Ivan Shishkin, Rye (1878)

Problems/FieldUnreviewed

Dimension des extensions de corps

by Sequoia·
48
Difficulty scaleÉchelle de difficulté

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  1. 110First steps / middle schoolPremiers pas / collège
  2. 1125Beginner / high schoolDébutant / lycée
  3. 2650Intermediate / undergraduateIntermédiaire / licence
  4. 5170Advanced / graduateAvancé / master
  5. 7190Expert / specializedExpert / spécialisé
  6. 91100Research levelNiveau recherche
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Français

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On rappelle que pour deux corps K,LK,L, on dit que LL est une extensionEN de KK si KLK\subset L.

1. Montrer que si LL est une extension du corps KK, alors LL est un KK-espace vectoriel. On note [L:K][L: K] la dimension de LL en tant que KK-espace vectoriel, que l’on appelle aussi degré de l’extension.
On dit que l’extension est finie si le degréEN l’est.
2. Si MM est une extension finieEN de LL qui est une extension finie de KK, on peut considérer (ei)1ip(e_i)_{1\leqslant i\leqslant p} une base de MM en tant que LL-espace vectoriel ainsi que (fj)1jq(f_j)_{1\leqslant j\leqslant q} une base de LL en tant que KK espace vectoriel.
Montrer qu’on peut multiplier eie_i et fjf_j entre eux, puis montrer que la famille (eifj)i,j(e_if_j)_{i,j}, indexée sur les i[ ⁣[1,p] ⁣]i\in[\![1,p]\!] et j[ ⁣[1,q] ⁣]j\in[\![1,q]\!], forme une base de MM en tant que KK-espace vectoriel.
3. Conclure que
[M:K]=[M:L][L:K].[M:K]=[M:L]\cdot [L:K].C’est le Théorème de la base télescopique.

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Solution by Sequoia

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1. Pour montrer que LL est un KK-espace vectoriel, il suffit de vérifier que l’addition usuelle de LL et la multiplication des éléments de LL par ceux de KK vérifient les axiomes d'espace vectoriel.

  • (L,+)(L, +) est un groupe abélien car LL est un corps.
  • La loi externe est simplement la multiplication du corps LL, restreinte à K×LK \times L. Puisque KLK \subset L, cette opération est bien définie à valeurs dans LL.
  • Les axiomes de la loi externe (distributivité par rapport à l’addition des scalaires et des vecteurs, associativité, et existence du neutre 1Kx=x1_K \cdot x = x) découlent tous directement de la distributivité, de l’associativité de la multiplication et de l’existence du neutre multiplicatif dans le corps LL.
    Ainsi, LL est bien un KK-espace vectoriel.

2.
\hookrightarrow Par définition, eiMe_i \in M et fjLf_j \in L. Comme LML \subset M, on a fjMf_j \in M. La multiplication eifje_i f_j est donc bien définie car c’est simplement la multiplication dans le corps MM.

\hookrightarrow Caractère générateur : Soit xMx \in M. Puisque (ei)1ip(e_i)_{1 \leqslant i \leqslant p} est une base de MM sur LL, il existe des scalaires λ1,,λpL\lambda_1, \dots, \lambda_p \in L tels que :
x=i=1pλieix = \sum_{i=1}^p \lambda_i e_iOr, pour chaque ii, λiL\lambda_i \in L. Puisque (fj)1jq(f_j)_{1 \leqslant j \leqslant q} est une base de LL sur KK, il existe des scalaires αi,1,,αi,qK\alpha_{i,1}, \dots, \alpha_{i,q} \in K tels que :
λi=j=1qαi,jfj\lambda_i = \sum_{j=1}^q \alpha_{i,j} f_jEn substituant dans la première expression, on obtient par distributivité dans MM :
x=i=1p(j=1qαi,jfj)ei=i=1pj=1qαi,j(eifj)x = \sum_{i=1}^p \left( \sum_{j=1}^q \alpha_{i,j} f_j \right) e_i = \sum_{i=1}^p \sum_{j=1}^q \alpha_{i,j} (e_i f_j)La famille (eifj)i,j(e_i f_j)_{i,j} engendre donc MM en tant que KK-espace vectoriel.

\hookrightarrow Liberté : Supposons qu’il existe des scalaires αi,jK\alpha_{i,j} \in K tels que :
i=1pj=1qαi,j(eifj)=0\sum_{i=1}^p \sum_{j=1}^q \alpha_{i,j} (e_i f_j) = 0En factorisant par eie_i, on peut réécrire cette somme :
i=1p(j=1qαi,jfj)Lei=0\sum_{i=1}^p \underbrace{\left( \sum_{j=1}^q \alpha_{i,j} f_j \right)}_{\in L} e_i = 0Puisque la famille (ei)1ip(e_i)_{1 \leqslant i \leqslant p} est libre sur LL, tous ses coefficients dans LL sont nuls. Pour tout i[ ⁣[1,p] ⁣]i \in [\![1,p]\!], on a donc :
j=1qαi,jfj=0\sum_{j=1}^q \alpha_{i,j} f_j = 0Maintenant, puisque la famille (fj)1jq(f_j)_{1 \leqslant j \leqslant q} est libre sur KK et que les μi,j\mu_{i,j} sont dans KK, on en déduit que pour tout ii et tout jj, αi,j=0\alpha_{i,j} = 0.
La famille (eifj)i,j(e_i f_j)_{i,j} est donc libre.

Étant libre et génératrice, c’est une base de MM sur KK.

3. D’après la question précédente, si on a une base de MM sur LL de p:=[M:L]p := [M:L] éléments et une base de LL sur KK de q:=[L:K]q := [L:K] éléments, on peut construire une base de MM sur KK formée de p×qp \times q éléments (les eifje_i f_j pour i[ ⁣[1,p] ⁣]i \in [\![1,p]\!] et j[ ⁣[1,q] ⁣]j \in [\![1,q]\!]).
La dimension de MM en tant que KK-espace vectoriel est donc exactement p×qp \times q, ce qui donne bien :
[M:K]=[M:L][L:K][M:K] = [M:L] \cdot [L:K]

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