On rappelle que pour deux corps , on dit que est une extensionEN de si .
1. Montrer que si est une extension du corps , alors est un -espace vectoriel. On note la dimension de en tant que -espace vectoriel, que l’on appelle aussi degré de l’extension.
On dit que l’extension est finie si le degréEN l’est.
2. Si est une extension finieEN de qui est une extension finie de , on peut considérer une base de en tant que -espace vectoriel ainsi que une base de en tant que espace vectoriel.
Montrer qu’on peut multiplier et entre eux, puis montrer que la famille , indexée sur les et , forme une base de en tant que -espace vectoriel.
3. Conclure que
C’est le Théorème de la base télescopique.
Solutions
1Reveal solutionsAre you sure? Give it a try first.
1. Pour montrer que est un -espace vectoriel, il suffit de vérifier que l’addition usuelle de et la multiplication des éléments de par ceux de vérifient les axiomes d'espace vectoriel.
- est un groupe abélien car est un corps.
- La loi externe est simplement la multiplication du corps , restreinte à . Puisque , cette opération est bien définie à valeurs dans .
- Les axiomes de la loi externe (distributivité par rapport à l’addition des scalaires et des vecteurs, associativité, et existence du neutre ) découlent tous directement de la distributivité, de l’associativité de la multiplication et de l’existence du neutre multiplicatif dans le corps .
Ainsi, est bien un -espace vectoriel.
2.
Par définition, et . Comme , on a . La multiplication est donc bien définie car c’est simplement la multiplication dans le corps .
Caractère générateur : Soit . Puisque est une base de sur , il existe des scalaires tels que :
Or, pour chaque , . Puisque est une base de sur , il existe des scalaires tels que :
En substituant dans la première expression, on obtient par distributivité dans :
La famille engendre donc en tant que -espace vectoriel.
Liberté : Supposons qu’il existe des scalaires tels que :
En factorisant par , on peut réécrire cette somme :
Puisque la famille est libre sur , tous ses coefficients dans sont nuls. Pour tout , on a donc :
Maintenant, puisque la famille est libre sur et que les sont dans , on en déduit que pour tout et tout , .
La famille est donc libre.
Étant libre et génératrice, c’est une base de sur .
3. D’après la question précédente, si on a une base de sur de éléments et une base de sur de éléments, on peut construire une base de sur formée de éléments (les pour et ).
La dimension de en tant que -espace vectoriel est donc exactement , ce qui donne bien :
