Ivan Shishkin, Rye (1878)

Problems/Number theoryReviewed

Entiers comme sommes consécutives

by Ancient Tree·
35
Difficulty scaleÉchelle de difficulté

This score reflects both the level of the required concepts and the difficulty of the solution.Ce score tient compte à la fois du niveau des notions nécessaires et de la difficulté de la résolution.

  1. 1–10First steps / middle schoolPremiers pas / collège
  2. 11–25Beginner / high schoolDébutant / lycée
  3. 26–50Intermediate / undergraduateIntermédiaire / licence
  4. 51–70Advanced / graduateAvancé / master
  5. 71–90Expert / specializedExpert / spécialisé
  6. 91–100Research levelNiveau recherche
These levels are approximate guides.Ces niveaux sont des repères approximatifs.
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Quels entiers peuvent être écrits comme des sommes d’au moins deux entiers consécutifs ?

Exemples : 6=1+2+36=1+2+3, 23=11+1223=11+12.

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Solutions

4
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Solution by Ancient TreeEN

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Starting to check with some examples, we notice quickly that it seems like only the powers of two cannot be expressed this way.

  • To prove this, suppose first that our integer a=2ka=2^k can be written as a sum of consecutive integers :

2k=n+(n+1)+…+(n+m)=mn+(m−1)m22^k=n+(n+1)+\ldots+(n+m)=mn + \frac{(m-1)m}{2}

with m≥2m\geq 2. Then by multiplying by 2 to get rid of the denominator :

2k+1=2mn+(m−1)m2^{k+1}=2mn + (m-1)m

which shows that mm divises 2k+12^{k+1}, hence mm is a power of 2 itself, say, m=2rm=2^r, with r≥1r\geq 1.
Plugging this back into the equation gives :

2k+1=2r+1n+(2r−1)2r=2r(2n+2r−1)2^{k+1}=2^{r+1} n+\left(2^r-1\right) 2^r=2^r\left(2 n+2^r-1\right)

But this is impossible : the term 2n+2r−12n+2^r-1 is odd, so it cannot be a factor of 2k+12^{k+1}.
This contradictions means that 2k2^k can never be written as a sum of consecutive integers.

  • Now suppose that our integer aa is not a power of 2. This means that aa has an odd factor, say qq, such that a=2kqa=2^k q for some k≥0k\geq 0. Let’s show that it can be written as a sum of consecutive integers. We work backwards from the answer : assume that it can be written this way, that is, there is a positive integer nn and m≥2m\geq 2 such that :

a=2kq=n+…+(n+m−1)=mn+m(m−1)2a=2^{k}q=n+\ldots+(n+m-1)=mn+\frac{m(m-1)}{2}

And again multiplying by 2 on each side to get rid of the denominator :

2k+1q=m(2n+m−1)2^{k+1} q=m(2 n+m-1)mm and 2n+m−12n+m-1 are of opposite parity. Now, a natural choice is to suppose one of the two following :

  1. 2k+1=m2^{k+1}=m and 2n+m−1=q2n+m-1=q. We get that n=q+12−2kn=\frac{q+1}{2}-2^{k}. This is positive for q+12≥2k+1\frac{q+1}{2}\geq 2^{k}+1. If this condition is verified, let’s check that this choice of mm and nn yields the right decomposition :

n+…+(n+m−1)=mn+m(m−1)2=2k+1(q+12−2k)+2k+1(2k+1−1)2=2kq=an+\ldots+(n+m-1)=m n+\frac{m(m-1)}{2}=2^{k+1}\left(\frac{q+1}{2}-2^k\right)+\frac{2^{k+1}\left(2^{k+1}-1\right)}{2}=2^k q=a2) If 2k+1=2n+m−12^{k+1}=2n+m-1 and q=mq=m, we get that n=2k−q−12n=2^{k}-\frac{q-1}{2}. This is positive for q+12⩽2k\frac{q+1}{2} \leqslant 2^k. Again, it is straightforward to check that if this condition is verified, then this choice of nn and mm are correct.

Because one of the two conditions has to be true, then the property has been shown.

Solution by Ancient Tree

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En commençant à vérifier avec quelques exemples, on remarque qu’il semble que seules les puissances de 2 ne peuvent pas être exprimées de cette manière.

  • Pour le prouver, supposons d’abord que notre entier a=2ka=2^k puisse s’écrire comme une somme d’entiers consécutifs :
    2k=n+(n+1)+…+(n+m)=mn+(m−1)m22^k=n+(n+1)+\ldots+(n+m)=mn + \frac{(m-1)m}{2}avec m≥2m\geq 2. Alors, en multipliant par 2 pour se débarrasser du dénominateur :
    2k+1=2mn+(m−1)m2^{k+1}=2mn + (m-1)mce qui montre que mm divise 2k+12^{k+1}, donc mm est lui-même une puissance de 2, disons m=2rm=2^r, avec r≥1r\geq 1.
    En réinjectant ceci dans l’équation, on obtient :
    2k+1=2r+1n+(2r−1)2r=2r(2n+2r−1)2^{k+1}=2^{r+1} n+\left(2^r-1\right) 2^r=2^r\left(2 n+2^r-1\right)Mais ceci est impossible : le terme 2n+2r−12n+2^r-1 est impair, donc il ne peut pas être un facteur de 2k+12^{k+1}.
    Cette contradiction signifie que 2k2^k ne peut jamais s’écrire comme une somme d’entiers consécutifs.

  • Supposons maintenant que notre entier aa n’est pas une puissance de 2. Cela signifie que aa possède un facteur impair, disons qq, tel que a=2kqa=2^k q pour un certain k≥0k\geq 0. Montrons qu’il peut s’écrire comme une somme d’entiers consécutifs. On raisonne à rebours à partir de la réponse : supposons qu’il puisse s’écrire de cette manière, c’est-à-dire qu’il existe un entier positif nn et m≥2m\geq 2 tels que :
    a=2kq=n+…+(n+m−1)=mn+m(m−1)2a=2^{k}q=n+\ldots+(n+m-1)=mn+\frac{m(m-1)}{2}Et de nouveau en multipliant par 2 de chaque côté pour se débarrasser du dénominateur :
    2k+1q=m(2n+m−1)2^{k+1} q=m(2 n+m-1)mm et 2n+m−12n+m-1 sont de parités opposées. Or, un choix naturel est de supposer l’une des deux possibilités suivantes :

  1. 2k+1=m2^{k+1}=m et 2n+m−1=q2n+m-1=q. On obtient que n=q+12−2kn=\frac{q+1}{2}-2^{k}. Ceci est positif pour q+12≥2k+1\frac{q+1}{2}\geq 2^{k}+1. Si cette condition est vérifiée, vérifions que ce choix de mm et nn donne la bonne décomposition :
    n+…+(n+m−1)=mn+m(m−1)2=2k+1(q+12−2k)+2k+1(2k+1−1)2=2kq=an+\ldots+(n+m-1)=m n+\frac{m(m-1)}{2}=2^{k+1}\left(\frac{q+1}{2}-2^k\right)+\frac{2^{k+1}\left(2^{k+1}-1\right)}{2}=2^k q=a
  2. Si 2k+1=2n+m−12^{k+1}=2n+m-1 et q=mq=m, on obtient que n=2k−q−12n=2^{k}-\frac{q-1}{2}. Ceci est positif pour q+12⩽2k\frac{q+1}{2} \leqslant 2^k. De nouveau, il est immédiat de vérifier que si cette condition est vérifiée, alors ce choix de nn et mm est correct.

Puisque l’une des deux conditions doit être vraie, la propriété est donc démontrée.

Solution by Étienne86

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Par décomposition en produit de facteurs premiers, tout entier strictement positif s’écrit n=2jℓn=2^{j}\ell avec j∈Nj\in\N et ℓ\ell impair.
Ainsi, on peut écrire n∈N∗n\in\N^{*} sous la forme n=2j(2k+1)n=2^{j}(2k+1) avec k∈Nk\in\N.

  1. Dans le premier cas, on suppose k≠0k\neq 0. Ainsi, on considère les entiers qui ont un facteur impair.
    On écrit n=m(2k+1)n=m(2k+1) avec mm une puissance de 22 et k∈N∗k\in\N^{*}. On a
    n=(m−k)+(m−k+1)+⋯+(m−1)+m+(m+1)+⋯+(m+k−1)+(m+k)n = (m-k)+(m-k+1)+\cdots+(m-1)+m+(m+1)+\cdots+(m+k-1)+(m+k)donc on a écrit nn comme somme d’entiers relatifs consécutifs. Il se peut que certains termes de cette écriture soient des entiers négatifs, mais ils sont tous compensés par leur opposé, qui apparaît nécessairement dans la somme, puisque nn est positif !
    Reste à voir pourquoi il y a là au moins deux entiers strictement positifs consécutifs. Mais m⩾1m\geqslant 1 comme puissance de 22, et k⩾1k\geqslant 1 par hypothèse, donc m+k−1⩾1m+k-1\geqslant 1. Donc on a bien écrit les entiers de cette forme comme somme d’au moins 22 entiers consécutifs.

  2. Dans ce second cas, on suppose k=0k=0, donc on considère les entiers qui s’écrivent sous la forme n=2jn=2^{j} avec j∈Nj\in\N. Nous allons montrer qu’il n’est pas possible d’écrire nn sous la forme demandée, en procédant par l’absurde.
    Supposons qu’il existe deux entiers aa et bb tels que 0<a<b<n0<a<b<n, vérifiant n=a+(a+1)+⋯+bn=a+(a+1)+\cdots +b. Notons qu’on a pris a<ba<b pour avoir au moins deux entiers consécutifs, et b<nb<n car si b=nb=n, on ne peut pas ajouter un deuxième entier positif pour sommer à nn. Bref,
    n=(∑k=0bk)−(∑k=0a−1k)=b(b+1)2−a(a−1)2n=\left(\sum_{k=0}^{b}k\right)-\left(\sum_{k=0}^{a-1}k\right)=\frac{b(b+1)}{2}-\frac{a(a-1)}{2} donc 2j+1=2n=b(b+1)−a(a−1)=b2+b−a2+a=(b−a)(b+a)+b+a=(b+a)(b−a+1)2^{j+1}=2n=b(b+1)-a(a-1)=b^{2}+b-a^{2}+a=(b-a)(b+a)+b+a=(b+a)(b-a+1).
    Comme j+1∈N∗j+1\in\N^{*}, b+ab+a et b−a+1b-a+1 sont deux puissances de 22, avec b+a≠1b+a\neq 1 car 0<a<b0<a<b, et b−a+1≠1b-a+1\neq 1 car b≠ab\neq a. Ainsi, b+a−(b−a+1)b+a - (b-a+1) est pair comme différence de deux puissances de 22 différentes de 11. Or b+a−(b−a+1)=2a−1b+a-(b-a+1)=2a-1 est impair. D’où la contradiction.

Finalement, les seuls entiers qui ne s’écrivent pas sous la forme demandée sont les puissances de 22

Solution by budleya

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Suivant la suggestion de Phil Caldero, on va amplifier ainsi l’énoncé :

Etant donné un entier positif NN, de combien de façons peut-on l’écrire comme somme d’au moins deux entiers positifs successifs ?

  1. Préliminaire
    Suivant l’astuce du petit Gauss, NN est somme de kk entiers positifs successifs à partir de nn ssi

2N=k(2n+k−1)2N=k(2n+k-1)

Soit f:N∗×N∗→N∗f : \N^*\times \N^* \rightarrow \N^*, f(n,k)=k(2n+k−1)f(n,k)=k(2n+k-1). On veut donc expliciter les antécédents (n,k),k>1(n,k),k>1 de 2N2N par ff.
En notant que kk et 2n+k−12n+k-1 n’ont pas même parité, on a déjà que quand NN est une puissance de 2, 2N2N n’a pas de diviseur impair >1, donc pas d’antécédents par ff. Dans ce qui suit on suppose que NN n’est pas une puissance de 2, ou autrement dit, a un diviseur impair >1.

  1. Analyse
    Supposons donc qu’on a n>0,k>1n>0,k>1 tels que f(n,k)=2Nf(n,k)=2N. On a 2N/k−k=2n−1>02N/k-k=2n-1>0 car n>0n>0. On a kk et 2N/k2N/k de parité différentes. On a n=(2N/k−k+1)/2n=(2N/k-k+1)/2. Donc

    k\quad k est le plus petit de deux entiers de parité différente et de produit 2N2N, et n=(2N/k−k+1)/2n=(2N/k-k+1)/2.

  2. Synthèse
    On considère une écriture quelconque 2N=p.i2N=p.i avec pp pair, ii>1 impair et on définit k=min⁡(p,i)k=\min(p,i).

  • Que k vale pp ou ii, il est bien >1.
  • Soit n=(2N/k−k+1)/2n=(2N/k-k+1)/2 ; le numérateur est pair donc nn est entier et 2N/k>k2N/k>k donc n>0n>0.
  • f(n,k)=k(2n+k−1)=k.2N/k=2Nf(n,k)=k(2n+k-1)=k.2N/k=2N.
  1. Conclusion : il y a autant d’écritures en somme d’au moins 2 entiers positifs successifs que d’écritures 2N=p.i2N=p.i avec pp pair, ii impair.
  • Leur nombre est le nombre de diviseurs impairs>1 de 2N2N, cad de NN.
  • le nombre d’entiers successifs est k=min⁡(p,i)k=\min(p,i).
  • le premier des entiers successifs est n=(2N/k−k+1)/2n=(2N/k-k+1)/2.
  1. Exemple : N=15N=15 ; les diviseurs impairs i>1i>1 de 2N=302N=30 sont 3, 5, 15.
  • i=3i=3 donne k=3,n=(10−2)/2=4:15=4+5+6k=3,n=(10-2)/2=4 : 15=4+5+6
  • i=5i=5 donne k=5,n=(6−4)/2=1:15=1+2+3+4+5k=5,n=(6-4)/2=1:15=1+2+3+4+5
  • i=15i=15 donne k=2,n=(15−1)/2=7:15=7+8k=2,n=(15-1)/2=7:15=7+8
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