Ivan Shishkin, Rye (1878)

Problems/Linear algebraReviewed

Cardinal d’espace vectoriel d’un corps fini

by Uettechat·
35
Difficulty scaleÉchelle de difficulté

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  1. 110First steps / middle schoolPremiers pas / collège
  2. 1125Beginner / high schoolDébutant / lycée
  3. 2650Intermediate / undergraduateIntermédiaire / licence
  4. 5170Advanced / graduateAvancé / master
  5. 7190Expert / specializedExpert / spécialisé
  6. 91100Research levelNiveau recherche
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Français

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Soit K\mathbb{K} un corps fini de cardinal qq et EE un K\mathbb{K}-ev de dimension nn.
Déterminer card(E)\operatorname{card}(E), card(L(E))\operatorname{card}(\mathcal{L}(E)) puis déterminer le nombre de bases de EE.
En déduire card(GL(E))\operatorname{card}(\mathrm{GL}(E)).

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Cardinal de EE

Fixons une base (e1,,en)(e_1,\dots,e_n) de EE. L’application
KnE,(λ1,,λn)i=1nλiei\mathbb{K}^{n}\longrightarrow E,\qquad (\lambda_1,\dots,\lambda_n)\longmapsto\sum_{i=1}^{n}\lambda_ie_iest bijective, par existence et unicité des coordonnées dans une base. Donc
card(E)=card(Kn)=qn.\operatorname{card}(E)=\operatorname{card}(\mathbb{K}^{n})=q^{n}.

Cardinal de L(E)\mathcal{L}(E)

Une application linéaire est entièrement déterminée par les images des vecteurs d’une base, et ces images peuvent être choisies librement dans EE. L’application
L(E)En,u(u(e1),,u(en))\mathcal{L}(E)\longrightarrow E^{n},\qquad u\longmapsto\bigl(u(e_1),\dots,u(e_n)\bigr)est donc bijective, d’où
card(L(E))=(qn)n=qn2.\operatorname{card}\bigl(\mathcal{L}(E)\bigr)=\bigl(q^{n}\bigr)^{n}=q^{n^{2}}.C’est cohérent avec l’isomorphisme L(E)Mn(K)\mathcal{L}(E)\simeq\mathcal{M}_n(\mathbb{K}) : une matrice a n2n^{2} coefficients, chacun libre dans K\mathbb{K}.

Nombre de bases de EE

Construisons une base (v1,,vn)(v_1,\dots,v_n) vecteur par vecteur. Supposons v1,,vkv_1,\dots,v_k déjà choisis et libres ; le vecteur vk+1v_{k+1} convient si et seulement s’il n’appartient pas au sous-espace Fk=Vect(v1,,vk)F_k=\operatorname{Vect}(v_1,\dots,v_k), qui est de dimension kk donc de cardinal qkq^{k}. Le nombre de choix pour vk+1v_{k+1} est ainsi qnqkq^{n}-q^{k}, et ce nombre ne dépend pas des vecteurs déjà retenus, seulement de kk. En multipliant les choix successifs pour k=0,1,,n1k=0,1,\dots,n-1 :
#{bases de E}=k=0n1(qnqk)=(qn1)(qnq)(qnqn1).\#\{\text{bases de } E\}=\prod_{k=0}^{n-1}\bigl(q^{n}-q^{k}\bigr)=\bigl(q^{n}-1\bigr)\bigl(q^{n}-q\bigr)\cdots\bigl(q^{n}-q^{n-1}\bigr).

Cardinal de GL(E)\mathrm{GL}(E)

Un endomorphisme uu est bijectif si et seulement si l’image d’une base est une base. L’application
GL(E){bases ordonneˊes de E},u(u(e1),,u(en))\mathrm{GL}(E)\longrightarrow\{\text{bases ordonnées de } E\},\qquad u\longmapsto\bigl(u(e_1),\dots,u(e_n)\bigr)est donc bien définie ; elle est injective car une application linéaire est déterminée par les images d’une base, et surjective car toute base est l’image de (e1,,en)(e_1,\dots,e_n) par un unique isomorphisme. D’où
card(GL(E))=k=0n1(qnqk).\operatorname{card}\bigl(\mathrm{GL}(E)\bigr)=\prod_{k=0}^{n-1}\bigl(q^{n}-q^{k}\bigr).

En factorisant qkq^{k} dans chaque facteur, on obtient la forme courante :
GLn(Fq)=qn(n1)2k=1n(qk1).\bigl|\mathrm{GL}_n(\mathbb{F}_q)\bigr|=q^{\frac{n(n-1)}{2}}\prod_{k=1}^{n}\bigl(q^{k}-1\bigr).

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