Ivan Shishkin, Rye (1878)

Problems/Linear algebraReviewed

Les sous-groupes finis de SL2(Z)\mathrm{SL}_{2}(\mathbb{Z}) sont de cardinal 1,2,3,41,2,3,4 ou 6.6.

by FiniteField·
55
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  1. 110First steps / middle schoolPremiers pas / collège
  2. 1125Beginner / high schoolDébutant / lycée
  3. 2650Intermediate / undergraduateIntermédiaire / licence
  4. 5170Advanced / graduateAvancé / master
  5. 7190Expert / specializedExpert / spécialisé
  6. 91100Research levelNiveau recherche
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Français

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  1. On considère Rn\mathbb{R}^n muni d’un produit scalaire < , >.\left<~,~\right>. Soit GG un sous-groupe fini de GLn(R)\mathrm{GL}_n(\mathbb{R}). Montrer que l’application
    <x,y>G=1GgG<gx,gy>\left<x,y\right>_G= \dfrac{1}{\mid G\mid}\sum_{g\in G}\left<gx,gy\right> définit un produit scalaire sur Rn.\mathbb{R}^n. En déduire qu’il existe un morphisme de groupes injectif φ ⁣:GOn(R).\varphi\colon G\longrightarrow O_n(\mathbb{R}).
  2. Montrer que tous les sous-groupes finis de SL2(Z)\mathrm{SL}_2(\mathbb{Z}) sont cycliques de cardinal 1,2,3,41,2,3,4 ou 6.6.
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Solutions

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Solution by FiniteField

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Preuve en vidéo : https://youtu.be/T1W0erDKjY0

  1. La symétrie provient de la symétrie de ,\left\langle \cdot,\cdot\right\rangle. La bilinéarité provient aussi de celle de ,\left\langle \cdot,\cdot\right\rangle ainsi que de la linéarité de la somme. Enfin pour xRnx\in\mathbb{R}^n, x,xG0\left\langle x,x\right\rangle_G\geq 0 par positivité de ,\left\langle \cdot,\cdot\right\rangle et, si x,xG=0\left\langle x,x\right\rangle_G=0, alors gG\forall g\in G, gx,gx=0\left\langle gx,gx\right\rangle=0 donc gx=0gx=0. En particulier pour g=idg=\mathrm{id}, x=0x=0. On remarque que pour hGh\in G, on a
    xRn,hx,hxG=1GgGghx,ghx=1GgGgx,gx\forall x\in\mathbb{R}^n,\quad \left\langle hx,hx\right\rangle_G =\dfrac{1}{|G|}\sum_{g\in G}\left\langle ghx,ghx\right\rangle =\dfrac{1}{|G|}\sum_{g\in G}\left\langle gx,gx\right\ranglecar l’application gghg\mapsto gh définit une bijection sur GG (car injective entre deux ensembles de même cardinal fini). Par conséquent les éléments de GG sont des isométries de Rn\mathbb{R}^n pour le produit scalaire ,G\left\langle \cdot,\cdot\right\rangle_G. Ainsi, en notant PGLn(R)P\in\mathrm{GL}_n(\mathbb{R}) la matrice de passage de la base canonique de Rn\mathbb{R}^n à une base orthonormée B\mathcal{B} pour ,G\left\langle \cdot,\cdot\right\rangle_G, on a l’inclusion φ ⁣:gPgP1\varphi\colon g\longmapsto PgP^{-1} de GG dans On(R)\mathrm{O}_n(\mathbb{R}).
  2. Soit GG un sous-groupe fini de SL2(Z)\mathrm{SL}_2(\mathbb{Z}). On rappelle que les isométries de R2\mathbb{R}^2 sont de deux types possibles : les rotations et les symétries orthogonales. Les premières étant de déterminant 11 et les symétries de déterminant 1-1. On note PGL2(R)P\in\mathrm{GL}_2(\mathbb{R}) telle que G=PGP1SO2(R)G'=PGP^{-1}\subseteq\mathrm{SO}_2(\mathbb{R}), i.e. telle que les PgP1PgP^{-1} soient des matrices de rotations pour gGg\in G. On note
    Rθ=(cos(θ)sin(θ)sin(θ)cos(θ))R_\theta= \begin{pmatrix} \cos(\theta)&-\sin(\theta)\\ \sin(\theta)&\cos(\theta) \end{pmatrix}la matrice de la rotation d’angle θ[0,2π[\theta\in\left[0,2\pi\right[ dans la base B\mathcal{B} et G={Rθii1,,d}G'=\{R_{\theta_i}\mid i\in{1,\dots,d}\}.
    Par finitude de GG, l’ensemble des θi0\theta_i\neq 0 admet un minimum que l’on note θ0\theta_0. On montre alors que GG' est engendré par R0=Rθ0R_{0}= R_{\theta_0}. Soit RθGR_\theta\in G, par archimédianité de R\mathbb{R} il existe nNn\in\mathbb{N} tel que 0θnθ0<θ0<2π0\leq\theta-n\theta_0<\theta_0<2\pi, mais alors RθR0n=Rθnθ0GR_\theta R_0^{-n}=R_{\theta-n\theta_0}\in G. Ainsi θnθ0\theta-n\theta_0 apparaît comme un angle de rotation d’un élément de GG qui est inférieur à θ0\theta_0, c’est donc 00. Ainsi Rθ=R0nR_\theta=R_0^n.

Il ne nous reste plus qu’à borner le cardinal possible de GG. Pour cela on remarque que les traces des éléments de GG sont des entiers mais, par invariance par changement de base, l’angle de rotation θ0\theta_0 doit aussi vérifier 2cos(θ0)Z2\cos(\theta_0)\in\mathbb{Z}, ce qui impose cos(θ0){1,12,0,12,1}\cos(\theta_0)\in\left\{-1,-\dfrac{1}{2},0,\dfrac{1}{2},1\right\}.
Ainsi on a les alternatives suivantes possibles pour l’angle θ0\theta_0 du générateur :

  • θ0=0\theta_0=0 ce qui donne GG trivial.
  • θ0=π3\theta_0=\dfrac{\pi}{3} ce qui donne GZ/6ZG\simeq\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}.
  • θ0=π2\theta_0=\dfrac{\pi}{2} ce qui donne GZ/4ZG\simeq\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}.
  • θ0=2π3\theta_0=\dfrac{2\pi}{3} ce qui donne GZ/3ZG\simeq\mathbb{Z}/3\mathbb{Z}.
  • θ0=π\theta_0=\pi ce qui donne GZ/2ZG\simeq\mathbb{Z}/2\mathbb{Z}.
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