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1–10First steps / middle schoolPremiers pas / collège
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Soient E un espace vectoriel normé de dimension finie n⩾2 et C une partie non vide, convexe et bornée de E. Montrer que la frontière de C est connexe par arcs.
On note C˚ l’intérieur de C, C son adhérence et ∂C=C∖C˚ sa frontière. Rappelons que C est convexe dès que C l’est : si xk→x et yk→y avec xk,yk∈C, alors (1−t)xk+tyk∈C converge vers (1−t)x+ty.
La démonstration se scinde selon que C est ou non d’intérieur vide, la seconde seule exigeant un travail.
Lemme 1. Soit C convexe, a∈C˚ et b∈C. Alors [a,b[⊆C˚.
Preuve. Soit r>0 avec B(a,r)⊆C, et t∈[0,1[. Posons c=(1−t)a+tb et ρ=2(1−t)r>0. Comme b∈C, on peut choisir b′∈C tel que t∥b−b′∥<ρ. Pour ∥h∥<ρ, écrivons c+h=(1−t)=:a′[a+1−th+t(b−b′)]+tb′.Or ∥a′−a∥⩽1−t∥h∥+t∥b−b′∥<1−t2ρ=r, donc a′∈B(a,r)⊆C. Ainsi c+h est combinaison convexe de a′∈C et b′∈C, donc appartient à C. D’où B(c,ρ)⊆C et c∈C˚. □
Lemme 2. Si C est convexe d’intérieur non vide, alors C˚=C˚, et par conséquent ∂C=∂C.
Preuve. L’inclusion C˚⊆C˚ est claire. Réciproquement, soient b∈C˚ et a∈C˚ ; si b=a c’est fini. Sinon, il existe ε>0 tel que b′′=b+ε(b−a)∈C. Alors b=1+εεa+1+ε1b′′est un point de [a,b′′[, donc b∈C˚ par le lemme 1. Enfin ∂C=C∖C˚=C∖C˚=∂C. □
Cas 1 : C˚=∅ Alors, directement, ∂C=C∖C˚=C, qui est convexe, donc connexe par arcs : deux points sont joints par le segment qui les relie, paramétré par t↦(1−t)x+ty. □
Cas 2 : C˚=∅ Quitte à translater, supposons 0∈C˚. Posons K=C : c’est un convexe fermé borné, donc compact (E est de dimension finie), avec 0∈K˚, et ∂C=∂K par le lemme 2. Il suffit donc de montrer que ∂K est connexe par arcs. Fixons r,R>0 tels que B(0,r)⊆K⊆B(0,R).
Définissons la jauge de Minkowski. Posons, pour x∈E, p(x)=inf{t>0:x∈tK}. Trois propriétés, toutes élémentaires :
Encadrement. Si t>∥x∥/r alors x/t∈B(0,r)⊆K, donc p(x)⩽∥x∥/r ; et x∈tK entraîne ∥x∥⩽tR, donc p(x)⩾∥x∥/R. Ainsi R∥x∥⩽p(x)⩽r∥x∥,et en particulier p(x)>0 pour x=0.
Sous-linéarité.p(λx)=λp(x) pour λ>0 est immédiat ; et si x∈sK, y∈tK, la convexité donne s+tx+y=s+ts⋅sx+s+tt⋅ty∈K, d’où p(x+y)⩽p(x)+p(y). On en déduit ∣p(x)−p(y)∣⩽max(p(x−y),p(y−x))⩽∥x−y∥/r : la jauge est continue.
Lecture deK. On a K={p⩽1} : l’inclusion directe est claire, et si p(x)⩽1, il existe tk→p(x) avec x/tk∈K, donc x/tk→x/p(x)∈K par fermeture, puis x=p(x)⋅p(x)x+(1−p(x))⋅0∈K par convexité (le cas x=0 étant trivial). La continuité de p donne alors K˚={p<1}, d’où ∂K={x∈E:p(x)=1}.
Notons S={u∈E:∥u∥=1} et posons φ:S⟶∂K,u⟼p(u)u,ψ:∂K⟶S,x⟼∥x∥x.Ces deux applications sont bien définies et continues. Par homogénéité de p : p(φ(u))=p(u)p(u)=1,ψ(φ(u))=∥u∥/p(u)u/p(u)=u,φ(ψ(x))=p(x)/∥x∥x/∥x∥=p(x)x=x.Donc φ est un homéomorphisme de S sur ∂K.
L’ensemble E∖{0} est connexe par arcs, car n⩾2 : soient a,b non nuls ; s’ils ne sont pas colinéaires, le segment [a,b] évite 0. La projection radiale x↦x/∥x∥ étant continue et surjective de E∖{0} sur S, la sphère est image continue d’un connexe par arcs, donc connexe par arcs.
Ainsi ∂C=∂K=φ(S) est homéomorphe à S, donc connexe par arcs. ■