Ivan Shishkin, Birch Grove

Action de groupe

Definition / General algebra / Reviewed

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Définition intuitive

Un groupe GG agit sur un ensemble XX lorsque chaque élément de GG « déplace » les points de XX de façon compatible avec la loi du groupe. L’action crée un dialogue dans les deux sens : de GG vers XX, elle découpe XX en orbites (classification, dénombrement) ; de XX vers GG, elle fait apparaître des sous-groupes naturels (stabilisateurs, noyau) et des plongements de GG dans des groupes de permutations.

Définition formelle

Soient GG un groupe d’élément neutre ee et XX un ensemble non vide. Une action (à gauche) de GG sur XX est une application
G×X→X,(g,x)↦g⋅xG \times X \to X, \qquad (g, x) \mapsto g \cdot xvérifiant les deux axiomes :

  1. e⋅x=xe \cdot x = x pour tout x∈Xx \in X ;
  2. g⋅(h⋅x)=(gh)⋅xg \cdot (h \cdot x) = (gh) \cdot x pour tous g,h∈Gg, h \in G et x∈Xx \in X.

On dit que GG opère (ou agit) sur XX, que XX est un GG-ensemble, et on note G↷XG \curvearrowright X.

Point de vue équivalent. Se donner une action de GG sur XX revient à se donner un morphisme de groupes
τ:G→S(X),τ(g)(x)=g⋅x,\tau : G \to \mathfrak{S}(X), \qquad \tau(g)(x) = g \cdot x,où S(X)\mathfrak{S}(X) est le groupe des bijections de XX. En effet, l’axiome 2 dit que τ(gh)=τ(g)∘τ(h)\tau(gh) = \tau(g) \circ \tau(h), l’axiome 1 que τ(e)=idX\tau(e) = \mathrm{id}_X ; chaque τ(g)\tau(g) est donc bijective, de réciproque τ(g−1)\tau(g^{-1}). Le premier point de vue est le plus intuitif ; le second fait apparaître le noyau ker⁡τ\ker \tau et relie les actions aux groupes de permutations.

Exemples

  1. Action naturelle du groupe symétrique. Sn\mathfrak{S}_n agit sur {1,…,n}\{1, \ldots, n\} par σ⋅i=σ(i)\sigma \cdot i = \sigma(i).
  2. Translation à gauche. GG agit sur lui-même par g⋅x=gxg \cdot x = gx. Plus généralement, si HH est un sous-groupe de GG, alors GG agit sur l’ensemble G/HG/H des classes à gauche par g⋅(aH)=(ga)Hg \cdot (aH) = (ga)H.
  3. Conjugaison. GG agit sur lui-même par g⋅x=gxg−1g \cdot x = g x g^{-1}, et sur l’ensemble de ses sous-groupes par g⋅H=gHg−1g \cdot H = g H g^{-1}.
  4. Action linéaire. GLn(K)\mathrm{GL}_n(K) agit sur KnK^n par A⋅v=AvA \cdot v = Av ; sur Mn(K)M_n(K) par conjugaison P⋅A=PAP−1P \cdot A = PAP^{-1} ; sur les matrices symétriques par congruence P⋅S=PSP⊤P \cdot S = P S P^{\top}.
  5. Géométrie. Le groupe diédral D4D_4 des isométries du carré agit sur ses 44 sommets, sur ses 44 côtés, sur ses 22 diagonales : un même groupe possède des actions très différentes.
  6. Action triviale. g⋅x=xg \cdot x = x pour tous gg et xx.

Remarques

  • Piège classique. On voudrait faire agir Sn\mathfrak{S}_n sur KnK^n en permutant les coordonnées par σ⋅(c1,…,cn)=(cσ(1),…,cσ(n))\sigma \cdot (c_1, \ldots, c_n) = (c_{\sigma(1)}, \ldots, c_{\sigma(n)}). Ce n’est pas une action à gauche : on vérifie que σ⋅(τ⋅c)=(τσ)⋅c\sigma \cdot (\tau \cdot c) = (\tau\sigma) \cdot c, l’ordre est inversé. La bonne formule est σ⋅(c1,…,cn)=(cσ−1(1),…,cσ−1(n))\sigma \cdot (c_1, \ldots, c_n) = (c_{\sigma^{-1}(1)}, \ldots, c_{\sigma^{-1}(n)}).
  • Une action à droite est une application X×G→XX \times G \to X avec (x⋅g)⋅h=x⋅(gh)(x \cdot g) \cdot h = x \cdot (gh) ; on la transforme en action à gauche en posant g⋅x=x⋅g−1g \cdot x = x \cdot g^{-1}.
  • Avant de parler d’action, vérifier que g⋅xg \cdot x appartient bien à XX : par exemple Sn\mathfrak{S}_n agit sur les parties à mm éléments de {1,…,n}\{1, \ldots, n\} parce qu’une bijection conserve le cardinal.
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References

  1. Perrin, Daniel — Cours d’algèbre (Ellipses)
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Chap. I

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