Dans Q, les entiers se reconnaissent facilement, mais que devient cette notion dans un corps plus grand comme Q(2) ou Q(i) ? Un élément mérite le nom d’entier s’il annule un polynôme unitaire à coefficients dans Z. L’anneau des entiers d’un corps de nombres est l’ensemble de tous ces éléments, et le fait qu’il forme un anneau n’a rien d’évident.
Définition formelle
Soit K un corps de nombres, c’est-à-dire une extension de Q de degré fini n=[K:Q]. Un élément α∈K est entier sur Z s’il existe un polynôme unitaire P∈Z[X] tel que P(α)=0. L'anneau des entiers de K est OK={α∈K:α est entier sur Z}.
Exemples
K=Q. On retrouve OQ=Z : un rationnel p/q écrit sous forme réduite et annulant un polynôme unitaire entier vérifie q∣1. C’est le lemme des racines rationnelles.
Corps quadratiques. Pour K=Q(d) avec d sans facteur carré, OK={Z[21+d]Z[d]si d≡1(mod4),si d≡2,3(mod4).
Entiers de Gauss.OQ(i)=Z[i].
Entiers d’Eisenstein.OQ(−3)=Z[j] avec j=e2iπ/3.
Corps cyclotomiques.OQ(ζn)=Z[ζn] pour tout n, avec [Q(ζn):Q]=φ(n).