Ivan Shishkin, Birch Grove

Projection linéaire

Definition / Linear algebra / Stub

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Français
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Définition intuitive

Placez vous au soleil et regardez l’ombre de votre doigt sur le sol. Il s’agit de la projection de l’espace (E=R3E=\mathbb{R}^{3}) sur le sol (FF) parallèlement à la direction du soleil (GG).
Sans préciser de point jouant le rôle de l’élément neutre sur le sol, il s’agit davantage d’une projection affine mais l’intuition est là...

Définition formelle

Soit EE un espace vectoriel sur un corps kk et FF et GG deux sous-espaces vectoriels de EE supplémentaires, i.e. tels qu’on ait E=FG.E=F\oplus G. La projection sur FF parallèlement à GG est l’application définie par
FGEx+yx.\begin{array}{rl}F\oplus G&\to E\\x+y&\mapsto x.\end{array}

Propriétés intéressantes

Soient E=FGE=F\oplus G et pp la projection sur FF parallèlement à G.G.

  • pp est un endomorphisme de EE.
  • On a p2=pp^{2}=pp2=ppp^{2}=p\circ p (l’ombre de l’ombre d’un point est l’ombre de ce point).
  • On a im(p)=F\mathrm{im}(p)=F et ker(p)=G\ker(p)=G, en particulier on peut écrire E=im(p)ker(p).E=\mathrm{im}(p)\oplus \ker(p).
  • Pour xF,p(x)=xx\in F,p(x)=x.
  • Lorsque EE est de dimension finie on a rg(p)=Tr(p)\mathrm{rg}(p)=\mathrm{Tr}(p) (écrire la matrice de pp dans une base adaptée à la décomposition E=im(p)ker(p).E=\mathrm{im}(p)\oplus\ker(p).
  • Si qq désigne la projection sur GG parallèlement à FF alors on a p+q=idE.p+q=\mathrm{id}_{E}.
Exemples

Quelques exemples seraient les bienvenus

Pièges

  • Bien qu’on ait im(p)=F\mathrm{im}(p)=F, pp n’est pas un élément de L(E,F).\mathcal{L}(E,F).
  • On a besoin de deux espaces supplémentaires pour définir une projection. Par exemple la phrase "on considère la projection sur FF" n’a pas de sens.
  • En particulier, une projection n’a aucune raison d’être une projection orthogonale en général. L’orthogonalité présuppose qu’on a une structure préhilbertienne en plus de la structure vectorielle.
  • Lorsqu’on parle de quotient d’espaces vectoriels de EE par rapport à un sous-espace vectoriel FF on appelle souvent l’application canonique EE/FE\to E/F "projection canonique". C’est un faux-ami ; cette application n’est pas une projection linéaire au sens propre du terme car ce n’est pas un endomorphisme.

Practice this concept with exercises

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  • Soient E=R2,u=(11)E=\mathbb{R}^{2},u=\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix} et v=(11)v=\begin{pmatrix}-1\\1\end{pmatrix} et F=Vect(u)F=\mathrm{Vect}(u) et G=Vect(v)G=\mathrm{Vect}(v)

    1. Justifier que (u,v)(u,v) forme une base de R2\mathbb{R}^{2}. En déduire que FG=R2.F\oplus G=\mathbb{R}^{2}.
      On pose pp la projection sur FF parallèlement à GG.
    2. Déterminer MM, la matrice de pp dans la base canonique de R2\mathbb{R}^{2} (on pourra commencer par exprimer les vecteurs de la base canonique comme combinaisons linéaires de uu et de vv).
    3. Calculer M2M^{2}. Que constate-t-on ?
    4. Déterminer le rang et la trace de MM. Que constate-t-on ? Expliquez.
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