une bijection, c’est un élément de S(Sp(B)). Elle se décompose de façon unique en produit de cycles à supports disjoints. Soit μ∈Sp(B), on a σr(μ)=λrμ=μ et ∀0⩽j<r,σj(μ)=λjμ=μ si bien que μ est dans un cycle de longueur r de σ. Autrement dit, σ est un produit de d=rmr-cycles à supports disjoints avec m=#Sp(B). On peut déjà conclure que si r=n, i.e. si λ est une racine primitive n-ème, alors σ contient un cycle de longueur n donc #Sp(B)⩾n. La matrice B a donc n valeurs propres distinctes donc est diagonalisable. Par symétrie il en va de même pour A. On a donc montré le sens indirect de la proposition souhaitée. On va faire le sens direct par la contraposée. Supposons que λ soit d’ordre r<n et montrons qu’il existe un couple (A,B)∈GLn(C)2 avec A ou B diagonalisables. Pour cela on va réutiliser les matrices de la première question et faire \og gonfler\fg~ses coefficients en les transformant en blocs. On considère la matrice A′=diag(1,λ,…,λr−1) et B′ la matrice du r-cycle c=(12⋯r). Les matrices A′ et B′ sont des matrices de tailles r×r. On pose m=rn et J∈GLm(C) avec des 1 sur la diagonale et sur la surdiagonale. La matrice J n’est pas diagonalisable car Sp(J)={1} et dim(ker(J−In))=1<m. On pose alors A et B les matrices définie par blocs par A=diag(J,λJ,…,λr−1J) et B=(Bi,j)1⩽i,j⩽r avec Bi,j=δi,c(i)Im, c’est à dire la matrice de permutation par blocs de c. Ce sont bien des matrices inversibles car calcul par bloc du déterminant, elles sont dans Mrm(C)=Mn(C) et, par calculs par blocs on a AB=λBA. Par ailleurs, A n’est pas diagonalisable car 1 valeur propre de multiplicité m>1 et dim(ker(A−In))=1.